Hildegarde de Bingen : Lettres (1146-1179)

 

 

 

Quatrième de couverture :

Ce volume contient une soixantaine de lettres de la volumineuse correspondance de Hildegarde de Bingen qui compte plus de quatre cents courriers.
L’époque est troublée. l’Église est déchirée par les schismes et le pouvoir temporel tente de gouverner l’Église : l’empereur germanique nomme lui-même les papes ; le roi d’Angleterre entre en conflit ouvert avec l’Église, et Rome et ses papes s’insurgent. Partout les hérésies fleurissent dont ces Cathares qui prêchent une foi nouvelle. Les couvents sont bien souvent pris en tenailles entre l’influence des nobles provinciaux et leurs autorités ecclésiales.
Dans son monastère aux environs de Bingen, Hildegarde, porteuse d’une réalité qui la dépasse, refuse jusqu’au bout de se plier aux règles du monde : elle admoneste, s’insurge contre l’injustice et la simonie, dépasse les limites théoriquement permises aux filles d’Ève, résiste envers et contre tout, au mépris parfois des règles ecclésiales et des conventions mondaines.

 

 

Mon avis :

Que peut-il y avoir de mieux, lorsqu’on s’intéresse à un tel personnage, que de trouver ses correspondances ? Véritable mine de renseignements, les lettres d’Hildegarde apprennent énormément au lecteur. Il faut savoir qu’à cette époque, la correspondance n’était jamais privée. Donc, inutile d’en savoir plus sur la vie personnelle d’Hildegarde. En revanche, on comprendra les attentes des religieux de l’époque, leurs rôles et leurs actions.

On sait qu’Hildegarde se faisait passer pour quelqu’un d’inculte pour ne pas froisser ses supérieurs. Pourtant, on se rend vite compte qu’elle connaît parfaitement le latin et la Bible, ainsi que le germanique. Bien plus, sa correspondance montre que beaucoup lui écrivaient pour lui demander des conseils, que ce soit des religieux ou des laïques. Pape, archevêques, Comtes, Rois et Reines, tout le monde faisait appel à elle.

Ceci dit, cette femme, qui avait des visions et qui s’en rendait malade au point de devoir être alitée car elle n’osait en parler, avait elle aussi besoin de  se confier. Lorsqu’elle écrit à Bernard de Clairvaux pour lui demander conseil quant à ses visions, celui-ci reste très évasif dans sa réponse. Et même s’il la défendra lorsqu’elle en aura besoin, on remarque quand même qu’elle n’était pas forcément aidée, ce qui, au final, la rendra d’autant plus forte.

On apprend énormément à la lecture de cette correspondance et mon seul regret est qu’il n’y ait qu’une soixantaine de lettres.

 

 

Extrait :

 

Conrad, Roi des Romains, à Hildegarde (1150-1152)

Conrad III de Hohenstaufen, fils de Frédéric Ier, duc de Souabe et d’Agnès de Germanie, s’attribue indûment le titre de « roi des Romains ». L’archevêque de Trèves l’avait fait élire empereur d’Allemagne à la mort de Lothaire III, mais il ne fut jamais sacré à Rome par le Pape. Se reconnaissant pécheur, il demande conseil à Hildegarde mais surtout si son vœu le plus cher se réalisera : que son fils, alors âgé de quelques années lui succède sur le trône.

Conrad, roi des Romains par la bienveillante Grâce de Dieu, adresse son salut et sa protection à Hildegarde, vierge consacrée de Dieu et supérieure de la communauté de saint Rupert de Bingen.
Les contraintes de notre élévation royale et les tourments que nous infligent différents troubles et querelles nous empêchent de te rendre visite comme nous le voudrions. Toutefois, nous ne manquons pas de le faire par notre lettre. D’après ce que nous avons appris, la reconnaissance de louange suprême surabonde réellement en toi en raison de la sainteté de ton existence innocente et de la magnificence de l’Esprit qui te visite merveilleusement. Aussi, bien que nous vivions dans le siècle, nous nous hâtons vers toi, nous fuyons vers toi et nous recherchons humblement les suffrages de tes prières et de tes exhortations, puisque nous vivons bien autrement que nous le devrions. Sois assurée, toi et tes sœurs, que nous nous hâterons de pourvoir et de veiller à tous vos besoins, en toute circonstance. C’est pourquoi je recommande à tes prières ma personne et surtout celle de ce fils que je voudrais voir me succéder.

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5 réflexions sur “Hildegarde de Bingen : Lettres (1146-1179)

  1. Ping : Recueil de Lettres – Hildegarde de Bingen – Mes Promenades Culturelles II

  2. je me plonge (replonge pour certains) avec plaisir dans tes articles.
    je ne connaissais pas celui-ci et ça donne envie d’en savoir plus…
    tu as transféré tout le contenu de ton ancien blog (+ site) page par page ou bien y a-t-il une manip pour le faire?

    Aimé par 1 personne

  3. Nous recevons toutes les News de ces anciens billets quand nous sommes abonnés à ton blog, arf, là je dois dire que WP aurait pu trouver une manip qui évite cela ! Mais comme le dit Eve ça fait plaisir de replonger dans certains…surtout quand on vient de lire ton livre ! Je me rappelle que tu avais été déçue par un livre de Lorette Nobécourt à son sujet…il me semble ! 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, il faudra que je mette la fiche d’ailleurs. Pour les News, je me demandais justement. Pourtant, je mets les dates de la 1ère parution. Tant pis ! Mais il y en a beaucoup qui ne connaissent pas mes billets ! 😉

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