La Guerre des Lulus – R. Hautière/Hardoc

guerre Lulus

Tome 1

Nous sommes en été 1914, à l’heure où les hommes sont mobilisés pour partir combattre l’ennemi. À l’abbaye-orphelinat de Valencourt (village imaginaire), en Picardie, l’instituteur doit laisser ses petits protégés. Il préfère leur dire qu’il part en vacances, pensant être là à la rentrée de septembre. Quatre enfants, les Lulus, appelés ainsi car leurs prénoms commencent tous par la syllabe « lu », passent leur temps à désobéir et à faire le mur. Mal leur en a pris car lorsque l’abbaye est évacuée, de même que tout le village, ils sont dans la forêt sans savoir ce qui se trame. Ils vont ainsi se retrouver seuls, à errer pour survivre…

J’ai aimé cette BD qui, à travers le regard d’enfants, retranscrit l’atmosphère de l’époque. Les dessins sont minutieux, détaillés, les couleurs claires. On prend vraiment du plaisir à lire les vignettes et à avoir de l’empathie pour ces quatre galopins, notamment à l’approche de l’hiver…

Je vous laisse, le prochain tome m’appelle !

Pique-Nique à Hanging Rock – Joan Lindsay

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Quatrième de couverture :

Australie, 14 février 1900. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq superbes chevaux bais.

Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois adolescentes manquent à l’appel.

 

Mon avis :

Généralement, lorsqu’on est en pension et qu’on part en pique-nique, c’est un moment dont on se souvient car on s’amuse, on bavarde sans limite, on plaisante… Bref, on rentre à la pension avec un sourire à s’en décrocher la mâchoire et avec des images qui nourriront les conversations pendant plusieurs semaines. Si les pensionnaires de Mrs Appleyard attendaient ce moment avec impatience, les pauvres ont bien déchanté par la suite… puisqu’elles ne rentreront pas toutes. Pour s’en rappeler, elles s’en rappelleront !

Une enquête a lieu et nous, lecteurs, nous attendons avec impatience de savoir ce qu’il s’est passé. D’autant plus qu’une jeune fille est retrouvée. Mais impossible de lui faire dire quoi que ce soit. Et là, c’est le drame ! On a envie de la secouer (« mais tu vas parler, oui ou m**** ?! »). Hum… bon… on se calme ! Parallèlement à cette recherche, nous assistons à la chute de la pension. Forcément, plus personne ne veut confier ses enfants à des gens qui ne savent pas les maintenir en sécurité.

J’ai adoré ce roman. On se pose des milliers de questions… et même une fois le livre refermé, votre esprit est toujours accaparé par cette histoire (j’en ai rêvé !). J’ai également apprécié ce fantastique en filigrane venant apporter de la matière à l’atmosphère. L’écriture est magnifique. Que demander de plus ?

 

Extrait :

Trois matins de suite, le public australien avait dévoré en même temps que des œufs au bacon les détails savoureux du Mystère des Collégiennes, comme on l’appelait dans la presse. Bien qu’aucune information supplémentaire n’eût été découverte, ni rien qui ressemblât à un indice – de sorte que la situation restait inchangée depuis la déclaration qu’avait faite Ben Hussey le samedi soir, concernant la disparition des jeunes filles et de leur maîtresse -, il fallait donner sa pâture au public. (P91)

Les Trois frères (1995) – Didier Bourdon / Bernard Campan

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J’ai revu avec grand plaisir ce film des Inconnus datant de 1995. Si l’histoire en elle-même n’est pas originale (trois frères ne se connaissant pas se retrouvent chez le notaire, pensent toucher un petit pactole – la mère décédée ayant été chanteuse -, mais apprennent quelques jours plus tard que tout a été donné à un orphelinat), la mise en scène est drôle. Alors, vous me direz, j’apprécie l’humour du trio, un humour parfois acide, cinglant, à prendre à différents degrés.

Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus s’intéressent de près à notre société et à ses travers. L’humour est rarement gratuit. Pourtant, cela ne plombe en rien le scénario et le message passe d’autant plus facilement. Certaines répliques sont devenus cultes, de même que certains objets. On se souvient tous du monochrome de Whiteman ou du Kundelitch.

Je vous laisse regarder la bande-annonce…

L’imprécateur (1977) – Jean-Louis Bertuccelli

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Encore un film découvert récemment grâce à un collègue. Pourtant, quand je vois la pléiade d’acteurs connus, je me demande comment j’ai fait pour passer à côté.

Ce film est une adaptation du roman de René-Victor Pilhes, publié trois ans plus tôt. Il met en scène une multinationale, Rosserys & Mitchell, située à Paris, dans la tour Montparnasse. Son style de management est assez spécial… Un cadre est mort, dans des conditions que l’on essaiera de deviner et, depuis, les différents collaborateurs reçoivent des messages anonymes. En parallèle, on apprend que les piliers de la tour se fissurent…

Il ne sera pas difficile de faire le lien entre des fondations qui se dégradent, mettant en péril le QG de cette firme et tous ceux qui sont dans cet édifice, et la portée symbolique que cela peut avoir… notamment dans ce petit monde où les requins sont nombreux. L’atmosphère est pesante, étouffante, glauque… On reste dans le sombre.

Si le roman a obtenu le Prix Femina, je ne crois pas que le film ait eu un quelconque prix. En me renseignant un peu, j’ai vu que le photographe, Andréas Winding, avait été nominé, l’année suivante, pour le César de la meilleure photographie. Quel dommage que cette réalisation soit passée ainsi à la trappe !