96 heures – Frédéric Schœndœrffer (2014)

96h

 

Lorsque le patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) se fait kidnapper par un gros truand qu’il a fait mettre sous les verrous quelques années plus tôt, il a de quoi avoir peur…

Pourquoi ce titre ? 96 heures est le délai maximum d’une garde à vue. Et c’est également le temps qu’a Victor Kancel (joué par Niels Arestrup) pour faire cracher le morceau à Gabriel Carré (Gérard Lanvin) avant que sa brigade ne se mette à sa recherche. Pourtant, celui-ci s’évertue à ne rien dire. Pourquoi tient-il donc tant à préserver son indic ?

J’ai aimé ce film au casting prometteur (N. Arestrup, G. Lanvin, S. Testud, L. Smet) et au scénario plutôt original même s’il rappelle quand même, par certains côtés, Les Lyonnais d’Olivier Marchal (2011). L’ambiance est glaçante et les acteurs reflètent assez bien cette atmosphère. Le décor vient ajouter une touche de plus au malaise qui se trame pendant tout le film. Et puis surtout, on veut savoir… De ce fait, les 96 minutes (tout est dans le détail, notez bien !) s’égrènent sans que l’on s’en aperçoive.


Cybook Muse Essential – Bookeen

Je viens de m’offrir une nouvelle liseuse, l’ancienne m’ayant lâchement abandonnée (la batterie a gonflé, je n’avais jamais vu ça !). Bref, celle de Lili m’avait fait de l’œil (sournoisement !) et j’ai craqué, à quelques jours de mon anniversaire. Mais je ne le regrette pas !

Première chose, l’esthétique : j’aime beaucoup le petit côté biseauté… oui, je sais, il m’en faut peu ! Et quelle bonne idée que ces boutons qui permettent d’accéder au menu (bouton du bas) ou de tourner les pages (boutons latéraux) ! Mais on peut également tourner les pages avec le doigt, comme un livre (ou presque).

Deuxième chose : Ma première liseuse devait absolument passer par l’application de la marque avant de pouvoir lire quoi que ce soit lors de la première mise en route. Ici, rien de tout ça ! On allume, ça fonctionne et vous pouvez déjà lire puisque des livres sont déjà intégrés. Comme dans toutes les liseuses me direz-vous… Oui, sauf qu’ici, il n’y a pas que des livres classiques. Et il y en a pour tous les goûts, dans plusieurs langues.

Troisième chose : l’écran est clair, pas grisâtre comme sur l’ancienne. Il est blanc ce qui fait que l’encre HD ressort bien. C’est vraiment très agréable.

Enfin, la vitesse… Que ce soit la rapidité de téléchargement d’un livre ou le fait de tourner les pages, c’est impressionnant ! Pas le temps de dire « ouf » !

Bref, je pense qu’il est inutile d’en dire davantage. Vous aurez compris que j’adore cette petite merveille de technologie ! Quand je pense qu’il y a quelques années en arrière, j’étais farouchement contre les liseuses ! Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, n’est-ce pas ? Cela ne m’empêche bien évidemment pas de lire des livres « papier ». Mais la liseuse est quand même bien pratique pour lire au lit ou en vacances. Cela m’évite d’avoir des valises pesant trois tonnes parce que je prends toujours une dizaine de livres (des pavés) au cas où je viendrais à manquer…

Ah ! Une dernière chose ! Mon roman, Frénégonde, est en vente sur le site de Bookeen. N’hésitez pas à aller y mettre vos avis.

Quelques photos :

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Le goût du soleil – Christian Laborie

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Quatrième de couverture :

Dans ces terres cévenoles gorgées de soleil où il a trouvé refuge, le jeune Catalan Emilio incarne, malgré lui, la figure de l’estranger. Ouvrier agricole au domaine des Grandes Terres, respecté pour son sérieux et son expertise de la vigne, le jeune homme n’oublie pas les siens et la sourde menace qui plane sur son pays. Lorsqu’il rencontre un soir de printemps 1936 Justine, la fougueuse fille de son patron, son destin bascule. Ils sont aimantés l’un vers l’autre en dépit de tout ce qui les sépare.
Mais quand Sébastien Rochefort, grand reporter, lui propose de l’accompagner en tant qu’interprète pour couvrir le conflit qui, déjà, gronde de l’autre côté de la frontière, Emilio doit choisir. Vite.
Peut-il renoncer à ses profondes convictions, abandonner les siens, et Maria, sa fiancée de toujours, qui l’attend là-bas ?

Roman sur l’exil, la fraternité, l’engagement, les tourments du cœur, Le Goût du soleil est une grande fresque cévenole à la fois intimiste et universelle.

Mon avis :

Emilio arrive en France en 1934, fuyant non pas la guerre mais le chômage. Il rejoint sa tante et son oncle dans un petit village des Cévennes, Montpezat, situé près de Nîmes. Il laisse derrière lui sa famille et, surtout, sa fiancée, Maria. Il est déchiré lui aussi, entre son pays et ses amours. Oui, amours au pluriel. En effet, il tombe amoureux de Justine, la fille de son patron, propriétaire terrien cévenol. Cette liaison est découverte. Les ouvriers agricoles jasent et un voisin bien intentionné se charge de prévenir le père. Justine n’a plus vraiment le choix : soit elle assume sa relation et Emilio sera licencié, soit elle y met un terme. Elle décide de s’éloigner mais le désir est plus fort que tout. Les amants se cachent. Mais c’est sans compter sur Irène, la jeune sœur… Lorsque arrive un reporter qui demande à Emilio de le suivre en Espagne, celui-ci voit dans ce départ une issue…

C’est le deuxième roman que je lis de cet auteur. Après L’Enfant rebelle, voici la suite des aventures des Rochefort. Dans cet opus, Christian Laborie mêle Histoire et terroir. En effet, on retrouve ici l’exil qu’ont dû subir de nombreux catalans et espagnols afin de fuir la misère ou la répression ; le tiraillement de ces mêmes personnes, partagées entre la protection d’un côté et leurs racines de l’autre ; l’accueil…

J’ai pris plaisir à lire ce livre riche en enseignement.

Extrait :

L’officier qui les reçut à Lérida avant leur départ pour le front les avertit :
– Sachez que, si vous tombez dans les mains des nationalistes, je ne donne pas cher de votre peau ! Surtout vous, Emilio Alvarez. Ils ne vous rateront pas, même si vous ne portez pas l’uniforme républicain ! Soit ils vous fusilleront sans autre forme de procès, soit ils vous enrôleront de force dans leurs rangs. Quant à vous, messieurs les Français, ils essaieront de vous faire parler avant de se débarrasser de vous. (P220)

Dans la grande nuit des temps – Antonio Muñoz Molina

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Quatrième de couverture :

Sur le quai d’une gare à New York, une longue silhouette déambule, elle semble égarée. Ignacio Abel, architecte de talent, est en partance, exilé d’une Espagne à feu et à sang. Il laisse derrière lui une femme et deux enfants. Sa destination : un ailleurs incertain. Suspendu dans les arcanes du temps, il n’espère déjà plus, parfois seulement, il tourne la tête car il croit apercevoir son amour perdu.

 

Mon avis :

Nous ne sommes pas dans « Guerre et Paix » ici, loin de là ! Sur fond de guerre espagnole, nous assistons à la passion dévorante d’Ignacio Abel pour une jeune américaine, Judith. Ignacio est marié à Adela et a deux enfants mais sa maîtresse lui a tourné les sens. Et sa disparition brutale n’a pas mis fin aux sentiments, bien au contraire. Aussi, lorsqu’on lui offre un poste de professeur aux États-Unis, Ignacio ne réfléchit pas longtemps, espérant retrouver sa belle.

Quelle puissance ! Quel style ! C’est le tout premier roman que je lis de cet auteur, grâce à  Sylvaine qui m’en a fait cadeau et que je remercie encore. Je me suis régalée ! Sans cesse, le personnage sera partagé entre les horreurs que subit son pays et les affres sentimentaux. Une phrase, dans le roman, peut résumer sa vie : « Ce que l’on a gagné en une seule minute d’éblouissement, on le perd avec autant de facilité. »

Si vous aimez les romans historiques, n’hésitez pas !

 

Le Chêne de Lola – Claire Strauss

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Quatrième de couverture :

Sous influences du vent méridional de la Haute-Provence, ce roman du terroir montagnard s’illustre de manifestations oniriques et fantastiques. L’enfance de Lola est engluée entre la présence morbide d’un père qu’elle n’a pas connu et la pesante dépression d’une mère incapable de tendresse. Son apaisement et son envol, elle les devra à un ruisseau vivifiant, à l’ombre d’un arbre séculaire, et à des rencontres bienfaisantes. Elle choisit une vie simple en pleine nature. Autour d’elle gravitent des personnages à caractères robustes. Les bergers affrontent les partisans du retour du loup, les défenseurs du patrimoine naturel et de la biodiversité s’opposent aux promoteurs.
Claire Strauss, après nous avoir menés Sur les pas de Jesse, un premier roman remarqué, nous convie sur ceux de Lola.
Un récit sur le contraste entre la simplicité de la nature et la complexité des rapports humains. C’est l’histoire d’un conflit interne entre un esprit sauvage et l’emprise familiale.

 

Mon avis :

Après le chêne de saint Louis, voici celui de Lola. Aucun rapport me direz-vous ! Encore que… On peut retrouver le côté bienfaisant et salvateur. Ce réconfort dont a manqué l’héroïne dès les premiers jours de sa vie. On ne peut pas dire que sa mère, Huguette, était tendre : « Elle me coucha sans ménagement dans mon nouveau lit et sortit en claquant la porte derrière elle (P6) ». Charmant, n’est-ce pas ? Et encore, ce n’est rien par rapport à la rencontre avec Robert, son père : « -Robert, mon chéri, je te présente ta fille. L’urne bien calée à mes pieds contenait les cendres de mon père. Du bout de mes chaussons je la touchai, elle était dure et lisse (P5) ». Comment arriver à se construire avec tout ceci ? D’autant plus lorsque sa mère décline de jour en jour ? « Il ne restait d’elle qu’une enveloppe vide (P88) ». La nature est là, bien heureusement, avec son porte-parole au nom bien symbolique, Sylvia, sorte de fée-clochette ou d’amie imaginaire, comme vous le souhaitez…

J’avais aimé le premier livre de Claire Strauss, Sur les pas de Jesse, et j’ai encore plus apprécié celui-ci. On retrouve le thème des adolescents mal dans leur peau à qui la vie n’a rien épargné. Mais ce rapport à la nature est touchant. L’écriture est toujours aussi fluide, très agréable à lire. J’ai passé quelques bonnes heures de lecture. Et rien que pour cela, je vous remercie très chère Claire !