Histoire littéraire du XVIe s

Voici une petite synthèse de l’Histoire, associée à l’Histoire littéraire, du XVI° siècle. Je me suis appuyée principalement sur les travaux de Christian Biet, J.P Brighelli et Jean-Luc Rispail. Bien entendu, elle n’est pas exhaustive et pourra être reprise à tout moment.

 

 
XV°s – XVI°s: une « Renaissance »

 

Au milieu du XV°s, la France est affaiblie par la famine et les maladies. L’Europe, quant-à elle, se repeuple. Les échanges économiques et commerciaux sont en plein essor, menés par les banques italiennes et les marchands flamands. On voyage, on découvre des mondes nouveaux. Les Universités se multiplient, les sciences progressent et la toute nouvelle imprimerie, qui était d’abord au service des textes religieux, diffuse les ouvrages antiques et modernes.

Dès lors, les textes de l’Antiquité grecque et latine peuvent être étudiés dans leur langue originale, sans avoir recours aux commentateurs médiévaux et surtout, à leur interprétation. On redécouvre également la philosophie antique. Platon en deviendra une référence indispensable.

1. Historiquement parlant….

 

Connu sous le nom de siècle de l’Humanisme, le XVI°s placera l’Homme au centre de tout. On peut affronter l’univers, le déchiffrer, essayer de comprendre Dieu. La Bible est diffusée en latin, en grec, en hébreu mais elle est surtout traduite en langue vulgaire et les esprits commencent à s’échauffer. On découvre alors que les leçons prônées par les anciens maîtres n’y figurent pas forcément, que Saint-Augustin n’est pas le seul Père de l’Église. Les humanistes étendent les connaissances, la culture. La Réforme se prépare… Les humanistes ne pouvaient que jeter le doute dans les esprits. Erasme (1467-1536), grande figure de la renaissance, théologien néerlandais, traducteur du Nouveau Testament, cherche à réconcilier l’héritage païen des Anciens et la foi chrétienne. Il fonde une « philosophie du Christ », qui se révèle alors être dangereuse pour le pouvoir en place. Les humanistes français veulent réformer l’église sans heurts. Lefèvre d’Etaples et Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux, regroupent des érudits mettant en doute la fidélité de l’église catholique par rapport au texte des Evangiles. Marguerite de Navarre les protège dès 1521 mais le Roi et la faculté de théologie les menacent. De ce fait, Briçonnet rentrent dans le rang.

De son côté, le moine allemand Luther (1483?-1546), est indigné par la vente des indulgences papales (pour financer le dôme de l’église Saint Pierre de Rome , le Pape proposait le pardon des péchés contre la vente d’indulgences. Il  fait afficher le 31 octobre 1517, sur la porte de son église, les 95 Thèses qui les réfutent. Au lieu de reconnaître ses abus, la cour de Rome émet une bulle papale (jugement irrévocable) pour excommunier Martin Luther, le faire arrêter et brûler ses écrits. Il est mis au ban de l’Empire en 1521. Cela n’empêche en aucun cas ses idées de s’étendre, et ce, dans les milieux les plus divers. Les Princes allemands, soutenus par François Ier, en font un instrument de lutte contre Charles Quint (1531) mais ils sont vaincus par l’Empereur en 1547, à Mülhberg. Il faudra attendre la Paix d’Augsbourg, en 1555, pour qu’un compromis soit signé: à chaque pays sa religion (cujus regio, ejus religio).

Parallèlement à ce vaste renouveau et à cette Réforme, les rois de France, fascinés par l’Italie renaissante, ses richesses, ses savoirs, ses techniques et ses arts, se lancent dans des guerres de conquête. Ainsi, Louis XII règnera sur le Milanais en 1499 mais perdra l’Italie à Novare en 1513. Tout est à refaire à l »avènement de François Ier. Charles Quint, roi d’Espagne (1516) et Empereur du Saint-Empire Germanique (1519), s’oppose aux Français (1520), bannit Luther (1521) et expédie Cortez au Mexique pour y trouver l’or des Aztèques (1519). Quatre guerres auront lieu entre l’Empire et la France pendant le règne de François Ier (1515-1547): on s’arrachera Milan, on se disputera la Bourgogne, on  fera alliance avec les Turcs contre Charles Quint.

En publiant en 1536 (en latin) et en 1541 (en français), L’Institution  de la religion chrétienne, Jean Calvin (1509-1564) fonde le protestantisme français. Il se démarque de Luther et transforme la foi réformée en confession religieuse structurée. L’Écriture est pour lui la seule source de la foi. A ce titre, l’Église et tout son magistère n’a pas lieu d’être à ses yeux. Réfugié en Suisse après l’Affaire des Placards, en octobre 1534 (violent pamphlet contre la messe affiché à Paris et à Amboise, jusque sur la porte du Roi, ce qui déclencha une chasse aux hérétiques), il est banni de Genève en 1538 et se réfugie à Strasbourg pour y fonder la premières des églises réformées françaises. Avec son Institution  de la religion chrétienne, il tente de convaincre le roi du bien-fondé de la Réforme. Le texte est interdit par le Parlement en 1542, brûlé sur le parvis de Notre-Dame. Rien n’y fait, sa pensée s’étend en Europe. Il donnera sa forme définitive à son texte, en 80 chapitres, en 1559-1560.

Pendant ce temps, l’Angleterre a rompu ses liens avec la papauté qui n’a pas voulu accepter l’annulation du mariage d’Henri VIII (1531) (celui-ci voulait répudier son épouse, Catherine d’Aragon, qui ne lui avait pas donné de fils). En 1534, le parlement anglais vote l’Acte de Suprématie qui proclame le roi seul chef suprême de l’Église d’Angleterre. A sa mort, en 1547, les idées réformées se propagent avec Edouard VI (1537-1553) , fils d’Henri VIII et de Jane Seymour,  ou, du moins, avec Le conseil de la régence (Edouard VI n’a que 9 ans) et l’archevêque de Canterbury, Cranmer, lesquels ouvrent toutes grandes les portes de l’Angleterre à la Réforme. Lorsque Marie Tudor (1516-1558), fille d’Henri VIII et de Catherine d’Aragon monte sur le trône, en 1553, elle rétablit la religion catholique et persécutent les protestants. Ceci lui vaudra le surnom de Marie la sanglante. Elle meurt sans héritier. C’est Elisabeth Ière, fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn (pour qui il avait voulait l’annulation de son mariage) qui reprendra la succession. Elle rétablit l’Eglise anglicane afin d’échapper aux critiques des catholiques qui la considéraient toujours comme une bâtarde. Elle remet au goût du jour  l’Acte de Suprématie. Elle nomme de nouveaux évêques, et leur fait réviser la doctrine de l’Église. Le résultat est un texte appelé les « 39 articles », reconnu comme texte officiel par les Anglicans. Ces « articles » s’inspirent du protestantisme de Luther et de Calvin. Pourtant Élisabeth ne rompt pas complètement avec la tradition catholique. Le culte et l’organisation de l’Église en gardent des marques. Élisabeth établit donc un compromis entre éléments protestants et éléments catholiques.

Comme nous pouvons le constater, cette période est riche en événements, notamment sur le plan religieux, en France comme en Europe. Ces guerres de religion se calmeront, en France, avec la signature de l’Édit de Nantes,  le 13 avril 1598. Henri IV donnera ainsi aux protestants la liberté de culte.

2. La place de la Littérature…

Au sortir du Moyen Âge, la littérature française donna d’abord la priorité aux livres moraux et religieux. Cependant, elle resta suffisamment en retrait de toutes les querelles. Elle s’occupa à préserver son répertoire traditionnel pour un public de cour friand de jeux poétiques formels ou de romans de chevalerie.

Cependant, elle s’ouvre également au contact des littératures antiques, étrangères, des différentes découvertes, tant sur le plan scientifique que géographique. On imite alors les nouvelles de Boccace (Le Décaméron), on se souvient des fabliaux les plus anciens comme les Contes de Canterbury de Chaucer ou les Cent Nouvelles Nouvelles, on adapte les romans de chevalerie au goût du jour.

Les grands rhétoriqueurs eurent un succès certain. Ils pratiquaient la seconde rhétorique, c’est-à-dire la poésie par opposition à la prose, développant ainsi les métaphores complexes, les rimes, les jeux poétiques. Ils se voulaient conseillers des princes et chantaient, de ce fait, leurs vertus. Clément Marot (1496-1544), pour ne citer que lui, en fit partie. La poésie verra un tournant dans l’apparition de la poésie lyonnaise (avec notamment Maurice Scève (1500-1560?), Pernette du Guillet (1520-1545), Louise Labé (1524-1566) ou Pontus de Tyard (1521-1605), tous inspirés par Pétrarque) et de La Pléiade (Ronsard (1524-1585), Du Bellay (1522-1560) et Baïf (1532-15889) entre autres…) qui lui offriront une nouvelle esthétique. Avec ces derniers, le rôle du poète change. Il devient celui qui est « inspiré », sacré. Il abandonne les genres traditionnels (rondeau, ballade, farce…) au profit des genres cultivés par les Anciens : l’ode, l’élégie, l’épigramme, la tragédie, la comédie, et surtout le sonnet.

Les troubles dus aux guerres de religion vont se refléter jusque dans la poésie. On verra alors apparaître des auteurs engagés. Les thèmes changent, la forme également. La poésie devient baroque. Agrippa d’Aubigné (1552-1630), Desportes (1546-1606) ou Jean de Sponde (1557-1595) en sont les symboles.

Les prosateurs se différencient, quant-à eux, en deux groupes: les prosateurs didactiques (le premier fut Calvin) et les prosateurs dits réalistes, disciples de Rabelais (né vers 1494- 1553), comme Bonaventure des Périers (né vers 1510-mort vers 1544) , Noël du Fail (1520? – 1591) ou Marguerite de Navarre (1492-1549) et son Heptameron.

Les guerres de religion toucheront également la prose. Ainsi, pamphlets, controverses, satires… vont fleurir. Montaigne (1533-1592) s’en fera l’écho.

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