Les travaux et les jours – M. Vinaver

Michel Vinaver [XXe / XXIe s] Image

Fiche écrite en 2015. Je recycle !

Cette comédie dramatique écrite en 1977 est plutôt originale. En effet, elle mêle l’amour au monde du travail. Si cela devient courant dans la vie quotidienne, avouez quand même qu’il y a très peu de pièces de théâtre sur le sujet. On se retrouve presque, ici, à épier les faits et gestes des employés du service après-vente de l’entreprise Cosson, spécialisée dans les moulins à café. Car si la société sert de décor, ce sont bien les « coulisses » qui intéressent Michel Vinaver. Jaudouard est le chef de service d’une équipe composée de Guillermo (technicien), d’Anne, d’Yvette et de Nicole, les standardistes. Guillermo et Nicole sont en couple. Quant à Jaudouard, il joue sur deux tableaux puisqu’il courtise Anne et Yvette. Mais comme rien n’est simple, Anne est amoureuse du technicien.

Le dramaturge passe ici à la moulinette les relations, les discussions (ou plutôt les flux de paroles ininterrompues, flux traduits par une absence de ponctuation ou presque), bref tous les petits détails qui tournent autour de l’emploi en lui-même.

Atelier 3 chez Le Rimarien

Pixelie25 nous propose cette fois de faire un poème dont tous les vers se termineront par le son U.

Turlututu chapeau pointu ! criait le Père Ubu,

qui n’était autre qu’un hurluberlu,

au Roi de Pologne combattu.

Mon héros ! gloussait la mère Ubu,

qui le trouvait couillu

d’avoir ainsi exclu

du trône le vaincu.

Merdre ! corrompu je fus, dit le Père Ubu,

par la Mère, qui m’a convaincu.

Mais il faut que je la rétribue

si je veux la paix revenue,

sinon, tout est foutu !

Le Scénar – Philippe Pratx

Quatrième de couverture :

Le Scénar, c’est l’histoire – mais est-ce bien une histoire? – de quelques personnages qui ont découvert le texte anonyme d’un scénario de cinéma. Quand on découvre le manuscrit d’un «scénar», que peut-il se passer ? 
Roman allégorique qui explore la relation que nous avons avec la réalité et la fiction, Le Scénar est aussi une déclaration d’amour au road movie…, nourri d’inspirations fantastiques, politiques, philosophiques…

Mon avis :

Si j’ai remis hier la fiche que j’avais écrite en 2015 sur Le soir, Lilith, ce n’est pas pour rien 😉. En effet, l’auteur semble aimer le monde du cinéma et nous replonge dans cet univers avec son nouveau roman au titre évocateur, Le Scénar.

Quand je lis la première phrase de l’avertissement : « Ce livre n’est pas très sérieux », je me dis qu’il est fait pour moi et que je vais me régaler à sa lecture. Pour faire vite, nous avons trois personnages, Lola, qui fait des études de cinéma, et ses amis, les jumeaux Théo et Léo. Ces derniers découvrent un scénario sur une clé USB au nom mystérieux. Ils veulent en savoir plus…

J’ai apprécié ce roman. D’abord par son histoire, originale, aux multiples références. On se balade dans les films, la musique également… Bref, tout y est pour nous plaire. Ensuite, par son écriture, oscillant entre récit et scénario, collant au plus près, justement, avec le livre. C’est bien joué, très bien joué même, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots. Et n’oublions pas, enfin, un petit personnage à quatre pattes, le chaton Emo… Comment ne pas craquer ?

Merci Philippe de m’avoir fait confiance en m’offrant votre nouvel opus.

Le soir, Lilith – Philippe Pratx

pratx - Philippe Pratx [XXe / XXIe s] 100140971

Fiche écrite en 2014. Je recycle !

Quatrième de couverture :

Alors qu’il met en ordre les éléments épars d’une possible future biographie d’une star du cinéma muet qu’il a fréquentée dans sa jeunesse, un écrivain reçoit la visite d’une étrange journaliste qui le presse de lui en dévoiler davantage sur la fameuse Eve Whitefield, plus connue sous le nom de Lilith… Dès lors, filmographie, notes manuscrites, souvenirs brumeux se mêlent pour tisser un canevas qui ne parvient pourtant pas à dresser un portrait fidèle d’un personnage hors du commun, jusqu’à ce que la journaliste dévoile à l’auteur une facette inconnue de l’actrice…

Mon avis : 

Je vais être honnête, lorsque l’auteur m’a contactée pour me demander si j’acceptais de lire son livre et d’en faire la critique, je n’ai pas sauté de joie. Il est tombé dans une période où je n’étais pas vraiment disponible. De plus, le titre et la couverture du roman ne m’emballaient pas plus que ça. Vous voyez un peu l’atmosphère… Pourtant, la quatrième de couverture me plaisait bien, elle.Très gentiment, Philippe Pratx a accepté d’attendre. Pourquoi tout ce laïus ? Pour que vous compreniez dans quel état j’étais lors de ma lecture. Oui, il fallait vraiment que ce livre associe tous les talents pour que je le lise jusqu’au bout. Et c’est bien le cas. L’écriture est magnifique. L’histoire ne l’est pas moins. La structure du récit, polymorphe, est bien trouvée. Pourtant (oui, je sais, j’ai décidé de râler), en général, je n’aime pas vraiment ça. À la fois roman noir et scénario, ce texte nous emmène dans le monde cinématographique des années folles. Un retour en arrière permettant des références culturelles. Et puis, n’oublions pas ce titre : Lilith, référence à la première femme d’Adam, un démon, une femme fatale, révoltée. Et Ève, bien sûr, l’officielle… Il fallait le trouver et l’on comprend le titre une fois l’oeuvre lue. Au final, tout s’agence : titre, couverture… On voit là tout le travail d’orfèvre de l’auteur. Je salue sa performance !

Les Plumes chez Émilie : Flamme

Voici la liste des mots à insérer : Bois, incendier, éteindre, vive, danse, déclarer, passion, lance, lampe, long, poudre, pyromane, protéger. Voici mon texte :

L’incendie

– Docteur, venez-vite ! Docteur !!!

Louis Paillon se réveilla en sursaut et alluma sa lampe. Quelqu’un criait sous sa fenêtre. Mais quelle heure était-il donc ? « Voilà, voilà, j’arrive ! » grommela t-il en enfilant son pantalon. Les cheveux en bataille, les yeux bouffis de sommeil, il ouvrit sa porte qui émit un grincement significatif de ces vieilles demeures ayant du vécu.

– Hortense ? Que se passe-t-il ? Quelqu’un est malade chez vous ?

Hortense était la dame qui s’occupait d’entretenir l’intérieur de la maison du médecin. Il savait qu’un de ses enfants était de santé fragile.

– Non, Docteur, c’est pour les Martin, leur ferme brûle !

– Que dîtes-vous ?

Cette fois, Louis était bien réveillé. « Vite, prenons ma voiture » dit-il en attelant le cheval. Vous m’expliquerez sur le chemin.

– Le feu s’est déclaré dans le petit bois, à la lisière de leur ferme. Les voisins sont sur place mais ils n’arrivent pas à l’éteindre. Il leur faudrait une lance à eau. Ils n’ont que des seaux. La paille de la grange d’à-côté a pris comme une traînée de poudre. On imagine que c’est encore l’acte de ce pyromane qui traine dans le coin et qui avait incendié la ferme des Tonnelier et la grange des Brousson. Il parait que certains aiment voir le feu qui danse et crépite, la couleur vive des flammes. C’est une passion qui les pousse à passer à l’acte…

– Et Rosalie et Toinou ?

– Je ne sais pas encore, c’est pour ça que je suis venue vous chercher.

Louis faisait courir son cheval comme jamais. Il espérait que les deux allaient bien. Que ce trajet lui paraissait long d’un coup ! Il sentait l’odeur du brûlé et commençait à percevoir les lueurs de l’embrasement. Il arrêta sa voiture sans même attacher sa bête. Tout était dévasté. Ses yeux cherchèrent au milieu des voisins un visage connu. Soudain, il vit quelqu’un arriver sur lui et s’effondrer dans ses bras.

– Docteur, merci d’être venu. Qu’allons-nous devenir à présent ? Nous n’avons plus rien.

– Rosalie ! Ma pauvre, tout va bien ? Où est Toinou ?

– Là-bas, il est choqué mais il va bien.

Elle essaya d’appeler son fils mais son cri se perdit dans un sanglot. Louis la prit par les épaules et rejoignit Antoine, accroupit dans un coin, la tête entre ses mains.

– Ne restons pas là, ça ne sert à rien. Allons chez moi, il y a largement de la place pour trois.

– Mais que diront les gens ?

– Ce qu’ils veulent… Le rôle d’un médecin n’est-il pas de protéger ?