Léviathan – Andreï Zviaguintsev

Le Léviathan est connu dans la mythologie pour être un monstre. Il apparaît également dans la Bible. Il s’agit d’un énorme serpent de mer et, de ce fait, on peut le voir de façon métaphorique comme des forces invisibles créées par un regroupement, une association d’individu.

Andreï Zviaguintsev va ainsi intituler son film pour désigner la corruption de l’État.  Son personnage, Kolia, rappelle celui de Job dans la Bible. Kolia habite dans une maison qu’il a construite de ses propres mains près de la mer de Barents. Il fait l’objet d’une procédure d’expropriation mise en place par le maire qui voudrait récupérer le terrain afin d’en faire, apparemment, un centre de télécommunications. Mais Kolia est attaché à ce lieu où ont vécu son grand-père et son père. Il fait appel à son ami, Dmitri, avocat, pour essayer d’obtenir une somme plus importante que celle proposée. Mais il va se heurter à des obstacles, privés et publics…

Le réalisateur a mis en scène un fait divers. Cependant, il montre de façon admirable l’association État/Église, association puissante contre laquelle un homme seul ne peut rien. Le maire, ici, a du sang sur les mains mais il est appuyé par le chef de la police, madame le Procureur, la juge, l’évêque… bref, tous ceux qui détiennent une certaine puissance. Zviaguintsev met également en relief la trahison, souvent amenée, justement, par la perspective du pouvoir.

J’ai vraiment apprécié ce film tourné de façon admirable. Cet homme se battant, seul, dans un univers glauque, luttant pour sa liberté, ne peut qu’avoir notre empathie.