New-York 1997 – John Carpenter

Image associée

 

Ce film a été réalisé en 1981. Oui, je sais, je ne regarde pas des nouveautés !

Il nous transporte en 1997. Manhattan est devenue une prison à ciel ouvert dans laquelle des bandes rivales s’en donnent à cœur joie. Un attentat a lieu, ciblant l’avion du Président qui se rendait à une conférence. Mais celui-ci, grâce à une sorte de grosse capsule dans laquelle il s’enferme, parvient à s’en sortir. Le seul hic est qu’il est tombé dans un des immeubles de Manhattan. Il détient une mallette, accrochée à son poignet par une menotte, contenant des secrets nucléaires. Bob Hauk, chargé de la sécurité, décide alors d’envoyer un prisonnier à la rescousse du chef du gouvernement, Snake Plissken. Mais pour s’assurer que ce dernier accomplira sa mission, il lui fait injecter deux mini-bombes dans le cou. Elles exploseront au bout de 23h ou seront déconnectées s’il parvient à sauver le Président et les documents…

J’aime les univers post-apocalyptiques et le décor est particulièrement soigné dans celui-ci, filmé pratiquement dans son ensemble de nuit. Les ruines, les fumées, l’ambiance, tout y est. Et on voudrait ne pas tomber dans ces rues sales où la vermine pullule. Snake est un personnage particulier. Il n’est pas là pour sauver le monde, sa patrie ou le Président. Non, il est là pour sauver sa peau ! C’est tout de même à noter. Nous ne sommes pas dans le cliché américain prônant l’image de garant de la paix mondiale. Ajoutons à ceci la musique et vous comprendrez pourquoi ce film est un petit bijou.

La Cité de la peur – Les Nuls

Résultat de recherche d'images pour

Synopsis : 

Odile Deray, en tant qu’attachée de Presse, doit présenter le film Red is Dead à Cannes. Mais celui-ci n’intéresse personne. Jusqu’au moment où tous les projectionnistes du film meurent…

Mon avis : 

La Cité de la peur est un de mes films cultes, avec Le Père Noël est une ordure. J’en connais pratiquement toutes les répliques ! Oui, que voulez-vous, à chacun ses faiblesses, nul n’est parfait !

Nous étions alors dans la grande époque des Nuls et il fallait regarder ce film avec le deuxième degré qui lui incombait. Les références cinématographiques ou publicitaires sont nombreuses, de même que les jeux de mots ou le burlesque. À la cadence d’une blague toutes les dix secondes, le spectateur ne respire pas !

On se pose, on met 16 sucres dans sa tasse et on regarde ce film…

Alors, on est content ?… Euh, non, non, vous n’avez rien entendu, j’ai rien dit !

La petite garce dans la prairie – Alison Arngrim

Non, vous ne rêvez pas ! Il s’agit bien de celle qui jouait le rôle de Nellie Oleson dans ce feuilleton que nous avons tous suivi (osez me dire le contraire !!!), où nous avons tous pleuré (mouais, bon, peut-être pas tous) et rigolé aux frasques de Mme Oleson et de sa fille (mes préférées)… J’ai nommé : La petite maison dans la prairie !

Alison Arngrim revient ici d’abord sur son enfance (ce qui est bien logique puisqu’il s’agit d’une autobiographie)… Une enfance loin d’être dorée puisqu’elle a dû être confrontée non seulement à des parents complètement frappadingues mais encore à un frère, enfant-roi, perpétuellement sous l’emprise de substances qui lui fera subir les pires choses. Heureusement, elle fut prise pour jouer ce feuilleton qui ne devait contenir que quelques épisodes au départ et c’est sa tante, Marion, qu’elle adorait, qui s’occupera d’elle pendant le tournage… Un tournage d’ailleurs loin d’être hollywoodien puisque l’on apprend que les acteurs devaient se trouver sur les lieux à quatre heures du matin ! Bref, je n’en dévoile pas plus car ce serait briser le charme. Les anecdotes sur les différents épisodes sont savoureux et l’on sourit vraiment car le ton est incisif, ironique. L’auteur n’y va pas par quatre chemins et c’est justement ce qui en fait tout le sel.

J’ai dévoré ce bouquin et mon seul regret fut de l’avoir fini ! Mais toute bonne chose a une fin.

 

Extrait : 

Nous venions enfin de terminer de m’emprisonner dans cette superbe camisole de force que sont les atours du XIXe siècle quand quelqu’un frappa à la porte. Elle s’ouvrit sur une minuscule petite fille à taches de rousseur, avec des nattes et possédant la plus grande rangée de dents de devant que j’avais vue de ma vie. C’était Melissa Gilbert. Elle avait environ 9 ans. J’avais à peine 12 ans et j’étais petite pour mon âge mais celle fille-là aurait pu rentrer dans mon porte-monnaie – et aurait réussi à le ronger pour en sortir.

Elle rentra, se présenta et commença à nous expliquer tout un tas de choses : qui était qui, qui faisait quoi et comment tout cela fonctionnait. Elle nous renseignait avec une assurance impressionnante sur la manière dont les choses se passaient par ici. Nous l’écoutions, bouche bée, complètement absorbées par son discours. Elle nous délivra enfin un avertissement de la plus grande gravité. Sa voix avait l’intensité d’un Edward G. Robinson qui aurait avalé Shirley Temple : « Et surtout, attention à cette Melissa Sue Anderson. Elle est très dangereuse. »

Astérix et la Transitalique – Conrad / Ferri

Image associée

Le retour en force du petit gaulois et de son comparse (non, je n’ai pas dit « gros ») me met toujours en joie et j’ai foncé chez mon libraire préféré pour me le procurer (pour la petite anecdote, j’y étais même allée la veille, n’ayant pas bien imprimé la date dans mon cerveau rabougri).

Je le maintiens, ces derniers albums permettent de retrouver le plaisir que j’avais à lire les premiers Astérix. Les jeux de mots, les références, l’humour… tout est là pour faire passer un bon moment.

Allez, calez-vous bien dans votre fauteuil et préparez-vous à une course effrénée dans laquelle tous les coups seront permis !

La Supplication – Svetlana Alexievitch



 Quatrième de couverture :

 « Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte : – Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main !  » Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale ? Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant celui des survivants, à qui elle cède la parole. Des témoignages qui nous font découvrir un univers terrifiant. L’événement prend alors une tout autre dimension. Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.



Mon avis :

Ce livre m’a touchée. Tous ces témoignages convergent vers cette idée d’impuissance mais aussi d’inexpérience, de vérité cachée. Lorsque le 26 avril 1986, un accident se produit à la centrale de Tchernobyl, on envoie les pompiers, comme s’il s’agissait d’un simple incendie. Les pauvres hommes vont ainsi se confronter à la radioactivité, marcher sur ces particules vectrices de mort, respirer à plein poumon la nocivité incarnée. La population, laissée volontairement  dans l’ignorance va avoir deux réactions : les courageux vont êtres volontaires pour aller « nettoyer » le sol. Les autres ne voudront pas, pour la plupart, quitter leur maison lorsqu’on évacuera. Car la pollution ne se voit pas, et c’est bien là le problème. Les gens ne comprennent pas pourquoi, d’un seul coup, ils ne peuvent plus boire le lait de leurs vaches, manger les pommes de terre de leur jardin ou les volailles de leur poulailler. Tout a l’air si beau, si sain…

De même, beaucoup de témoignages comparent cela à la guerre. Mais ici, elle est invisible et c’est ce qui les dérange. Dans un conflit, on connaît l’ennemi et on choisit de le combattre. Là, les informations arrivent par bribes. On sait, on sent qu’on va mourir… Mais pourquoi ?

J’avais déjà lu l’excellent livre de Cécilia Colombo, Pripyat, vert comme l’enfer. Celui-ci complète les données. Un conseil : gardez une boîte de mouchoirs à portée de main !



Extrait :

J’avais envie de rester seule avec lui, même seulement une minute. Les autres le sentirent et chacun inventa une excuse pour sortir dans le couloir. Alors je l’enlaçai et l’embrassai. Il s’écarta :

– Ne t’assieds pas près de moi. Prends une chaise.
– Mais ce n’est rien. (Je fis un geste de dérision avec le bras.) As-tu vu où s’est produite l’explosion ? Qu’est-ce que c’était ? Vous étiez les premiers à arriver…
– C’est certainement un sabotage. Quelqu’un l’a fait exprès. Tous nos gars sont de cet avis.
C’est ce que l’on disait alors, ce qu’on pensait.
Le lendemain, à mon arrivée, ils étaient déjà séparés, chacun dans sa chambre. Il leur était catégoriquement interdit de sortir dans le couloir. D’avoir des contacts entre eux. Ils communiquaient en frappant les murs : point-trait, point-trait… Les médecins avaient expliqué que chaque organisme réagit différemment aux radiations et que ce que l’un pouvait supporter dépassait les possibilités de l’autre. Là où ils étaient couchés, même les murs bloquaient l’aiguille des compteurs. A gauche, à droite et à l’étage en dessous… On avait dégagé tout le monde et il ne restait plus un seul malade… Personne autour d’eux.