Pain noir, pain blanc (tome 2) – Micheline Bail

Nous retrouvons avec plaisir toute la petite famille réunie. Eugénie a finalement réussi à rassembler tout son petit monde… enfin, presque. Car il manque Wilfrid, échappé de l’orphelinat et porté disparu. D’autres sont venus s’ajouter à la fratrie : Florence, l’amie de Marie-Blanche, orpheline ; Olivar, compagnon d’Eugénie ; Dina, fiancée d’Albert. Un beau jour, une lettre de l’enfant prodigue arrive. Le cœur de mère d’Eugénie bat la chamade. Son instinct lui avait bien dicté que son fils n’était pas mort. Cependant, sa venue va en contrarier plus d’un, d’autant plus qu’il déboule avec sa femme enceinte jusqu’aux dents !  En ces temps difficiles où tout est rationné, tout le monde va devoir faire un effort. Mais Wilfrid est bizarre. Il parle un charabia moitié anglais – moitié français que seul Albert, son frère, arrive à comprendre. Il n’a pas l’air de prendre soin de sa femme, très maigre, et encore moins du futur bébé. Sa violence et son penchant pour l’alcool aggravent son cas. Comme si la famille avait bien besoin de ça ! Mais la vie réserve des coups durs et semble s’acharner, parfois…

On ne s’essouffle pas à la lecture de ce deuxième tome. L’écriture est toujours aussi fluide et l’on tourne les pages à toute vitesse car on se met à la place d’Eugénie ou de Marie-Blanche. On suit les évolutions de chacun, les mariages, les naissances ou les morts. L’analyse sociologique est fine. Les personnages ont une véritable personnalité et apportent au lecteur une véritable connaissance des us et coutumes de l’époque. De plus, le québécois venant s’immiscer parfois au détour d’une phrase, cela apporte une pointe d’exotisme qui nous permet de nous évader.

À suivre…

 

Extrait :

— Qu’est-ce qu’il a dit, le docteur, maman ? lui demanda Marie-Blanche.

Elle tenait sa tasse de café d’une main et elle semblait avoir peur de ce qu’elle allait apprendre.

— Il a dit que votre sœur était… tuberculeuse.

— Hein ? Il est sûr de ça ?

Estella était étonnée.

— Ç’a l’air que c’est ça. Il a entendu des râles dans ses poumons, qu’il dit, pis y aurait d’autres symptômes qui peuvent pas tromper. La fatigue, les fièvres, les crachats pleins de sang, l’amaigrissement, et tout, et tout. On va nous envoyer une infirmière du dispensaire pour lui faire passer des tests… pis… à nous aussi. On risque tous d’être atteints si…

— Si vous vous débarrassez pas de la pestiférée !

Eugénie échappa un petit cri de surprise. Elle reprit néanmoins, comme si elle n’avait pas entendu la remarque désespérée de Simone, tout en adoucissant quelque peu le message.

— Le docteur a poussé fort pour que Simone entre à l’Hôpital Laval, pour se faire soigner. Il dit que le sanatorium est nécessaire dans son cas. Sans compter le risque de… contagion. Ça s’attrape, la tuberculose.

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