Claude Simon, la mémoire du roman – Mireille Calle-Gruber, François Buffet.

Jusqu’à présent, je n’appréciais guère le Claude Simon écrivain. Il faut dire qu’habitant la même région que lui (à l’époque), j’ai dû, à maintes reprises lors de mes études supérieures, l’étudier de manière quasi chirurgicale, détaillant le texte au scalpel afin d’en sonder toute la teneur. La pression des examens aidant, je ne m’en étais pas fait un ami (si l’on peut dire)…

Pour autant, je ne renie pas son talent d’écrivain et je ne suis pas fermée à une autre lecture, plus de vingt ans plus tard (et paf, la claque !). Et puis… je crois qu’on a toujours du respect pour un écrivain de sa région… Aussi, lorsque j’ai trouvé ce livre, je n’ai pas hésité un seul instant. D’abord parce que j’aime beaucoup les correspondances, – à plus forte raison lorsque les lettres sont reproduites -, ensuite parce que j’estime que le texte épistolaire est riche d’enseignement. C’est bien le cas ici. Ces lettres, rassemblées par François Buffet, petit-fils de la tante de Claude Simon et Mireille Calle-Gruber, Professeur d’Université spécialiste de cet auteur, sont, principalement, un échange entre Suzanne, sa mère et Jeanne, sa tante (on y trouvera quelques lettres sporadiques, échangées entre Jeanne et son mari ainsi que ses enfants). On y découvre l’enfance de Claude et, surtout, cet épisode douloureux que fut la perte de son père, Louis, officier mort au combat en août 1914. On sent toute la pudeur de cette époque, le courage de ces veuves qui continuaient à mener leur vie pour leur patrie et pour leurs enfants, des femmes – et ce sera le cas ici – qui n’apprendront souvent le décès de leur époux (ou fils / père etc.) que bien plus tard, avec toute l’angoisse que l’on peut imaginer. On découvre également le caractère affirmé de celui qui deviendra Nobel de littérature. Déjà, le 22 août 1915, alors qu’il n’avait que deux ans, sa mère écrivait à sa tante : « Son caractère seul reste un peu difficile, mais je crois bien qu’il sera très violent et me donnera pas mal de peine. »

On en apprend beaucoup sur l’homme mais aussi sur la vie à Perpignan et la région pendant la Grande Guerre. Un parallèle est fait, d’ailleurs, entre certains passages de ses livres et certains événements. Cela met en lumière tout le travail de l’écrivain, ce qui est vraiment intéressant.

Je ne regrette vraiment pas d’avoir acheté cet admirable livre qui est bien plus qu’un simple recueil de lettres. Je l’ai dévoré ! Je le conseille vivement à tous ceux qui s’intéressent à cet auteur ou à tous ceux qui voudraient le découvrir.

24 réflexions sur “Claude Simon, la mémoire du roman – Mireille Calle-Gruber, François Buffet.

  1. Tu as devant toi ( enfin presque …) une «  spécialiste »de Claude Simon😁il y a des années mon mémoire de maîtrise portait sur cet auteur … intéressant à décortiquer mais à lire pour se faire plaisir ça se discute 🙄bisous ❤️

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    • Le monde est petit ! Quand j’ai dû faire un de mes dossiers sur Claude Simon, je me suis arrachée les cheveux ! Je m’en souviens encore, le titre était « Montages et collages dans Tryptique ». Je n’avais pas eu le choix, ni du thème ni de l’oeuvre. 😞À l’époque, il y avait 2 dossiers à faire d’une quarantaine de pages chacun en plus du mémoire de maîtrise (110 pages pour le mien). C’était peut-être la même chose pour toi ?
      Bisous ! 😘

      Aimé par 1 personne

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