Les défis du 20 : Lettre I

Les règles sont ici. C’est Vonnette qui est aux manettes avec la lettre I. Elle nous a d’abord proposé ICEBERG et IGUANE. Puis, se rendant compte qu’il fallait un mot abstrait, elle a changé l’iguane en INSOUCIANCE. Mais ça n’arrangeait pas mon affaire car j’avais déjà préparé mon billet… Donc vous aurez les 3 mots dedans et pis c’est tout !


Un iguane sur un iceberg, a-t-on déjà vu ça ? Même chez La Fontaine on ne le trouve pas. Mais avec le changement de climat, l’iguane n’aura t-il pas envie d’être un peu au frais ? Ou, à force de fondre, les icebergs ne se retrouveront-ils pas à des endroits improbables ? Ceci dit, la bestiole ne fait-elle pas preuve d’insouciance en risquant une pneumonie ?

Vous avez 2h ! Je ramasse les copies ensuite. 😄

Les contes du chat perché – Marcel Aymé

Marcel Aymé [XXe s] Marcel-Ayme-Contes-Folio-2

« Ces contes ont été écrits pour les enfants âgés de quatre à soixante-quinze ans. Il va sans dire que par cet avis, je ne songe pas à décourager les lecteurs qui se flatteraient d’avoir un peu de plomb dans la tête. Au contraire, tout le monde est invité. Je ne veux que prévenir et émousser, dans la mesure du possible, les reproches que pourraient m’adresser, touchant les règles de la vraisemblance, certaines personnes raisonnables et bilieuses. » Voici un extrait de la préface de ce livre, sorte d’avertissement au lecteur. Car ce livre peut se lire à divers degrés. Ainsi, je l’ai découvert lorsque j’étais à l’école primaire, en CE1 ou CE2. Je me souviens que lorsque l’institutrice prenait le bouquin, c’était alors une bonne heure de lecture. Oui, j’ai eu la chance d’avoir une enseignante qui nous lisait, plusieurs fois par semaine, en fin de journée, lorsque les cerveaux étaient fatigués, des livres passionnants. Et j’attendais ce moment avec impatience. Les histoires de Delphine et Marinette me transportaient dans un autre monde…

Avec du recul, et avec quelques années de plus (oh, juste quelques-unes, hein !), je me rends compte que finalement, les histoires des deux fillettes ne sont pas si idylliques que ça. Leurs parents sont des monstres qui maltraitent les animaux et considèrent que leur progéniture n’est pas des plus intelligentes. On comprend dès lors que l’innocence de Delphine et Marinette leur permet de pouvoir converser avec leurs animaux, êtres également purs et innocents au demeurant. D’ailleurs, c’est toujours auprès d’eux qu’elles trouveront du réconfort. 

Lorsqu’on réfléchit sur les contes et les récits imaginaires s’adressant aux enfants, il en ressort souvent le même constat : les contes ne sont pas vraiment faits pour les enfants. Ils sont plus là pour éduquer les parents et leur faire passer un message. Comment ? Les auteurs avaient tout compris : n’est-ce pas, le plus souvent, les parents qui lisent les contes aux enfants ? 

Bien évidemment, il ne faudra pas se méprendre sur le titre. Le chat Alphonse n’est pas, à proprement parler, le personnage principal. Ceci dit, il ouvre les contes puisqu’on découvre d’entrée de jeu qu’il est un allié de poids pour les fillettes : ces dernières, pour avoir cassé un plat, se retrouvent punies et doivent aller chez leur affreuse tante. Alphonse, qui a le pouvoir de faire pleuvoir en se passant la patte derrière l’oreille déclenche un véritable déluge afin que les petites puissent rester chez elles. Mais toute cette eau abîme les récoltes et les parents veulent le noyer. Il sera sauvé par tous les animaux de la ferme. Ainsi débutent les contes. Je vous laisse à présent les découvrir et passer un bon moment en leur compagnie.

La chèvre d’or – Paul Arène

Paul Arène [XIXe s] Image

Paul Arène, auteur provençal complètement oublié de nos jours, est un contemporain d’Alphonse Daudet. D’ailleurs, ils furent amis et écrivirent, ensemble, bon nombre de chroniques qui devinrent ensuite Les Lettres de mon moulin.

La Chèvre d’or est, en fait, une légende reprise par plusieurs auteurs, dont Frédéric Mistral. Paul Arène situe l’histoire en Provence orientale et non dans les Alpilles. « J’avais rencontré la Chèvre d’Or dans tous les coins de Provence, aux Baux, à Gordes, à Vallauris. partout la légende se rattachait aux souvenirs de l’occupation sarrasine, et partout il s’agissait d’une chèvre à la toison d’or, habitant une grotte pleine d’incalculables richesses et menant à la mort l’homme assez audacieux pour essayer de la traire ou de s’emparer d’elle… » La chèvre, animal fabuleux, serait la gardienne d’un trésor laissé par les Maures. Ceux qui l’ont vue et ont tenté de la suivre ne sont jamais revenus… Brrrrr…

Ce fut un vrai plaisir de lire cette légende sous la plume de cet auteur qui en a profité – et on ne va pas le lui reprocher – pour magnifier les paysages de cette belle région : « j’aurais pu, avec cet horizon d’eaux miroitantes, de tamaris en dentelle sur l’or du couchant, et le clairin d’Arlatan qui tintait, me croire au bord du Vaccarès, dans quelque coin perdu, entre la tour Saint-Louis et les Saintes. »

Je ne connaissais ni l’auteur ni la légende avant de trouver ce livre mais je peux vous dire que je vais lire d’autres œuvres de cet écrivain prolixe.

Histoire de la croisade du roi Louis VII – Odon de Deuil

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Odon (ou Eudes) est né vers 1100, très certainement à Deuil-la-Barre, du côté de Montmorency. Moine à l’abbaye de Saint-Denis, l’Abbé Suger le remarqua et exploita ses talents. Il en devint le confident. Il fut appelé pour accompagner le roi Louis VII en Terre sainte. Il en fut le chapelain et le secrétaire. À la mort de Suger, le 13 janvier 1151, Odon fut élu à l’unanimité comme Abbé de Saint-Denis. Les premières années ne furent pas des plus calmes. Il fut accusé de dettes.

Son récit montre les deux années désastreuses de Louis VII en croisade (1147-1149). Il précise dans sa préface que son récit n’est qu’une contribution au récit de Suger : « Vous donc, à qui il appartient de droit d’écrire la vie du fils, après avoir auparavant mis en lumière, par votre plume, la vie du père ; vous qui devez vos hommages à l’un et à l’autre, ayant joui de la plus grande faveur auprès de chacun d’eux, écrivez aussi pour le fils, à partir de son enfance et du moment où la vertu a commencé à paraître en lui. Vous le savez mieux que tout autre, car vous l’avez vu, comme un père nourricier, dans la plus intime familiarité. Pour moi, quoique je sois embarrassé pour écrire, comme je n’ignore point les choses qui se sont passées dans le voyage vers le saint sépulcre (car, en ma qualité de chapelain, j’ai été habituellement auprès du roi, et lorsqu’il se levait et lorsqu’il se couchait), je vais, pour ainsi dire, en balbutiant, vous présenter la vérité, que vous ornerez ensuite de votre éloquence littéraire. Ne craignez donc point de faire ce que vous devez faire, quand même vous apprendriez que beaucoup d’autres veulent usurper cette tâche ; mais plutôt ayez pour agréable qu’il obtienne les louanges de beaucoup d’hommes, celui qui a mérité les louanges de tous. »

Bien entendu, le texte n’est pas objectif, on s’en doute. Odon fait la part belle au roi et accuse les grecs et les germaniques d’être à la source de la défaite de cette croisade. Il répète à tout-va que les grecs sont perfides. Quant aux germaniques, il les fait passer pour des imbéciles. Son style est remarquable par sa virulence. Son témoignage apporte énormément aux historiens car il est précis.

Odon mourut le 08 avril 1162.

Le texte, en latin, fut traduit en français dès le XIIIe siècle. Il est, à ce jour, conservé dans un manuscrit unique du XVe siècle.

Extrait :

Après cette petite digression, occupons-nous maintenant de conduire les Allemands à Constantinople, et même de les faire traverser au delà, car ces faits doivent être racontés comme ils se sont passés. Les Allemands donc s’avancèrent avec assez d’audace et peu de prudence ; car tandis qu’ils trouvaient sur ce territoire toutes sortes de richesses, et n’observaient aucune modération, leurs hommes de pied demeuraient en arrière dans un état d’ivresse, étaient massacrés, et leurs cadavres restant sans sépulture infectaient tout le pays. Aussi les Grecs armés étaient-ils moins dangereux que les Allemands morts pour les Français qui marchaient à leur suite. Arrivés à Andrinople, les Allemands trouvèrent des hommes qui voulurent leur interdire le passage par Constantinople, tantôt en leur résistant, tantôt en leur donnant des conseils, et qui leur assurèrent qu’ils trouveraient à Saint-Georges de Sestos un bras de mer plus étroit et un sol plus fertile. Mais l’empereur des Allemands dédaigna également et ceux qui voulaient résister et les donneurs de conseil. Poursuivant sa marche comme il avait commencé, à peu près au milieu de son chemin, il trouva une prairie arrosée par une certaine petite rivière ou plutôt un torrent, qui se jetait tout près de là dans la mer. Ils dressèrent leurs tentes pour passer la nuit en ce lieu ; mais bientôt il tomba sur eux une pluie qui ne fut pas bien forte sur ce point, à ce que j’ai entendu dire, mais qui fut telle dans les montagnes, qu’ils en furent emportés, plus encore que mouillés. Le torrent gonflé et coulant rapidement, enveloppant et enlevant dans sa marche toutes les tentes qu’il rencontrait, et tout ce qu’elles contenaient, les précipita dans la mer voisine, et noya même plusieurs milliers d’hommes.

Être bourré comme un coing

Allez, ça fait longtemps que je n’ai pas fait un billet sur l’étymologie !

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Pour cette expression, deux hypothèses sont avancées. La première est celle d’Alain Rey, qui fait une analogie avec la rondeur du fruit et le fait qu’en argot, on dise également « être rond » pour signifier l’état de quelqu’un après quelques verres d’alcool ! Mouais… admettons ! J’avoue ne pas trop le suivre là car il y a bien d’autres fruits plus ronds : pommes, oranges, cerises, melons… Bref, on ne va pas en faire une salade !!! (Non, je n’ai absolument rien bu) !

La deuxième hypothèse est celle de Gaston Auguste Esnault, spécialiste de l’argot. Selon lui, il y aurait eu homonymie entre le fruit et la cale que l’on met en général pour coincer quelque chose :

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Et comme il n’y a plus d’espace en général entre la dite chose et ce coin, ce dernier est « bourré ».

Et sinon, les deux-là, ils avaient pris quoi en apéro ???