La colère des enfants déchus – Catherine Fradier




Ce roman policier commence par une histoire atroce. Imaginez un manoir perché au sommet d’une colline. Tout autour s’étend une forêt dont la limite n’est pas perceptible à l’œil nu. Jusque-là, le décor pourrait paraître idyllique… Imaginez maintenant une chasse à courre. Quoi d’étonnant ? Les bois doivent être giboyeux à souhait. Mais que font ces adultes costumés et armés d’arbalètes ? Est-ce une reconstitution historique ? Des fans de Robin des Bois ou de Guillaume Tell ? Et ces enfants déguisés de façon ridicule courant à en perdre haleine ? Les proies… Oui, vous avez bien lu. Ces pauvres petites âmes sont les victimes de pervers ayant constitué un réseau pédophile. Fin du premier chapitre… Voilà qui plombe l’ambiance d’une lourdeur mortifère.

En parallèle, on assiste à des morts. Les personnages sont souvent des gens « bien sous tous rapports », des notables qui, si l’on gratte un peu le vernis, se révèlent être des vermines ayant eu un lien avec la pédophilie sans jamais être condamnées. Les meurtres – ou plutôt les exécutions – sont toutes signées par une figurine ou un objet ayant trait au film La Guerre des étoiles. Deux journalistes, Kara et Quintilius, ayant travaillé sur un livre intitulé « Dossier réseaux pédocriminels » vont enquêter, contraints et forcés. En effet, Kara a été victime d’un cambriolage. Devinez ce qui a disparu ? Les archives ayant aidé à écrire ce livre, bien sûr. Et qu’a-t-elle trouvé à la place ? Un sabre-laser de Jedi. Tout ceci est étrange… Aidés de Luc, policier d’Interpol, les deux amis vont devoir faire leurs investigations du côté obscur de la force…

Catherine Fradier a un réel talent pour prendre des faits réels ou connus et les mettre sous forme de romans policiers. On nage en pleine horreur et pourtant on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages frénétiquement. On veut savoir, coûte que coûte, quitte, comme moi, à en faire des cauchemars.





Extrait :

Un quart d’heure plus tard, Kara, accompagnée de Luc et de Quint, garait sa voiture dans le parking souterrain d’un immeuble situé à deux cents mètres du sien, une place qu’elle avait négociée avec un écolo qui ne circulait plus qu’à vélo.

Tous trois se tenaient devant la rangée de boîtes aux lettres, le regard rivé vers l’une d’entre elles, qu’une enveloppe blanche encombrait. Kara glissa deux doigts dans la fente.

Une dépêche AFP reprenait le texte envoyé aux deux journalistes. Il s’agissait bien d’un titre. Un fait divers.

Un homme de 42 ans domicilié à Nanterre (92), a trouvé la mort hier après-midi, alors qu’il était en train de rénover une clôture pour le compte d’une société de travaux publics de Créteil. Les faits se sont produits au quartier de Fayolles, près de la serre abritant l’élevage de truites de Nanterre. Laurent Michat actionnait un système automatique d’enrouleur de fil de fer lorsque, pour une raison indéterminée, il s’est trouvé pris entre le bobineau et le fil. Il est mort étranglé. Une enquête a été ouverte.

La dépêche datait de la veille.

Kara émit un ricanement.

– On est même informés avant que les journaux ne soient en kiosque. Au train où vont les choses, on sera bientôt conviés sur la scène du crime.

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