Les Coiffes rouges – Daniel Cario

Quatrième de couverture :

Épouses, filles, mères de marin, elles sont toutes penn-sardin à la conserverie Guéret sur le port de Douarnenez. Chaque jour, sous les ordres des contremaîtresses, elles s’échinent à une cadence infernale pour un salaire de misère. Parfois dures entre elles, les sardinières restent solidaires et aucune d’elles n’a oublié la vieille Clopine, mise à la porte et qui attend son heure, patiente. Un matin, avec tout l’éclat et l’insolence de sa jeunesse, surgit Dolorès.

Il y a presque cent ans, en 1924, sur les pavés de la ville rouge de Douarnenez, quelque quatre mille penn-sardin brandirent le drapeau de la révolte. Un roman « vrai » pour raconter ce magnifique symbole de la lutte ouvrière et de la dignité des femmes.

Mon avis :

Je suis toujours bon public envers les romans de terroir. J’aime retrouver « l’atmosphère d’antan », la société de l’époque et j’apprécie tout particulièrement le fait d’apprendre des choses. C’est bien le cas ici. L’auteur s’est fortement documenté et cela se sent. Il a d’ailleurs l’honnêteté d’annoncer que certains faits restent de la fiction. Peu importe, on sait bien qu’il s’agit d’un roman. On suit Dolorès, cette gamine à la chevelure de feu sur qui on n’aurait pas misé un sou et qui va se révéler au fur et à mesure des jours passés à la conserverie. Si son fort tempérament l’aide à supporter les conditions peu confortables de son travail, où le sang et les entrailles des sardines règnent en maître, elle va vite être confrontée aux déboires ouvrières / hiérarchie. Ajoutons à cela une famille qui périclite et on se retrouve très vite face à du Zola. Et si Dolorès n’est là que pour les besoins du récit, il n’empêche qu’elle symbolise ce que l’ouvrière lambda a pu subir au moins une fois dans sa vie. Elle représente, avec son jeune âge et sa fraîcheur, le combat pour une cause.

Le style est remarquable. Entre poésie, humour et gouaille, l’auteur réussit le pari de faire revivre cette Bretagne des années 20 et de nous embarquer littéralement avec lui.

Si j’ai aimé ce livre, il y a cependant quelques « détails » qui font que je ne lui donnerai pas la note maximale : le personnage de la contremaîtresse tout d’abord, Muriel Sizun, dite « La Murène », ne paraît guère crédible. Elle s’entiche de la jeune fille et le lui fait comprendre dès le premier jour… Mouais… Je ne suis vraiment pas sûre qu’à cette époque, ce comportement aurait été aussi librement affiché. D’autres n’ont aucune profondeur, comme le patron par exemple. A mon avis, certains personnages auraient mérité d’être un peu plus travaillés, à moins que ce ne soit une volonté de l’auteur pour ne mettre en exergue que Dolorès.

Ceci dit, j’ai passé quelques heures de lecture des plus agréables. N’est-ce pas là l’essentiel ?

4 réflexions sur “Les Coiffes rouges – Daniel Cario

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