Les Plumes chez Émilie : Flamme

Voici la liste des mots à insérer : Bois, incendier, éteindre, vive, danse, déclarer, passion, lance, lampe, long, poudre, pyromane, protéger. Voici mon texte :

L’incendie

– Docteur, venez-vite ! Docteur !!!

Louis Paillon se réveilla en sursaut et alluma sa lampe. Quelqu’un criait sous sa fenêtre. Mais quelle heure était-il donc ? « Voilà, voilà, j’arrive ! » grommela t-il en enfilant son pantalon. Les cheveux en bataille, les yeux bouffis de sommeil, il ouvrit sa porte qui émit un grincement significatif de ces vieilles demeures ayant du vécu.

– Hortense ? Que se passe-t-il ? Quelqu’un est malade chez vous ?

Hortense était la dame qui s’occupait d’entretenir l’intérieur de la maison du médecin. Il savait qu’un de ses enfants était de santé fragile.

– Non, Docteur, c’est pour les Martin, leur ferme brûle !

– Que dîtes-vous ?

Cette fois, Louis était bien réveillé. « Vite, prenons ma voiture » dit-il en attelant le cheval. Vous m’expliquerez sur le chemin.

– Le feu s’est déclaré dans le petit bois, à la lisière de leur ferme. Les voisins sont sur place mais ils n’arrivent pas à l’éteindre. Il leur faudrait une lance à eau. Ils n’ont que des seaux. La paille de la grange d’à-côté a pris comme une traînée de poudre. On imagine que c’est encore l’acte de ce pyromane qui traine dans le coin et qui avait incendié la ferme des Tonnelier et la grange des Brousson. Il parait que certains aiment voir le feu qui danse et crépite, la couleur vive des flammes. C’est une passion qui les pousse à passer à l’acte…

– Et Rosalie et Toinou ?

– Je ne sais pas encore, c’est pour ça que je suis venue vous chercher.

Louis faisait courir son cheval comme jamais. Il espérait que les deux allaient bien. Que ce trajet lui paraissait long d’un coup ! Il sentait l’odeur du brûlé et commençait à percevoir les lueurs de l’embrasement. Il arrêta sa voiture sans même attacher sa bête. Tout était dévasté. Ses yeux cherchèrent au milieu des voisins un visage connu. Soudain, il vit quelqu’un arriver sur lui et s’effondrer dans ses bras.

– Docteur, merci d’être venu. Qu’allons-nous devenir à présent ? Nous n’avons plus rien.

– Rosalie ! Ma pauvre, tout va bien ? Où est Toinou ?

– Là-bas, il est choqué mais il va bien.

Elle essaya d’appeler son fils mais son cri se perdit dans un sanglot. Louis la prit par les épaules et rejoignit Antoine, accroupit dans un coin, la tête entre ses mains.

– Ne restons pas là, ça ne sert à rien. Allons chez moi, il y a largement de la place pour trois.

– Mais que diront les gens ?

– Ce qu’ils veulent… Le rôle d’un médecin n’est-il pas de protéger ?