Léviathan – Andreï Zviaguintsev

Le Léviathan est connu dans la mythologie pour être un monstre. Il apparaît également dans la Bible. Il s’agit d’un énorme serpent de mer et, de ce fait, on peut le voir de façon métaphorique comme des forces invisibles créées par un regroupement, une association d’individu.

Andreï Zviaguintsev va ainsi intituler son film pour désigner la corruption de l’État.  Son personnage, Kolia, rappelle celui de Job dans la Bible. Kolia habite dans une maison qu’il a construite de ses propres mains près de la mer de Barents. Il fait l’objet d’une procédure d’expropriation mise en place par le maire qui voudrait récupérer le terrain afin d’en faire, apparemment, un centre de télécommunications. Mais Kolia est attaché à ce lieu où ont vécu son grand-père et son père. Il fait appel à son ami, Dmitri, avocat, pour essayer d’obtenir une somme plus importante que celle proposée. Mais il va se heurter à des obstacles, privés et publics…

Le réalisateur a mis en scène un fait divers. Cependant, il montre de façon admirable l’association État/Église, association puissante contre laquelle un homme seul ne peut rien. Le maire, ici, a du sang sur les mains mais il est appuyé par le chef de la police, madame le Procureur, la juge, l’évêque… bref, tous ceux qui détiennent une certaine puissance. Zviaguintsev met également en relief la trahison, souvent amenée, justement, par la perspective du pouvoir.

J’ai vraiment apprécié ce film tourné de façon admirable. Cet homme se battant, seul, dans un univers glauque, luttant pour sa liberté, ne peut qu’avoir notre empathie.


Tous mes voeux !

Les ingrédients pour un bon Noël ? De l’amour, de la chaleur humaine… que ce soit en face à face ou en visio, au téléphone ou par courrier, peu importe. Il n’y a pas de frontière et l’on peut ressentir cela par le biais de n’importe quel moyen. Pour le reste, petit dîner, réveillon ou grands plats familiaux, chacun improvisera. Est-ce cela le plus important ?

Pour finir ce billet, je vous offre un texte sur la magie de Noël avec mon petit personnage Antoine dit Toinou, sa mère Rosalie et leur bienfaiteur, le docteur Louis.

Le Noël de Toinou

Antoine était heureux d’avoir pu retrouver un peu de chaleur dans la demeure du docteur Louis. S’il n’avait pas été là, que serait-il advenu de lui et de sa mère après l’incendie de la ferme ? Cependant, le jeune garçon n’était pas complètement satisfait. Noël approchait et il n’avait rien à offrir aux deux personnes qui comptaient le plus pour lui.

Le 24 au matin, Rosalie s’affairait dans la cuisine, chantant tout en épluchant les légumes. Une belle dinde trônait dans un plat, dans l’attente de l’accompagnement. Elle allait rôtir tout doucement et les légumes se gorgeraient de son jus. Antoine descendit l’escalier, l’air morose.

– Tiens, voilà mon Toinou qui se lève ! Attends, je te prépare ton déjeuner, laisse-moi juste finir d’éplucher cette carotte.

– Je n’ai pas faim maman. Merci.

– Oh, je n’aime pas du tout quand tu fais cette tête ! Que t’arrive-t-il ? Tu devrais, comme tous les autres enfants, être en joie à cette date.

– Les autres enfants auront quelque chose à offrir à leurs parents. Moi, je n’ai rien.

Rosalie s’essuya les mains sur son tablier et enlaça son fils. Les larmes coulèrent sur le visage de ce dernier.

– Mon Toinou, tu nous offres déjà tellement de choses par ta gentillesse, ton dévouement, ton travail à l’école. Tu sais, pour des parents, c’est déjà beaucoup. Tous n’ont pas la chance d’avoir un fils comme toi. Regarde cette pauvre Marthe, son fils est un garnement qui la fait vieillir avant l’âge avec ses bêtises. Il finira en maison de correction ! Et Marie-Rose qui ne fiche rien à l’école alors que ses parents se saignent aux quatre veines…

Antoine se lova encore un peu plus dans les bras de Rosalie. Ses mots le touchaient mais il voulait marquer ce Noël tout particulièrement en offrant à sa mère et au docteur un beau cadeau.

– Tu sais Toinou, quand j’avais ton âge, je n’avais pas d’argent pour acheter un cadeau à mémé Henriette et pépé Mathurin. Nous n’étions pas fortunés et je n’ai jamais eu un sou en poche. À Noël, maman nous préparait un bon repas avec la dinde élevée par ses soins pendant des mois et les légumes du jardin. Je l’aidais en préparant un gâteau. Papa, au dessert, nous prenait, ton oncle et moi, sur ses genoux et nous chantions ensemble des chants de Noël. Cela valait les plus beaux des cadeaux. Souviens-toi d’une chose, le matériel disparaît toujours, pas l’amour d’une famille.

Rosalie avait toujours le don de trouver les mots réconfortants. Antoine lui posa deux énormes baisers sur la joue et bondit dans l’escalier tel un diable sortit de sa boîte. Il alla s’habiller prestement et redescendit tout aussi vite, le sourire aux lèvres cette fois.

– J’aurai quelque chose pour ce Noël ! lui lança t-il d’un air énigmatique.

– Et ton déjeuner ?

– Pas le temps !

Rosalie sourit. Il mangerait mieux à midi, voilà tout. Elle entendit la porte de la grange s’ouvrir et le vit partir à toute bombe sur son vélo en direction de la forêt. Une bonne heure plus tard, elle l’entendit bricoler dans la grange. Même l’arrivée du docteur revenant de ses visites ne le fit pas sortir. C’est tout juste s’il se montra à l’heure du repas. Les deux adultes se regardaient en souriant, le laissant faire. Rosalie avait raconté à Louis ce qu’il s’était passé le matin même. Antoine s’affaira toute la journée à couper, scier, assembler le bois qu’il avait été ramasser dans la forêt. Il rentra fourbu le soir, les habits maculés par de fins copeaux.

– Un véritable petit bûcheron ! dit le docteur Louis en le prenant sur ses genoux. J’en connais un qui va bien dormir ce soir !

Antoine somnolait déjà dans ses bras. Il embrassa Rosalie et Louis et monta se coucher. Louis prit sa pipe, en alluma le fourneau et se plaça devant la fenêtre. La nuit était éclairée par les étoiles.

– Nous allons avoir une belle nuit de Noël ma Rosalie !

Il s’approcha d’elle et l’enlaça. Ils restèrent ainsi quelques minutes et montèrent à leur tour se coucher. Au matin, lorsque Rosalie et Louis descendirent, une chaleur réconfortante les accueillit. Antoine avait fait une belle flambée dans la cheminée. Il avait préparé le café et le pain était en train de griller sur le fourneau. Au pied du sapin, un cadeau particulier attira leur attention. Une mystérieuse forme se cachait sous un torchon. Après quelques effusions, des remerciements et des câlins, le docteur Louis déclara qu’il était temps de déballer les cadeaux. Antoine se précipita sur le paquet qui lui était destiné. Il découvrit un magnifique dictionnaire à la couverture de cuir. Il caressa le livre, les yeux embués de larmes. 

– Tu travailleras encore mieux avec ça ! lui dit Louis en lui faisant un clin-d’oeil. Oh, mais voyons un peu ce que contient ce paquet ? 

Il trouva une belle écharpe, moelleuse à souhait, tricotée par Rosalie. Quant à cette dernière, elle eut la surprise d’avoir un superbe tablier brodé à son prénom. 

– Mais je crois que nous n’avons pas déballé tous les cadeaux ! dit Rosalie en regardant ce qui se cachait toujours sous l’épaisse étoffe de coton. 

– Tu as raison ma Rosalie ! Soulevons ensemble le tissu !

– Oh ! Mais c’est magnifique Toinou ! dirent ensemble les deux adultes.

Ils le prirent dans leurs bras. Ils venaient de découvrir une belle crèche confectionnée par l’enfant. Des petites branches assemblées constituaient l’étable. De la mousse en recouvrait le toit. Marie et Joseph avaient été taillés dans du bois tendre, ainsi que l’âne et le boeuf. Quatre petits bouts de bois aplanis et cloués formaient le berceau. Antoine s’approcha et fouilla dans sa poche. Il en sortit un tout petit personnage qu’il posa dans le berceau. Il regarda fièrement sa mère et le docteur. 

– C’est notre plus beau noël ! dirent les adultes en serrant l’enfant. 

– Oh oui alors ! répondit Antoine qui irradiait de bonheur. 

Un dimanche en cuisine…

Aujourd’hui, je vous propose une recette que j’avais vue, il y a des années, dans une émission télévisée : le poulet à la bressoise.

Les ingrédients : 1 poulet (de Bresse si possible, sinon vous prenez ce que vous avez sous la main… non, pas le chat ! Un poulet j’ai dit !), 1 litre de lait (ou une boîte de lait concentré non sucré), 1 marmite de bouillon, 25 cl de vin blanc, 2 oignons, 2 gousses d’ail, 2 carottes, sel, poivre.

La recette en images : Couper le poulet en morceaux. Dans une cocotte, les faire rissoler avec les oignons. Ajouter les gousses d’ail. Saler, poivrer.

Ajouter le vin blanc. Personnellement, j’ai pris le restant de Picpoul que j’avais sous la main. On fait mijoter cinq minutes puis on ajoute le lait et le bouillon. Cette fois, j’ai pris du lait concentré, c’est très bien aussi. Dans ce cas, il faut mettre la boîte de lait et la même quantité d’eau.

Eplucher et couper en morceaux les deux carottes et les ajouter à la préparation. Mettre le couvercle et laisser mijoter 1h30 à 2h00 selon la grosseur des morceaux de poulet. Le lait va former des grumeaux, c’est normal.

Une fois le poulet cuit, retirer les morceaux ainsi que les carottes. C’est assez facile car le lait s’est compacté. Mixez la sauce. Remettre le poulet et les carottes.

C’est prêt ! Vous pouvez accompagner ce poulet avec du riz, des pâtes, des pommes de terre… tout ce que vous voulez…

Bon appétit !

Je partage cet article avec les marmitonnes, chez Syl.

Les défis du 20 : lettre K

Les règles sont ici. C’est Adrienne qui est aux manettes avec la lettre K. Elle nous propose « Kot » et « Karma ».

Kot ? Mais quel est ce mot ? Le cri de la poule allemande ? Le Karma d’Adrienne en prendrait un sacré coup si je ne mentionnais pas la vraie définition : taudis ou chambre d’étudiant (parfois c’est la même chose, non ? 😂) en néerlandais ; logement loué à un étudiant en Belgique. Ouf, Adrienne ne me trucidera pas et ses chakras pourront rester en paix.

Lorsque j’étais étudiante, j’ai pu bénéficier pendant plusieurs années d’un kot. C’était une petite chambre universitaire de 9m2. Cela peut paraître petit mais pour moi, c’était grandiose ! Mon petit « chez moi ». Mon refuge !

C’est justement à l’université que j’ai planché un peu sur le karma. J’avais une matière traitant de l’imaginaire antique. On parlait souvent de la sagesse et on débordait sur le sanskrit, l’Inde… Il nous est donc arrivé de parler du karma. Ah, que de souvenirs remontent à la surface ! 😉

Je vous laisse. C’était le dernier défi du 20 de cette année. Changera, changera pas en 2021 ? Allez voir sur le blog de Passiflore, tout y est expliqué.