Les Plumes chez Emilie : Carnaval

Les mots à insérer sont : ANNULATION- ELEVE- MASQUER- MONDE- BRÛLER- BEIGNET-FEMME- ACCUEILLIR- FOU- OSER – CARÊME- CHAR-COULEUR- CULTURE

La fête de l’école

Devant son café, à la fin du repas, Antoine se remémorait quelques événements joyeux de son enfance en voyant ses enfants jouer comme des petits fous dans la salle à manger. C’était le mois de février, il neigeait au dehors et la douce chaleur du feu qui brûlait dans la cheminée invitait à rester dans la pièce. Personne n’aurait osé mettre le nez dehors. « Cela nous garantit un bel été » lui aurait dit sa mère si elle avait été encore de ce monde. Ah ! Sa mère ! Elle aurait certainement profité de ce mauvais temps pour faire des gâteaux d’avant Carême ou tout autre douceur dont il se délectait, ainsi que son beau-père, le docteur Louis. Février, le mois du carnaval. Il se souvint soudain de la fête de l’école. Antoine était alors l’élève de monsieur Nisard, un instituteur qui aimait faire passer la culture à travers des traditions. Cette année-là, ce dernier avait fait un pari fou : fabriquer un char pour le carnaval. Tous avaient participé, fiers de se dire que le char de l’école allait défiler devant tout le monde. Les enfants devraient se masquer et accompagner leur oeuvre en dansant et en chantant. Certains se mettraient sur le char. Les premiers de la classe auraient cet honneur. Tous redoublaient d’ardeur au travail pour arriver sur la première marche en composition française ou en mathématiques. Pas question qu’un seul se défile ! Il ne fallait pas risquer l’annulation de cet événement ! Monsieur Juffin, le père d’un des écoliers, avait prêté un de ses chariots pour le décorer. Madame Lucas avait fourni du papier de couleur pour fabriquer des fleurs que l’on attacherait sur les montants.

Le jour venu, l’excitation était à son comble. Antoine était sur le char, pas peu fier, tenant dans sa main de petits bouquets de fleurs cueillies le matin même qu’il remettrait aux dames croisées pendant le défilé. Tout le village était là, applaudissant le superbe ouvrage décoré par toute l’école. Rosalie et Louis suivaient la carriole, heureux de voir « leur petit » s’amuser comme jamais.

– À quoi tu penses ? lui demanda sa femme en apportant sur la table une assiette fumante de beignets.

– Hein ? Je me disais juste que j’avais de la chance de vous avoir, les enfants et toi… répondit Antoine, les yeux rivés sur les petits gâteaux qui lui rappelaient tant ceux de sa chère mère.