Yéshoua, au nom du fils – Chloé Dubreuil


Quatrième de couverture :

« Le désert me broie le cœur, je ne sais pas si j’en reviendrai… »

On a toujours parlé et écrit au nom de Jésus.
Pour la première fois, il prend la parole, à la première personne et raconte son histoire d’homme, sa spiritualité, ses doutes, au cœur de la Judée occupée.
De la conception à la crucifixion, ce roman revisite les événements relatés dans les Évangiles, mais offre aussi une évocation intime des 35 premières années de la vie de Jésus, dans une langue très poétique inspirée des écrits bibliques.

C’est l’évangile de Jésus-Christ selon Yeshoua qui donne un relief nouveau au message de Jésus et offre une vision très surprenante des épisodes et des miracles de son ministère.



Mon avis :

Férue de romans historiques et de biographies romancées, je ne pouvais qu’accepter avec plaisir ce livre lorsqu’on me l’a proposé.

Si j’aime autant ce genre, c’est parce l’on apprend énormément de choses de la manière la plus facile et la plus agréable qu’il soit : en étant transporté(e) par la lecture. Les puristes m’argueront que ce n’est pas de l’Histoire pure et dure. Certes, mais il faut quand même savoir que l’écrivain fait un énorme travail de recherches et qu’il n’a pratiquement pas droit à l’erreur. Au lecteur par la suite d’aller plus loin, de rechercher le vrai du faux. Personnellement, c’est aussi ce qui m’amuse. L’exercice n’est pas aisé et il faut vraiment maîtriser son sujet.

Chloé Dubreuil s’attaque ici à un mythe, à un personnage pour lequel du sang a coulé (et de l’encre également). Prendre Jésus pour personnage principal de son roman, voilà qui est particulièrement osé mais aussi original. Et je dois dire que l’idée m’a intéressée d’entrée de jeu. Et lorsqu’on en entame la lecture, on ne lâche plus le texte. Un véritable petit bijou et je ne mâche pas mes mots. On ne s’ennuie pas une seule seconde en lisant le récit que nous fait le personnage de sa vie, de ses actes, de ses doutes… Yéshoua ne nous apparaît plus comme une entité, il devient un homme à part entière avec ses ressentis, ses émotions. Et là, je dis bravo ! Car que l’on soit athée (comme moi, bien que m’intéressant à tout ce qui touche à la religion, patrimoine culturel), croyant ou autre, ce livre ne peut qu’intéresser et toucher la corde sensible de chacun d’entre nous. Et quel style ! Une écriture très fine, poétique, au service de l’histoire. On sent que Chloé Dubreuil maîtrise son sujet à la perfection et que ses trois années de recherches n’ont pas été vaines. Et, pour aller plus loin, elle nous permet également d’en savoir plus sur cette Judée et sur cette époque qui peut nous paraître si lointaine et si proche à la fois.

Je le répète, une fois ouvert, ne comptez pas refermer ce livre de sitôt. Je ne connaissais pas cet auteur mais je vais à présent la suivre et lire ses autres ouvrages.



Extrait :

Dans la cabane, la nuit est bruissante. Des chauves-souris frôlent le toit fait de rameaux de pins et d’oliviers, de myrtes et de palmiers. Judas demeure en son silence, le visage levé vers l’aperçu d’un ciel sombre. La tradition impose que les branchages des tentes soient composés de telle façon qu’ils laissent passer aussi bien la clarté des étoiles que la lueur du soleil, ce nécessaire équilibre divin. Judas a les yeux fixés tout là-haut, vers le glacis bleu nuit, dépouillé de ses luminaires. Son être mémorise mes paroles. Son corps semble sans mouvement. Et puis sa voix s’épanouit enfin dans la douceur de l’air.
– Tes choix feront de toi davantage qu’un homme, Yéshoua, l’égal de notre Seigneur. Je t’aiderai à octroyer à ta mort le sens de l’oracle car avant de te connaître, le vide de ma mémoire me donnait le vertige et tu l’as comblé. Mais accorde-moi ensuite le droit de te suivre dans ta plénitude.
À Jérusalem, la plus grande de nos solennités illumine le Temple. En ce lieu, en cette nuit, les lueurs de mon sanctuaire s’éteignent peu à peu. Judas… Qu’a-t-il en tête ? Que veut-il me signifier ? Il n’aura pas à sacrifier sa vie d’homme pour moi. Il devra au contraire témoigner pour mon Père, transmettre son message comme le fera l’ensemble de mes envoyés.
– L’un de nous devra te mener à ta mort. Mais tu le sais déjà, maître.
Me mener à ma mort… Est-ce pour cela que j’ai choisi de me confier à lui en premier ? Il est des dévouements qui rongent l’être et le dévorent.

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3 réflexions sur “Yéshoua, au nom du fils – Chloé Dubreuil

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