Colomba – Prosper Mérimée

Prosper Mérimée [XIXe s / France ; Nouvelles] 84791731_p

Cette nouvelle a été écrite par Mérimée après un voyage en Corse. Dans le village de Fozzano, près de Sartène, il fit la connaissance d’un homme en proie à une vendetta pour avoir tué deux de ses ennemis. Il rencontra également une certaine Colomba, alors âgée de 65 ans, en conflit avec une famille depuis des lustres. Cette Colomba avait une fille de 20 ans. Nul doute que dans sa nouvelle, Mérimée ait prêté l’histoire de la mère à la fille. 

Le texte commence par la présentation d’un irlandais, Sir Thomas Nevil et de sa fille Lydia, revenant d’un voyage en Italie et faisant escale à Marseille. A l’hôtel où ils se trouvent, ils dinent avec l’ancien adjudant de Thomas, le Capitaine Ellis, subjugué par la Corse. Lydia, qui s’était ennuyée en Italie, est charmée par tout ce que lui raconte l’invité. Elle veut absolument aller dans ce pays. Thomas déniche une goélette en partance pour Ajaccio. Lydia fait un caprice : personne ne doit embarquer avec eux. Le patron demande cependant la permission de prendre avec lui un de ses parents, Orso della Rebbia, un militaire. Le père accepte et la fille fait la moue (on s’en doute). Un soir, elle va se balader sur le pont et entend un matelot chanter. Il était question de meurtre et de vengeance. Elle apprend par la suite que cette chanson avait été composée à la mort du père d’Orso. Ce dernier devient alors à ses yeux digne d’intérêt, d’autant plus qu’à son arrivée sur l’île, elle comprend qu’un mystère plane autour de ce dernier. 

Orso della Rebbia retrouve sa sœur, Colomba, belle jeune fille d’une vingtaine d’années. Lydia comprend qu’il y a un fort contentieux entre les Rebbia et les Barricini… une sorte d’histoire à la Roméo et Juliette, en plus sanglant… Et lorsque Colomba lui offre une arme, un stylet, Miss Nevil se dit que l’histoire est loin d’être finie… A vous de voir ! Cette Colomba est digne d’Electre, la sœur d’Oreste qui vengea, à travers ce dernier, la mort de leur père, Agamemnon. Elle a la même volonté, la même force de caractère.

Cette nouvelle, vous l’aurez compris, tourne autour de la vendetta. Simple nouvelle ? Oh non, n’en déplaise aux critiques de l’époque qui n’apprécièrent guère le manque de profondeur psychologique. Au premier rang des détracteurs se trouvait Victor Hugo qui trouvait que Mérimée était un « homme naturellement vil ». Peut-être était-ce parce que Sainte-Beuve, l’amant d’Adèle, le trouvait génial ? Mais là n’est pas le propos…