Le chat Murr – Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

On connaît Hoffmann grâce, notamment, à ses contes et à ses opéras. Ce roman, Le Chat Murr, est une de ses oeuvres principales. C’est le félin lui-même qui est le narrateur de ce qui se veut être un roman autobiographique. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil. Mais une seconde histoire vient s’imbriquer : celle du maître de chapelle, Johannès Kreisler, sorte de musicien fou que l’on pourra retrouver par ailleurs dans d’autres textes de l’écrivain.

Murr, véritable prénom du chat d’Hoffmann pour l’anecdote, a appris à lire et à écrire chez son maître, Abraham. Dès qu’il le peut, il s’enthousiasme donc sur son quotidien dans de grandes envolées lyriques. Pour Kreisler, ce n’est pas si simple. Johannès est un ami d’Abraham. Il lui fait donc part de tout ce qui l’accable, et notamment son amour pour Julia, jeune fille pure, jeune, trop jeune. Les récits du maître de chapelle sont décousus, difficiles à suivre, tout comme les affres qu’il subit. 

Mais que vient faire cette histoire, en parallèle à ce que raconte le chat ? On apprend dans l’avant-propos que le chat a écrit sur des feuillets arrachés à un livre appartenant à son maître : « lorsque le chat Murr se mit à écrire ses considérations sur la vie, il arracha sans plus de façons les pages d’un livre imprimé qu’il avait trouvé chez son maître ; et il en employa innocemment les feuillets, tant comme sous-mains que comme buvards. Ces pages restèrent dans le manuscrit et… on les imprima à la suite, comme si elles eussent appartenu à l’ouvrage. C’est avec un sentiment de mélancolique humilité que l’éditeur se voit forcé d’avouer que cet affreux entremêlement de deux sujets étrangers est dû à sa seule légèreté : il devait évidemment, avant de donner le manuscrit du chat à l’impression, l’examiner d’un bout à l’autre. » L’ironie apparaît donc déjà, ironie qui ne quittera pas la plume patte de ce matou rêvant de reconnaissance et de gloire ! 

Ce roman, bien que demandant de la concentration, est très intéressant. Surtout lorsque l’on sait qu’à travers le chat et Kreisler, on retrouve les deux facettes d’Hoffmann qui ne se gêne pas pour critiquer la société, la politique etc.

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