Tous les matins du monde – Alain Corneau

J’avais vu ce film à sa sortie, en 1991, et j’avais adoré. Il faut dire que j’apprécie depuis très longtemps la musique classique et la musique baroque, mon déclic s’étant fait dès le collège, grâce aux cours de musique.

Par le biais de ce film, qui est la mise en scène du livre de Pascal Quignard, j’ai appris à l’époque qui était Monsieur de Sainte-Colombe, sa passion pour la musique à la limite de la folie, et son lien avec Marin Marais. Jean-Pierre Marielle est extraordinaire dans ce rôle de vieux grincheux. Guillaume et Gérard Depardieu jouent le rôle de Marin Marais respectivement jeune et vieux. L’insolence des deux acteurs colle à merveille avec le personnage historique. Anne Brochet, qui joue le rôle de la fille de Sainte-Colombe, Madeleine, amoureuse du jeune musicien, apporte une exceptionnelle intensité.

Ce film est repassé dernièrement à la télévision et j’ai découvert, la maturité aidant, d’autres choses : des liens notamment avec la peinture (la nature morte de Lubin Baugin, Le Dessert de Gaufrettes). La photo est sublime. On dirait un tableau animé, qui prend vie et qui se déroule sous nos yeux pendant deux heures. Je parlais de peinture, on est plongé dans le clair-obscur. Le rythme est lent, laissant au spectateur un côté contemplatif et appelant également à ses sentiments.

Et la musique… quelle splendeur ! On retrouve des extraits de Lully, de Marin Marais, de Sainte-Colombe, de Couperin…. Jordi Savall dirige et joue avec brio de la basse de viole… On s’y croirait !

Vous l’avez compris, j’adore ce film, ce petit bijou sur tous les plans : historique, visuel et auditif.

Je vous mets la Marche pour la cérémonie des Turcs de Lully. Moi, ça me met en transe !