Un dimanche en cuisine…

Je vous propose aujourd’hui un plat complet : de la côte de boeuf et un méli-mélo de légumes.

Les ingrédients : 

1 côte de boeuf, 2 courgettes, 4 carottes, 2 poivrons (j’ai mis des jaunes mais on prend ce que l’on veut), 2 oignons, 2 gousses d’ail, 1 peu de crème fraîche, sel, poivre.

La recette : 

Pour la cuisson de la côte de boeuf, c’est tout simple : marquez-la dans une poêle ou sur un grill (c’est-à-dire faire cuire légèrement) puis mettez-la dans un four préchauffé au maximum. La mienne faisait presque le kilo, je l’ai laissée 10 mn car on n’aime pas la viande trop cuite.

Pour les légumes : épluchez-les. J’ai un éplucheur qui fait également des spaghettis de légumes donc c’est ce que j’ai fait. Sinon, vous les coupez finement en lanières. Vous les faîtes ensuite revenir dans une poêle avec l’ail émincé. En toute fin de cuisson, j’y ajoute une cuillère de crème fraîche pour lier le tout.

Et voilà ! Bon appétit !

Allez voir, non pas chez Syl qui est en congé mais chez Isa, ce que nous aura mitonné la brigade…

Misti – Guy de Maupassant

Misti est une très courte nouvelle de Maupassant que je découvre dans mon édition de la Pléiade (cadeau du papa noël). Elle est parue pour la première fois dans la revue Gil Blas du 22 janvier 1884.

L’histoire en est relativement simple (en même temps, en cinq pages, il est difficile de faire quelque chose de complexe !) : le narrateur cumule les maîtresses. Elles doivent être mariées et, comble du comble, il faut également que leurs époux lui conviennent : « J’ai encore un faible, c’est d’aimer les maris de mes maîtresses. J’avoue même que certains époux communs ou grossiers me dégoûtent de leurs femmes, quelque charmante qu’elles soient. Mais quand le mari a de l’esprit et du charme, je deviens infailliblement amoureux fou. J’ai soin, si je romps avec la femme, de ne pas rompre avec l’époux ». Bref, ce grossier personnage cumule également les perversions ! Sa maîtresse du moment, Emma, était la femme d’un inspecteur, souvent absent. Les deux amants se retrouvaient donc chez elle, sous l’oeil d’un gros chat noir, Misti. Un soir, alors qu’ils étaient de sortie dans un assommoir de Montmartre, ils font la rencontre d’une vieille dame, « une sorcière » selon le narrateur, qui prédit à la jeune femme une mort dans son entourage. Elle leur conseille de se rendre chez elle le lendemain pour en apprendre un peu plus. Le narrateur prend cela à la légère mais cette prédiction bouleverse Emma. En se rendant dans l’appartement de cette dame, Emma découvre un gros chat noir, empaillé, ressemblant étrangement à Misti.

Je n’irai pas plus loin pour ne pas déflorer l’histoire. Ce court texte fait des références à Zola, ainsi qu’aux propres romans de l’auteur (Bel-Ami ; Une vie). Il est très agréable à lire.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Maupassant

Pays : France

Nombre de pages : 5

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Contes glacés – Jacques Sternberg

Dans Les Contes glacés de Jacques Sternberg, la première chose qui choque, c’est le titre. Il s’agit presque ici d’un oxymore. Je m’explique : le mot « conte » représente souvent à nos yeux un monde féerique où le gentil prince viendra toujours à bout du dragon pour épouser sa belle (oui, j’ai été élevée aux contes de Grimm). Et pourtant… En y réfléchissant bien, les contes reflètent très souvent un aspect négatif afin d’en tirer une morale. Il n’y a qu’à lire ou relire Le Petit chaperon rouge ou Barbe Bleue pour s’en persuader. 

Dans ce recueil, Jacques Sternberg essaie d’étudier l’angoisse, la peur de l’homme face à l’étrange, face au surnaturel. Cette sourde panique qui nous étreint lorsque nous ne sommes plus devant nos certitudes, notre logique… Cette déstabilisation sur laquelle, d’ailleurs, avait joué Rod Serling, le créateur de La Quatrième dimension (The Twilight Zone) dans les années 60. Pour ce faire, l’auteur va utiliser la concision afin de surprendre les lecteurs et, surtout, il va terminer ses contes par des chutes, à la manière des nouvelles. L’adhésion est d’autant plus importante que les contes utilisent non pas du féerique mais un univers quotidien dans lequel l’irrationnel vient s’immiscer.

Il s’agit là d’une véritable prouesse technique et d’un auteur, décédé malheureusement en 2006, à découvrir ou à redécouvrir. 

Extrait :

Le Communiqué

Il était sur le point de s’endormir quand, soudain, il vit briller dans la nuit la petite lucarne de sa radio qu’il avait oublié de fermer. Il se redressa et, machinalement, il fit passer d’un poste à l’autre l’aiguille de métal qui boucla le tour du cadran sans se heurter au moindre son, pas même un parasite. Il allait fermer le poste quand soudain l’aiguille se buta à une voix. L’homme s’étonna: il n’avait jamais obtenu le moindre programme sur cette longueur d’ondes.
– Cher auditeur… dit la voix.
De cela, l’homme était certain : la voix n’avait pas fait mention des chers auditeurs. Cher auditeur, avait-elle dit. Et cette voix ne semblait pas appartenir au monde des spectacles et diffusions. Elle n’en avait pas la sonorité classique, il lui manquait une certaine onctuosité, un certain pouvoir rassurant. Elle sonnait sèche, personnelle. Le ton était distant, neutre, légèrement froid.
– Cher auditeur, dit la voix sans aucun effet oratoire, il est maintenant zéro heure, zéro minute, zéro seconde. Votre programme est terminé. Nous vous donnons rendez-vous demain matin dans un autre monde.
L’homme, en effet, ne passa pas la nuit.

Le chat brésilien – Arthur Conan Doyle

Arthur Conan Doyle [XIXe-XXe s / Royaume-Uni ; Nouvelles] 84517555_p

Le chat brésilien (que l’on trouve également sous le nom « Le Chat du Brésil ») est une nouvelle parue dans les Contes de Terreur, recueil publié en 1900. Inutile de chercher nos bons vieux compères Sherlock et Watson. Conan Doyle n’a pas écrit que des romans policiers. Il s’est essayé avec brio aux histoires surnaturelles et/ou terrifiantes comme c’est le cas ici.

Le jeune aristocrate Marshall King, héritier sans le sou du richissime Lord Southerton, pingre comme il n’est pas permis, va passer quelques jours chez son cousin, Edward King, rentré tout juste du Brésil. Il compte sur la générosité de ce proche pour éponger ses dettes. Lorsque Marshall arrive chez son cousin, si celui-ci se montre très chaleureux, son épouse reste très froide, très distante. Pire, elle va vite se montrer offensante, lui demandant, dès le lendemain au petit-déjeuner, à l’insu de son mari, de partir. Mais Edward entendit la fin de la conversation, prit sa femme à part pour lui demander de s’excuser. Les yeux de cette dernière, d’une noirceur sans nom, étincelaient. En guise d’excuses, elle le traita d’idiot. Edward mit cela sur le compte de la jalousie maladive de celle-ci, proche de la folie. Il entreprit de faire voir à Marshall quelques « souvenirs » ramenés de son voyage, des bestioles exotiques ou étranges, dont un chat, magnifique, énorme, redoutable, baptisé Tommy. 

Au bout d’une semaine, Marshall se décide à expliquer à son cousin les raisons de sa venue. A-t-il eu raison ? N’aurait-il pas mieux fait d’écouter le conseil de l’épouse ? Quel rôle va jouer le chat ? Je vous laisse deviner tout ceci…

C’est avec une écriture toujours aussi fine, mélangeant psychologie et indices, que Conan Doyle nous délivre ce petit bijou. Les coïncidences vont bon train, le rythme est assez soutenu… quant à la fin, elle vous laissera sans voix. 

Extrait :

– Je vais vous montrer le joyau de ma collection, me dit-il. Il n’y en a qu’un autre spécimen en Europe, maintenant que le petit de Rotterdam est mort. C’est un chat brésilien.
– En quoi diffère-t-il d’un autre chat ?
– Vous allez voir, me répondit-il en riant. Voudriez-vous faire glisser le guichet et regarder à l’intérieur ?
J’obéis. J’avais vue sur une grande salle nue, dallée, qui avait de petites fenêtres à barreaux sur le mur d’en face. Au milieu de cette salle, une grosse bête de la taille d’un tigre, mais noire et luisante comme de l’ébène, était couchée dans un rayon de soleil. C’était tout simplement un chat gigantesque et très bien soigné. Pelotonné sur lui-même, il se chauffait béatement comme n’importe quel chat. Il était si gracieux, si musclé, et si gentiment, si paisiblement diabolique que je demeurai au guichet un bon moment à le contempler. 
– N’est-il pas splendide ? me demanda mon hôte avec enthousiasme.
– Magnifique ! Je n’ai jamais vu un plus bel animal.
– On l’appelle parfois un puma noir, mais en réalité il n’est pas un puma. De la tête à la queue il mesure trois mètres cinquante. Il y a quatre ans, il n’était qu’une petite boule de poils noirs d’où émergeaient deux yeux jaunes. On me l’a vendu tout de suite après sa naissance dans une région sauvage située près des sources du Rio Negro. Sa mère avait été abattue à coups de lance parce qu’elle avait tué une douzaine d’indigènes.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Arthur Conan Doyle

Pays : Royaume-Uni

Nombre de pages : 12

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