La soupe aux cailloux – Martine Provis

Sans qu’elle comprenne pourquoi, la petite Marthe est arrachée à celle qu’elle appelait « maman Cathy » pour atterrir chez deux personnes dont les Thénardier n’auraient pas à rougir. Fini l’amour, les petites attentions, les jeux d’enfant. Marthe est confrontée, au même titre que les deux autres enfants, Pierre, et sa soeur Alberte, aux brimades et sévices. Mais elle a l’espoir de revoir sa mère… Espoir qui s’écroule lorsqu’elle apprend que ses bourreaux sont ses vrais parents et que maman Cathy n’était qu’une personne qui l’avait recueillie temporairement. 

Marthe… Martine… on comprendra facilement que la romancière nous livre ici un douloureux souvenir d’enfance. Si douloureux, je pense, qu’elle a préféré mettre en scène son propre personnage avec un autre prénom. Peut-être est-ce là un moyen de prendre du recul, de ne pas rouvrir des blessures cicatrisées en surface. 

Lorsque Victor Hugo avait inventé son personnage de Cosette, livrée aux mains des aubergistes dont je parlais, il était loin de s’imaginer qu’un siècle plus tard cela serait toujours d’actualité… L’être humain peut se montrer si pervers, si dénué d’humanisme, de cœur, que l’on en pleurerait…