Lawrence d’Arabie – François Sarindar Fontaine

9782296116771r

Quatrième de couverture :

Qui n’a entendu parler de Lawrence d’Arabie, soit à travers le film réalisé par David Lean, soit par la lecture des Sept Piliers de la Sagesse, soit encore par le biais d’une biographie ? Et pourtant, malgré cette célébrité, l’homme conservait, par-delà la mort, le mystère qui l’enveloppait de son vivant. C’est pour mieux le comprendre que l’auteur a écrit ces lignes. Des questions surgissent, qui nous font revenir sur des certitudes qui semblaient acquises. Et si l’obstination à faire passer pour un fait réel l’improbable supplice que Lawrence aurait subi à Deraa n’était qu’un moyen employé pour exciper de sa bonne foi dans l’action entreprise auprès des Arabes ? Et si S.A., le dédicataire des Sept Piliers n’était pas celui auquel on pense ? Et si Thomas Edward ne s’était éloigné de la scène politique et militaire pour s’engager comme simple soldat dans la R.A.F que parce qu’il avait un problème d’ordre personnel à régler ? Des réponses inattendues apportées à ces interrogations, il ressort que l’on est passé, pendant des décennies, à côté du véritable Lawrence. Du coup, cet être, en apparence insaisissable, nous devient plus familier et l’on s’explique mieux pourquoi il vécut, après 1922, dans l’illusion de pouvoir repartir à neuf, comme si rien n’était arrivé. Seule la mort, appelée par lui de toutes ses forces, devait à jamais le délivrer.

 

Mon avis :

Comme le dit la quatrième de couverture, nous avons plus ou moins entendu parler de ce personnage. S’y intéresser est autre chose et j’avoue que je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas connu l’auteur de cet ouvrage. Bien sûr, on connaît le militaire, celui qui fut agent de liaison et qui participa à la prise de Damas. On retient de lui le costume qu’il portait, à la manière des bédouins. Que dire de plus ? Finalement, on ne connaît pas grand chose…

François Sarindar s’attache ici à la psychologie du personnage. Il sonde Thomas Edward, essaie de faire des rapprochements entre son vécu et sa personnalité. Car on peut dire que celui qui était surnommé « Ned » par sa famille n’a pas vraiment eu de chance ! Fruit d’un amour défendu entre son père et la gouvernante de ses enfants légitimes, il pâtira, comme toute la fratrie (5 enfants), de ce manque de reconnaissance administrative. Car Thomas Chapman ne pourra jamais obtenir le divorce de sa première femme, celle-ci le refusant pour des motifs religieux. Ceci pourrait expliquer sa tendance à changer de nom. Sa mère, Sarah Junner Lawrence était elle-même une fille illégitime. Est-ce pour cela que, fervente religieuse, elle n’accepta pas la situation dans laquelle elle se trouvait et pratiqua sur elle et sur ses enfants la flagellation ? Ned en restera marqué, on peut le concevoir aisément. Cela va forger, sans nul doute, sa personnalité… quelque peu inquiétante lorsqu’on y réfléchit !

Quel travail ! On sent à quel point l’auteur a mis ici toute sa passion pour nous faire découvrir le personnage ! J’ai vraiment pris plaisir à le lire. Pourtant ce n’était pas gagné car le bonhomme, je le disais au début, ne m’intéressait que peu. Mais le fait justement que l’on s’intéresse ici à l’homme et pas seulement au militaire, que l’on décrive sa famille et les relations complexes notamment avec sa mère permettent de mieux le comprendre. Ajoutons à ceci – cerise sur le gâteau – que le style est fluide, très agréable. Ce livre qui apporte un autre angle, un autre point de vue sur le personnage. Je suis certaine qu’il est une référence pour quiconque s’intéresse à Lawrence d’Arabie. Chapeau bas !

 

Extrait :

Le jeudi 16 août 1888, une maison de Tremadoc – localité galloise au nord de la baie du même nom – retentit avant le chant du coq des premiers vagissements d’un beau bébé aux cheveux blonds et aux yeux bleus. L’enfant nouveau-né avait nom Thomas Edward Lawrence. Il était le deuxième fils d’un rentier et d’une ex-préceptrice qui vivaient ensemble, hors mariage, depuis 1886.

Le nom qu’il portait n’était pas le patronyme de son père. Celui-ci, de son vrai nom Thomas Robert Tighe Chapman, appartenait à une famille de propriétaires terriens et d’officiers d’administration anglo-irlandais. Il était né le 6 novembre 1846 dans le County Westmeath (province de Leinster). L’heureux événement avait eu lieu chez son père, William Chapman, Haut Shérif du Comté. La maison dans laquelle s’écoula la jeunesse de Thomas Chapman est encore debout. Il s’agit d’un manoir à l’architecture sévère, situé à plusieurs kilomètres au nord-est de Mullingar et à mille cinq cents mètres du village de Delvin, à l’endroit dit South Hill. Le futur père de notre héros devint propriétaire de ce château en 1870.

Trois ans plus tard, Thomas Robert épousa, pour son malheur, une sienne cousine qui avait la tête près du bonnet. C’était une femme acariâtre, une pie-grièche qu’on surnommait dans les maisons du voisinage : the Vinegar Queen (la Reine Vinaigre).

 

4 réflexions sur “Lawrence d’Arabie – François Sarindar Fontaine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.