Un dimanche en cuisine…

Je vous propose aujourd’hui un plat que l’on mange souvent à Sète : les encornets farcis.

Les ingrédients pour 2 personnes : 

4 encornets à farcir, 1 escalope de veau, 2 saucisses, 1 boîte de concentré de tomate, un peu de bouillon (je prends des petites marmites), huile, beurre, sel et poivre, cure-dents.

La recette : 

Je ne mets pas la farce traditionnelle (chair à saucisse, pain de mie, lait, ail) car je la trouve trop lourde. Voici donc la mienne. Enlever la peau des saucisses afin d’en récupérer la chair. La mettre dans un robot avec l’escalope de veau, assaisonner à votre goût et hacher finement. Farcir les encornets avec cette préparation. Laisser un peu de vide pour éviter qu’ils « n’explosent » à la cuisson. Fermer avec un cure-dents pour éviter que la farce ne s’échappe (j’en mets un en haut et un en bas). Dans un faitout, mettre un peu de beurre et d’huile et faire revenir les encornets. Mettre ensuite le concentré, la petite marmite de bouillon, de l’eau et laisser cuire ainsi à feu doux pendant 3/4 d’heure environ (j’avoue que je ne regarde pas le temps, je surveille). À Sète, on les sert avec des spaghettis mais vous pouvez y mettre n’importe quel accompagnement.

Allez voir chez Syl ce que nous aura mitonné la brigade…

Âme blanche – Marguerite Van de Wiele

La petite Évangéline débute bien mal dans la vie. Son père est mort, sa mère est devenue folle, certainement en s’en attribuant la responsabilité, et la petite fille a dû aller vivre chez son grand-père qu’elle connaît à peine. Elle a beaucoup de mal à s’habituer à sa nouvelle vie. Mais lorsqu’on est une fille au XIXe siècle, on n’a pas son mot à dire ! Lorsque la voisine, dont la fille est décédée, lui fait mettre les habits de la petite Henriette qui, selon elle, lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, personne ne se demande si, psychologiquement, c’est bien pour Évangéline. Son seul salut viendrait de son ami, Jacques, bien malmené dans la vie lui aussi, qui espère qu’un jour, il réussira et qu’ils se retrouveront dans leur petit logis, loin de toute cette vie…

Je ne connaissais pas du tout cette femme de lettres belge (1857-1941) qui fut journaliste et romancière et qui, surtout, a réussi à vivre de sa plume à une époque où les femmes n’osaient pas écrire sous leur nom. J’ai apprécié son style fluide et ciselé. J’ai aimé l’histoire de cette petite « âme blanche », cette gamine pure, innocente, à qui rien n’est épargné. On apprend beaucoup avec la mise en relief du contexte sociétal de l’époque : la place de l’enfant, de la femme et de son désir d’émancipation, des riches…

Merci à Babelio et à la maison d’édition Névrosée (dont j’ai fait la connaissance en novembre dernier avec l’excellent roman de sa directrice, Sara Dombret) pour m’avoir fait découvrir cette petite pépite.

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Challenge « Les textes courts » : précision

Bonjour à tous,

Le billet épinglé prenant beaucoup de place, certains n’ayant pas le réflexe de descendre le curseur pour voir les nouveaux billets, j’ai mis les liens pour les inscriptions et le billet récapitulatif au bas de la page. Vous les trouverez soit dans le menu, soit en cliquant sur le logo (en bas).

L’homme au canon – Dritëro Agolli

L'Homme au canon
Date de publication : 1998
Littérature albanaise
Traduit de l’albanais par Alexandre Zotos

Quatrième de couverture : 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Albanie, dans un village tenu par quatre familles, un homme s’approprie un canon abandonné par l’armée italienne en déroute. Ce canon devra être l’instrument de sa vengeance. L’homme au canon nous montre un pays, l’Albanie, à une période cruciale de son histoire où les tensions sont extrêmes. La lutte qui oppose les nationalistes aux communistes et tous aux armées étrangères (l’Italie qui fuit et l’armée nazie qui menace), se mêle à la lutte qui, de vendetta en vendetta, oppose les principales familles du village. Dans cette société au bord de l’effondrement, Dritëro Agolli ne perd pas ses héros. Les passions ne sont pas que politiques ou militaires, c’est aussi tout le prisme des sentiments qui éclaire ce magnifique roman.

Mon avis : 

Je ne suis pas mécontente du tout d’avoir lu cet auteur albanais. Il faut dire que Dritëro Agolli remporte autant voire plus de succès dans son pays qu’Ismail Kadare. Ce n’est donc pas le premier venu.

Dans ce roman, L’Homme au canon, il met en scène Mato Gruda, homme dont le père a été tué par une autre famille du village, les Fiz. Alors qu’il coupait du bois dans la forêt, Mato est obligé d’abandonner sa mule et d’aller se réfugier dans une grotte en attendant que les tirs cessent. L’histoire se passe sur fond de seconde guerre mondiale. Les italiens et les allemands tirent à tout va. Lorsque le calme est enfin revenu, Mato récupère sa mule, se félicitant qu’elle n’ait rien et parcourt la forêt. Il tombe alors sur le corps d’un soldat italien et sur le fameux canon. Il emporte ce dernier chez lui, au grand dam de sa femme, Zara, qui se demande bien ce qu’il va pouvoir en faire. Sa tante Esma, en revanche, ne dit rien mais on pressent qu’elle soutient Mato… et pour cause : ce canon sera l’instrument de la vengeance. Et si je disais que ce roman se passe sur fond de seconde guerre mondiale, c’est parce que toute l’attention du lecteur se porte sur cette vendetta. On se croirait dans du Shakespeare avec Les Montaigu et les Capulet, l’amour en moins. Bien entendu, Mato ne parle à personne de sa trouvaille, pas même à son meilleur ami, Mourad.

Mato fait partie d’un groupe de partisans qui va accueillir des italiens. Lorsque le sien arrive, Augusto, rebaptisé Agush, Mato va en profiter pour lui demander de lui apprendre à tirer au canon. C’est ce que fait l’italien, ne s’imaginant pas que ses leçons pourraient avoir un dessein de vengeance. Et il ne comprend pas qu’un soir, son élève tire en direction de la maison des Fiz. Lorsqu’une fumée s’élève de la maison, Mato et Esma sont ravis. Augusto est affolé. Cependant, au petit matin, Mato découvre qu’il a raté la maison et qu’il n’a touché qu’une meule de foin. Son acte ne sera pas sans conséquence et Mato ne s’imagine même pas les dégâts que cela va causer…

Je le disais au début de cette critique, je ne regrette vraiment pas d’avoir lu cet auteur. Le style est limpide et il n’y a nul besoin de connaitre l’Albanie pour comprendre. Bien au contraire, ce roman est riche d’enseignement et donne envie d’en savoir un peu plus. 

Challenge Voisins Voisines 2021

’71 – Yann Demange

1971. L’Irlande du Nord est déchirée par la guerre civile. Gary Hook, jeune soldat anglais inexpérimenté est envoyé à Belfast. Lors de sa première patrouille, il est pris au cœur d’un conflit entre protestants et catholiques. Son camarade meurt sous ses yeux. Il s’enfuit, poursuivi par les hommes de l’IRA qui veulent sa peau. 

Le spectateur n’a pas un moment de répit dans ce film. On suit Gary comme si l’on était ce soldat. La traque, les différentes milices, les tractations malsaines… rien ne l’épargne. On peut voir à quel point le conflit fut ancré dans cette Irlande gangrenée. Hommes, femmes, enfants, chacun prenait son parti. Personne, semble t-il, ne restait indifférent. La tension est palpable et l’on finit de visionner ce film -se déroulant pratiquement en huis-clos-, au bord de l’épuisement. On en arrive presque à se demander s’il s’agit bien d’une fiction. Bien entendu, nous trotte dans la tête la fameuse chanson de U2, Sunday, bloody sunday, même si la tuerie dénoncée par le groupe eut lieu un an plus tard, le 30 janvier 1972.

Le réalisateur a choisi ici une année bien précise : 1971 évoque les « troubles » (appellation anglaise) et le retour de l’IRA. En effet, si le conflit a commencé en 1968, il s’est intensifié à partir de 71. L’IRA s’est scindée : on trouve l’IRA officielle (qui reconnaît les parlements irlandais, nord-irlandais et britanniques mais qui n’a pas pu assurer la protection des ghettos catholiques en 69 lors d’émeutes) et l’IRA provisoire (qui militait pour l’indépendance totale et qui s’opposait au traité anglo-irlandais). Début 71, l’armée va essayer de parlementer avec les deux IRA afin qu’elles maintiennent l’ordre dans les différentes zones. Mais au mois de février, par crainte de ces milices, elle recommence à quadriller les quartiers. Un soldat britannique abattu par l’IRA provisoire donnera lieu au tournant du conflit qui va s’intensifier. C’est ce que Yann Demange met en relief. 

Un film remarquable, une grande claque ! Âmes sensibles s’abstenir ! 

Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre la chanson de U2 :