Jeanne d’Arc – François Sarindar Fontaine

 

Quatrième de couverture : 

Cet ouvrage est l’histoire d’une jeune fille, Jeanne d’Arc, qui se présenta au Dauphin Charles, en 1429, en se disant investie d’un rôle sans précédent, celui de rendre la pleine souveraineté à ce prince sur des territoires que le Valois avait à défendre ou à reconquérir face à l’envahisseur anglais. Cet ouvrage retrace la vie de cette figure héroïque, qui sut entraîner les soldats à des résultats inespérés. Elle aurait pu participer à l’oeuvre de reconquête mais son impatience la conduisit à se faire capturer par les Bourguignons et à être vendue aux Anglais. On lui donnera l’excuse de sa jeunesse.

Mon avis : 

J’avais découvert la plume de François Sarindar avec son premier opus, Lawrence d’Arabie. Thomas Edward, cet inconnu. N’étant pas du tout calée sur le sujet, j’étais ressortie de ma lecture satisfaite, en ayant le sentiment d’avoir appris quelque chose. Car l’auteur ne s’était pas intéressé qu’au militaire. Il avait également pris en compte l’homme.

J’ai retrouvé ici ce même plaisir et cette fluidité dans l’écriture. On sent bien que cet historien a non seulement dû compiler des tonnes et des tonnes de documents, de sources etc. pour mener à bien son livre mais qu’il est, comme Jeanne, investi d’une mission. Il ne va pas bouter les anglais hors de France mais il va mettre à la porte tous les poncifs que l’on a pu lire jusqu’à présent. Et c’est justement ce que j’apprécie chez lui. Il n’apporte pas sur le marché un énième bouquin résumant tous les autres. Il va au-delà de cela et offre sa vision, son étude de ce personnage. Il replace cette grande figure dans son contexte, l’enlève de son piédestal, véritable carcan historique, pour que le lecteur puisse découvrir son humanité. Exit la petite bergère, exit les images d’Epinal. Place à l’Histoire, au rôle qu’a voulu jouer la jeune fille et à celui qu’on a voulu lui donner. Car là est tout le problème : on a toujours une fâcheuse tendance à embellir le passé. Je prends au hasard quelques questions que se posent les Historiens : Jeanne était-elle réellement à la tête de troupes ? Je vous laisse le découvrir. En tous les cas, l’auteur réhabilite également ceux qui l’accompagnaient ou avec qui elle devait composer. Qui pourrait donner, à l’heure actuelle, des noms de capitaines ou d’hommes d’armes ? La focalisation sur la fameuse Pucelle a pu faire du tort à la mémoire de ces hommes dont le rôle fut tout aussi important. Jeanne a-t-elle été trahie par Charles VII ? Vous saurez tout ceci en lisant cet excellent ouvrage.

Je ne sais plus que dire… ce qui m’arrive souvent lorsque je suis enthousiasmée par un livre. Achetez-le, vous verrez à quel point il se lit bien, qu’on soit profane ou érudit. J’ai appris énormément de choses. Un dernier mot : un grand, très grand merci à François Sarindar-Fontaine pour nous faire partager ses recherches, ses analyses et, surtout, sa passion.

Extrait : 

Sans doute parlait-on des événements politiques et militaires, le soir à la veillée, près de la cheminée ; et c’était peut-être leur écho que percevait la petite Jeanne, au travers des voix qu’elle disait avoir entendues dès 1424-1425, d’abord dans le jardin de son père, puis en d’autres lieux. Ces voix se manifestèrent-elles à Jeanne dans la vallée, le long du cours paisible de la Meuse, ou plus loin, en direction du sud, sur les hauteurs, vers le Bois-Chenu, à l’orée duquel on trouvait l’Arbre des Fées ? Partout, sans doute, mais en tous cas pas dans un pré où Jeanne aurait filé la laine pendant la garde des brebis ou d’un troupeau de moutons. Car c’est une idée fausse et pourtant communément admise que la fillette puis la jeune fille aurait pu être commise à cette tâche. Il lui arriva sans aucun doute de conduire des bêtes au pré, sitôt finie la récolte des foins, quand les paysans rassemblaient dans les prairies tous leurs bœufs et chevaux en assurant les uns après les autres un tour de garde du cheptel, ce qu’elle devait reconnaître plus tard. Mais elle n’était pas une bergère et ne s’occupait  probablement pas de la surveillance des moutons, car c’était alors un travail de professionnel. Et elle devait plutôt aider ses parents aux travaux des champs, particulièrement lors des moissons, ou à ceux de la maison, et surtout « coudre et filer » pour faire des draps de lin, comme elle le dira à Rouen, face à ses juges. Quoi qu’il en soit, la nature était bien, de toute façon, le témoin de ces phénomènes étranges. Mais n’y avait-il que des voix ? N’y avait-il pas également des apparitions ? Certainement, car Jeanne nous dit avoir vu Sainte Catherine d’Alexandrie, Sainte Marguerite d’Antioche et l’Archange Saint Michel, entourés d’une multitude d’anges, en précisant bien qu’elle les vit de ses yeux. (P 23)

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