La Grande frousse – Jean-Pierre Mocky

La Grande Frousse : Affiche Bourvil, Jean-Pierre Mocky

J’avoue que je ne sais jamais comment chroniquer un film de Mocky… Et celui-ci n’échappe pas à la règle. Déjà, il y a du beau monde : Bourvil (le film date de 1964, j’ai oublié de le préciser), Francis Blanche, Jean-Louis Barrault, Jacques Dufilho, Jean Poiret, Philippe Castelli… Le film se base sur un livre de Jean Ray, La Cité de l’indicible peur, (que je n’ai pas lu). Mocky voulait d’ailleurs conserver ce titre mais la production lui a imposé « La grande frousse », certainement afin d’attirer un maximum de spectateurs.

Le scénario est plutôt pas mal : les inspecteurs Triquet et Virgus courent après un faux-monnayeur condamné à mort, Mickey le bénédictin, qui s’est échappé au moment où la guillotine s’est enrayée. Simon Triquet pense qu’il a dû revenir à l’endroit où il fabriquait sa fausse monnaie, dans un petit village du Cantal. Là, il doit faire face à la légende locale de la bargeasque, sorte de bête monstrueuse qui serait revenue hanter le bourg et de sainte Urodèle qui l’aurait tuée (ne cherchez pas, tout ceci est complètement inventé). Les gens sont terrorisés, d’autant plus qu’il y a des morts dans le village…

Bon, il y a quand même des défauts : déjà, le monstre prête plus à rire qu’à avoir peur. Certes, nous sommes dans les années 60, il n’y a pas encore l’attirail d’effets spéciaux que nous connaissons. Mais quand même… Ensuite, je trouve que l’atmosphère, qui est bien rendue dans ce petit village qui a conservé son aspect médiéval, est desservie par un scénario qui n’est pas abouti. Je veux dire par là qu’à faire un film noir, autant y aller franchement. Ceci étant dit, il ne s’agit que du 6ème film de Mocky en tant que réalisateur et il est donc normal qu’il y ait des imperfections.

Je finirai ce billet en précisant que Jean-Pierre Mocky est un des rares à se battre pour ses films, à vivre non pas pour le fric mais pour sa passion. Certains acteurs ne s’y sont pas trompés.