Léopoldine, l’enfant-muse de Victor Hugo – Henri Gourdin

 

Quatrième de couverture :

Que sait-on de Léopoldine Hugo ? Qu’elle était l’aînée de la famille. Qu’elle eut une enfance heureuse entre un père et une mère attentionnés, des frères et sœur admiratifs, les poètes et les peintres romantiques amis de ses parents. Qu’elle inspira à Victor Hugo quelques-uns de ses plus beaux poèmes. Et qu’elle mourut noyée, à dix-neuf ans, au cours d’une sortie en barque. Un accident ? Rien n’est moins sûr : Hugo adorait sa fille, il ne pouvait demeurer loin d’elle bien longtemps, il n’autorisa son mariage avec Charles Vacquerie que sous la contrainte, au bout de trois ans de résistance. Après le mariage, il se comporte comme si sa fille n’existe plus. Une cause de profonde douleur pour Léopoldine, déchirée entre les deux hommes de sa vie. La promenade fatale sur la Seine le 4 septembre 1843 ne serait-elle pas un acte de désespoir ? Un siècle et demi après sa mort, au terme de trois ans d’une enquête minutieuse, Henri Gourdin présente une biographie émouvante, la première de l’histoire, d’une des figures les plus énigmatiques de notre littérature, inspiratrice de Demain dès l’aube et des Contemplations. Une plongée au cœur de la famille Hugo.


Mon avis :

J’ai lu cet ouvrage après avoir lu celui sur Adèle. J’aurais pu faire l’inverse me direz-vous, mais peu importe. Voilà qui vient en rajouter une couche sur cette famille de frappadingues qu’étaient les Hugo. Encore une fois, celui qui s’enorgueillissait d’être un bon père de famille et un bon grand-père devait avoir des tonnes de poussières (pour ne pas dire autre chose) dans les yeux et un ego surdimensionné (ça, c’est certain !) pour oser asséner ainsi des affirmations qu’il était le seul à croire. Ainsi, lorsque son premier fils naît, Léopold, ce dernier est chétif, de mauvaise constitution. Que pensez-vous alors que va faire Victor ? Le soigner, le choyer ? Que nenni. Il va tout bonnement l’expédier chez son père, Léopold senior, pour ne pas avoir à s’en occuper. Ben tiens ! Manque de chance, le grand-père, croyant bien faire, lui donnera pour le nourrir, du lait de chèvre. Le nourrisson en mourra… et ni Victor ni sa femme ne se déplaceront pour l’enterrement (il faut dire qu’ils étaient un peu coutumiers du fait car pour Léopoldine, ils enverront un ami afin de représenter la famille). Les Hugo étaient adeptes de la métempsycose (que l’on peut également orthographier avec un « h »). Ils étaient donc convaincus que les âmes pouvaient investir un autre corps. Ainsi, lorsque Madame Hugo tombe à nouveau enceinte, nul doute pour eux que c’est le petit Léopold qui revient… Et voilà pourquoi Léopoldine se prénomma ainsi. En parlant d’Adèle Foucher, je ne sais que penser… Était elle soumise à son mari pour accepter tout cela ou bien avait-elle le même caractère ? Pourtant, elle a su lui tenir tête à plusieurs reprises… Bizarre…

La petite Léopoldine, ce n’est un secret pour personne, sera la préférée de Victor. Pourtant, si celle-ci fait preuve envers lui d’un amour sans faille, ce n’est pas vraiment le cas du côté du paternel. Toujours par monts et par vaux, il ne répond que très rarement à ses lettres. Et lorsqu’elle voudra épouser Charles Vacquerie, elle connaîtra le vrai visage de son père. Car on ne quitte pas Victor impunément…

Cette biographie permet de remettre les choses à leur place et d’entrer ainsi dans la vie de cette famille si particulière. Je la recommande vraiment !


Extrait :

Léopoldine n’est pas faite de ce bois-là. L’émancipation de la femme, le progrès social, la marche de l’histoire… rien de tout cela ne l’intéresse vraiment. Elle est aux premières loges des soubresauts qui agitent le monde et annoncent l’avènement d’une ère nouvelle, mais ces évolutions la laissent de glace. Son penchant, c’est la douceur du foyer. Le foyer de son père, dont elle est toujours très proche, et celui qu’elle fondera un jour avec Charles Vacquerie. Car le projet de mariage n’est pas mort. Adèle y est toujours favorable, et elle pousse ses pions avec son habileté coutumière. Victor y est encore opposé, mais il suffirait que Didine lui parle pour qu’il s’incline devant son choix ; il a toujours écouté ses avis et compris ses points de vue.

Le problème, c’est que Didine n’avait pas de point de vue sur la question de son mariage. Il lui semblait que cette histoire la dépassait ou alors ne la concernait pas. Si quelqu’un lui avait demandé son avis, à elle, la principale intéressée, elle aurait été embarrassée pour lui répondre. Elle remarquait l’agitation qui se faisait autour de sa personne, mais elle ne savait pas ce qu’elle devait en penser. Elle attendait seulement qu’une décision tombe, dans un sens ou dans un autre. De toute manière, rien ne pressait. Il fallait attendre que Charles ait une situation, que les revenus du ménage soient assurés, que Victor Hugo se fasse à l’idée de voir sa fille s’éloigner un peu de lui… Eh bien ! Elle attendrait.

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4 réflexions sur “Léopoldine, l’enfant-muse de Victor Hugo – Henri Gourdin

  1. une famille de « frappadingues » !!! je crois que ce sont des vrais malades mentaux!!!! bipolaire (terme actuel) probable.
    je rajoute les 2 à ma PAL car le sujet m’intéresse (l’histoire de la famille et l’autre aspect)
    Léopold réincarné en Léopoldine (je ne connaissais pas son attrait pour la métempsychose il ne me reste plus qu’à trouver une bonne biographie de Victor Hugo. si tu en as une à me proposer?

    Aimé par 1 personne

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