L’été du secret – Michèle Gazier

Michèle Gazier [XXe-XXIe s] Mich%C3%A8le-gazier

Je transfère mes anciennes fiches !


Quatrième de couverture : 

Le pire n’est jamais sûr, répète Lisa. Pourtant, le séjour linguistique en Espagne imposé par son père tombe mal. Quand on est en Terminale et qu’on a des copains qui partent à la mer, on a mieux à faire que de réviser ses conjugaisons. Même lorsqu’on est fille et petite-fille d’immigrés espagnols. Difficile d’imaginer ce qui va se jouer dans cette vallée brûlée, berceau de la famille de Lisa, où tant de vieux secrets vont se mettre à transpirer. La jeune fille comprendra enfin pourquoi sa grand-mère n’a jamais voulu parler de sa vie passée, de son mari, mort pendant la construction d’un barrage dont il était le maître d’œuvre. Le pire n’est jamais sûr, c’est vrai. Mais pourquoi la vérité est-elle si difficile à dire ? 

Mon avis : 

Lorsque Lisa, lycéenne en terminale littéraire, ramène de médiocres résultats en langue vivante, et notamment en espagnol, son père explose. Lui qui est né de l’autre côté des Pyrénées ne saurait accepter que la chair de sa chair ne sache pas parler cette langue qui lui est si chère. Lisa est donc envoyée chez Juan et Teresa Bohigas, les cousins paternels, près de Lérida (ou Lleida), en Catalogne, afin de faire une immersion totale et de progresser. Une seule règle : ne jamais parler français. Si Lisa n’est que peu charmée de cette nouvelle, elle est loin de s’attendre au tournant que vont prendre ses vacances linguistiques. 

En effet, un secret pèse dans cette maison autant que dans cette famille : la mort de Federico Loma, le grand-père de Lisa. Personne ne veut en parler, les photos sont soigneusement cachées… Et lorsque la jeune fille se promène dans le petit village de Trisco, les habitants font de suite référence à son grand-père sans en dire plus. L’atmosphère devient pénible et Lisa tente d’en savoir plus, notamment avec le neveu de Juan, Julio. Mais la tâche s’avère ardue et Lisa est d’imaginer ce qui l’attendait…

Voici un roman très intéressant qui se lit très vite, d’autant plus vite que le suspense devient vite un moteur et que l’on a envie de savoir ce qu’il est réellement arrivé à Federico Loma. Le style est très fluide, très agréable. Il ne s’embarrasse pas de fioritures, ce qui est totalement en accord avec l’histoire racontée. Michèle Gazier joue beaucoup sur les non-dits, sur la psychologie des personnages, donnant ainsi une certaine dimension à ce texte. 

Je ne connaissais pas du tout cette romancière mais il va sans dire que je lirai ses autres romans.

Six-Coups – Anne-Claire et Jérôme Jouvray

En premier lieu, merci à Belette de m’avoir fait connaître cette BD. Je ne suis pourtant pas amatrice du Far-West mais là, ce n’est pas la même chose… D’abord parce que les personnages principaux sont des enfants, ensuite parce que j’aime beaucoup la façon dont cela est dessiné.

Dans le premier tome, le jeune Eliot, dix ans, reçoit un revolver pour son anniversaire. Ce cadeau, venant de son père, fait plus plaisir à celui-ci qu’à son rejeton, qui déteste les armes. Il faut dire que le papounet est le shérif de la ville. Celui-ci va l’entraîner et découvrir qu’Eliot tire à la perfection. Inutile de vous dire qu’il ne va pas le lâcher et que sa fierté a fait un bond puissance mille. Ce revolver va également faire plaisir à l’amie du garçonnet, Bianca. Le duo Bianca-Eliot me fait penser à Tom Sawyer et Huckleberry Finn. La fillette est sale, elle passe son temps dans la forêt avec lardon, son cochon (j’adore !), et est un vrai garçon manqué. Quand elle voit le revolver d’Eliot, elle ne peut pas s’empêcher de le tester… ce qui va entraîner toutes les péripéties de l’album.

Une fois le tome 1 fini, j’ai enchainé aussitôt avec le 2ème. Eliot est monté en grade : son père l’a nommé shérif-adjoint. Et ses déboires ne vont pas s’arrêter là puisqu’un certain Johnson, riche homme d’affaires, va venir s’installer en ville et ouvrir un magasin d’armes. Mais en bon commerçant, il va inonder la ville de sa camelote et armer jusqu’aux enfants…

J’ai trouvé ces deux albums très intéressants. Au-delà de l’humour et de la fraîcheur des personnages et des dessins, les thèmes abordés sont non seulement importants mais encore d’actualité : la maltraitance des enfants, le port d’armes, les commerçants véreux…

À lire absolument !

Les enfants de Mozart

Je referme la « saga » Mozart avec ce billet sur ses enfants.

Mozart et Constanze se marièrent le 4 août 1782. Dix mois plus tard, le 17 juin 1783, Raimund Leopold vit le jour. Malheureusement, de constitution fragile, l’enfant décéda le 19 août de la même année. Le 21 septembre 1784, naquit le petit Karl Thomas, premier fils du couple qui survivra. Puis vint, le 18 octobre 1786, Johann Thomas Leopold qui ne vivra qu’un mois (décédé le 15 novembre). 

La première fille, Theresia Constanzia Adelheid Anna Maria Friedricke n’eut pas plus de chance. Née le 27 décembre 1787, elle mourut le 29 juin 1788. Le cinquième enfant du couple, une fille également, prénommée Anna Maria, mourut à sa naissance, le 16 novembre 1789. Enfin, le dernier garçon, Franz Xaver Wolfgang vit le jour le 26 juillet 1791. Tout comme son frère ainé, il survivra. 

Franz et Karl peints par Hans Hansen en 1798

L’aîné des deux frères, Karl, écrira en 1856 : « Par une décision souveraine de ma mère, il fut arrêté que ce ne serait pas moi, mais mon frère, âgé de deux ans à peine, qui deviendrait musicien ; je n’en fus pas satisfait à l’époque, mais par la suite, après mûre réflexion, j’en fus très content, m’étant persuadé que les fils d’un père qui s’est illustré ne doivent jamais courir la même carrière, car, même en possession de plus grands talents que ceux que je reconnais en moi, ils ne peuvent jamais répondre aux exigences placées en eux. Cette conviction qui s’était malheureusement aussi enracinée chez mon frère aujourd’hui décédé, l’avait indisposé, rendu méfiant de son propre talent qui n’était vraiment pas ordinaire, empoisonné, et à peut-être même abrégé sa vie. » Le ton est donné. Il est en effet difficile d’être le rejeton du petit génie. Karl s’installa à Milan en 1805. Il apprit la musique, de 1806 à 1810, avec Bonifazio Asioli, grand compositeur et directeur des études au conservatoire. Karl lui avait été recommandé par Haydn. Il rentra ensuite au service d’Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie. Il mourut le 31 octobre 1858. Il n’eut pas d’enfant. 

Karl Thomas Mozart, Daguerréotype de 1856

Franz Xaver ne connut pratiquement pas son père. Il n’avait que 4 mois 1/2 lorsque celui-ci décéda. L’anecdote veut que Mozart ait entendu son fils pleurer et reproduire un son identique à celui qu’il venait de faire au piano. Celui-ci se serait alors exclamé: « C’est bien un Mozart ! » Et voilà bien ce qui explique ce que dit Karl. Constanze aurait alors décidé, à partir de là, que Franz serait le digne héritier de Wolfgang. Il reçut alors une éducation musicale avec des professeurs de renom: Antonio Salieri et Johann Nepomuk Hummel. Franz devint un compositeur de talent, chef d’orchestre, pianiste. il signa souvent ses compositions du nom de Wolfgang Mozart. Tout comme son frère, il resta célibataire et n’eut aucun enfant. Il s’éteignit le 29 juillet 1844.

Franz Xaver Wolfgang (dit Wolfgang Junior) peint par Karl Gottlieb Schweikart en 1825.

Constanze Weber, femme de Mozart

Portrait de Constanze Mozart. BPK, Berlin, RMN-Grand Palais, Alfredo Dagli Orti

Née le 5 janvier 1762, Constanze Weber est la troisième fille (sur quatre) de Fridolin et Caecilia. Cette famille de musiciens n’était pas sans rapport avec le grand Carl Maria Von Weber puisqu’il n’était autre que leur cousin germain.  La famille se situe sur le même plan social que celle des Mozart.

Wolfgang fera d’abord la connaissance de la deuxième fille, Alysia (ou Aloysia) lors d’une tournée à Mannheim, en 1777. C’était là où habitait la famille Weber à l’époque. Il veut l’épouser. Mais Léopold, son père, refuse cette union de peur que son génie de fils abandonne la musique. On connaît la suite: Mozart part à Munich et Alysia ne l’attendra pas. Elle épousera entre-temps (1780)  Joseph Lange, acteur et peintre. La famille Weber déménage à Vienne à la mort du père. Caecilia a encore trois filles célibataires à nourrir. Pour s’en sortir, elle prend des pensionnaires. Le destin fera que Wolfgang, lors d’un passage à Vienne, séjournera à la pension. Il fait alors la connaissance de Constanze. Ils se marient le 4 août 1782. Cette fois, le petit génie n’attendra pas la bénédiction paternelle. Leurs dix années de vie commune verront naître six enfants. Seuls deux survivront, Karl Thomas et Franz Xaver.

Constanze a souvent été critiquée. On la décrit de santé fragile, souvent alitée. Il semblerait qu’elle souffrait d’ulcères variqueux. Sur le plan financier, on l’accusa de frivolités. Le couple menait grand train sans en avoir les moyens. Mozart n’aura connu que la ruine. Sa sœur dira, en 1793, dans des notes: « Hormis en musique, il fut et demeura presque toujours un enfant, et cela est le trait principal de son caractère, du côté de l’ombre. Il aurait toujours eu besoin d’un père, d’une mère ou d’un mentor. Il était incapable de compter avec l’argent, il épousa contre la volonté de son père, une jeune fille qui ne lui convenait pas; ce fut la cause d’un grand désordre domestique au moment de sa mort et après. »

Constanze fut donc veuve à 29 ans, avec deux enfants en bas-âge. Elle réussit à toucher une pension. Elle fit la promotion des œuvres de son époux et, peu à peu, se constitua une petite fortune. Elle se remaria à l’âge de 47 ans, en 1809, avec un danois, Georg Nikolaus von Nissen. Celui-ci mourut en 1826. Elle fut rejointe par ses sœurs, notamment Alysia, qui vécut avec elle jusqu’à sa mort. Elle s’occupa également de la sœur de Wolfgang, Nannerl, devenue aveugle. 

Anna Maria, mère de Mozart.


Portrait non signé peint vers 1775.

Anna Maria Walburga Pertl est née le 25 décembre 1720 à St. Gilgen. Elle est issue d’une famille plutôt aisée. Elle est la fille de Nicolaus Pertl, sous-préfet, et d’Eva Rosina. On sait peu de choses de cette femme, si ce n’est qu’elle épousa, en 1747, Léopold Mozart et qu’elle donna naissance à 7 enfants. Les deux survivants allaient devenir deux petits génies musicaux. Malheureusement, seul un restera dans l’Histoire : Wolfgang.

On sait qu’elle accompagna son fils dans les tournées lorsque le père ne pouvait pas y aller. En effet, Léopold ne pouvait pas toujours obtenir un congé.

C’est justement pendant une tournée qu’Anna Maria fut prise de fièvres. Sans le sou ou presque, les chambres que louait le petit prodige étaient froides et miteuses.  Le 3 juillet 1778, elle s’éteignit, à Paris. Elle fut inhumée dans le cimetière de la paroisse Saint-Eustache.  

Le registre de lecture précise : « Le jour dit, Marie-Anne Pertl, âgé de 57 ans, épouse de Léopold Mozart, maître de chapelle à Salzbourg, en Bavière, décédée hier à Rue du Groschenet, a été inhumée dans le cimetière en la présence de Wolfgang Amédée Mozart, son fils, et de François Heina, trompettiste dans la cavalerie légère de la Garde royale, un ami.  »