Adieu Gloria – Megan Abbott

 

Quatrième de couverture :

A partir de faits divers des années 50, Abbott met en scène, dans ce roman comme dans les suivants, des relations perverses entre femmes. Ici, une jeune personne ordinaire raconte comment, lasse de son petit job et d’avoir à s’occuper de son père, elle est repérée par la reine du Milieu, célèbre pour ses jambes et le sang froid avec lequel elle règle différentes opérations criminelles (jeu, alcool, courses) pour le compte de la Mafia. Gloria Denton « pygmalionne » la petite, essaie d’en faire sa digne héritière. Jusqu’au jour où la protégée tombe sous le charme d’un bon à rien, joueur flambeur et cynique. Et se laisse convaincre de trahir son mentor. L’engrenage est fatal et la fureur de Gloria, phénoménale. La gamine assiste au meurtre de son amant mais ne veut pas perdre tout ce qu’elle a acquis. Comment faire pour s’en sortir sans encombre ? L’écriture de Megan Abbott est un tour de force : sèche et rythmée, elle se joue de l’argot de l’époque, dégage une ambiance,sexy et vénéneuse, de danger et de tension permanents. C’est noir comme du Willeford, opaque, étouffant et brillantissime.

 

Mon avis :

Voici un roman noir qui se lit avec une facilité déconcertante et qui, pourtant, ne peut laisser indifférent. On est loin de tous les schémas classiques  des polars et c’est justement un des facteurs qui le démarque. Point d’hommes dans ce roman, du moins en rôle principal. Les rares figurants masculins – et j’emploie à dessein le terme cinématographique – tels que le mort ou Clancy, l’inspecteur, n’ont qu’un rôle de seconde zone. Toute l’intrigue tourne autour de deux femmes: Gloria et la narratrice. On assiste ici à un machiavélisme au féminin, sans borne, limite pervers car touchant à l’intellect. L’écriture est au service de l’histoire: concise, familière lorsqu’il le faut, elle est mimétique de ce qui se trame tout au long de l’histoire.

Megan Abbott a reçu le prestigieux prix Edgar Award pour ce roman.

Il est amplement mérité. 

 

Extrait :  

L’inspecteur Clancy était exactement comme on l’aurait imaginé. Une bouille rougeaude d’Irlando-Ecossais, des mains rudes, toujours collées à ses hanches, une barre de cheveux bouffants qui flottaient au-dessus de son front comme un écolier. des yeux mauvais, des cils longs où se nichait quelque chose de froid et de fourbe.

Il me regarda comme s’il me connaissait. Comme s’il savait tout de moi. (…)

Mais j’étais nerveuse, bien sûr. D’avoir vu le zozo à la casquette, en bas, les trucs qu’il m’avait sortis, son regard pressant et désespéré. Et puis, j’avais aussi l’impression de sentir encore la terre grumeleuse sous mes ongles, après le pillage de tombe de la veille au soir. Sans la forte dose de médocs que j’avais absorbée, j’aurais tremblée comme une vierge la veille de la nuit de noces.

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18 réflexions sur “Adieu Gloria – Megan Abbott

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