Iolani ou les maléfices de Tahiti – Wilkie Collins

Qui pourrait croire, en lisant ce roman, qu’il s’agit d’une œuvre du XIX° siècle ? Premier roman de cet écrivain victorien, je m’attendais à trouver un style riche, empreint de phrases ampoulées – et parfois lourdes – caractéristiques de l’époque. Or, il n’en est rien et le style, admirable, quoique simple, procure une certaine fluidité dans la lecture. De ce fait, Iolani peut se lire aisément en quelques heures.

Ce roman est intéressant pour plusieurs raisons: la première est l’intervention de l’auteur dans le récit. W. Collins se préoccupe de son lecteur et sa présence prouve à quel point il était consciencieux dans son travail. Ainsi, il explique au destinataire de son texte où il va aller, que deviennent ses personnages.

La deuxième raison pour laquelle j’ai apprécié cet ouvrage est qu’il peut se lire à des degrés différents. Ainsi, au premier degré, on se laissera facilement aller dans cet univers exotique, s’imaginant être dans la peau du personnage féminin, Idia, tentant d’échapper au prêtre Iolani et, surtout, à sa condition. Et voilà précisément le second degré qui se profile: bien plus qu’une simple histoire de tribus dans les îles, W. Collins dénonce à travers Idia et Aimata la condition féminine, mettant ainsi l’accent sur les droits bafoués.

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment apprécié ce roman qui m’engage à lire d’autres œuvres de cet auteur.