Plaute

La marmite

Plaute (vers 254 av. J.-C – 184 av. J.-C) est un auteur comique latin qui a inspiré Molière ou Shakespeare. La Marmite, une des pièces les plus connues, et pour cause, est à l’origine de l’Avare du sieur Poquelin. Euclion trouve une marmite emplie d’or. Le vieux pingre s’empresse de la cacher et commence à soupçonner tout le monde de vouloir le voler, à commencer par sa servante, Staphyla. Sa paranoïa le pousse même à accuser son voisin Mégadore de vouloir mettre son nez dans ses affaires en lui demandant la main de sa fille. Pourtant, celui-ci consentant à l’épouser sans dot, Euclion accepte.

Mais les choses se corsent car Phédra, la jeune promise, est enceinte…

On retrouve ici toutes les ficelles de la comédie : comique de paroles, de situation… tous les ingrédients sont là pour faire une bonne pièce de théâtre. Ajoutez à ceci que le style est plaisant car agréable à lire, et vous en déduirez que cette pièce est à lire absolument !

Extrait : (Traduction : J. Naudet)

EUCLION, seul.

J’ai voulu faire un effort, et me régaler pour la noce de ma fille. Je vais au marché ; je demande. Combien le poisson ? trop cher. L’agneau ? trop cher. Le bœuf ? trop cher. Veau, marée, charcuterie, tout est hors de prix. Impossible d’en approcher ; d’autant plus que je n’avais pas d’argent. La colère me prend, et je m’en vais, n’ayant pas le moyen d’acheter. Ils ont été ainsi bien attrapés, tous ces coquins-là. Et puis, dans le chemin, j’ai fait réflexion : quand on est prodigue les jours de fête, on manque du nécessaire les autres jours ; voilà ce que c’est que de ne pas épargner. C’est ainsi que la prudence a parlé à mon esprit et à mon estomac ; j’ai fait entendre raison à la sensualité, et nous ferons la noce le plus économiquement possible. J’ai acheté ce peu d’encens et ces couronnes de fleurs ; nous les offrirons au dieu Lare, dans notre foyer, pour qu’il rende le mariage fortuné. Mais que vois-je ? ma porte est ouverte ! Quel vacarme dans la maison ! Malheureux ! est-ce qu’on me vole ?

CONGRION, de l’intérieur de la maison.

Va demander tout de suite, chez le voisin, une plus grande marmite. Celle-ci est trop petite pour ce que je veux faire.

EUCLION.

Hélas ! on m’assassine. On me ravit mon or, on cherche la marmite. Je suis mort, si je ne cours en toute hâte. Apollon, je t’en conjure, viens à mon secours. Perce de tes traits ces voleurs de trésors : tu m’as déjà défendu en semblable péril. Mais je tarde trop. Courons, avant qu’on m’ait égorgé.

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