John Paul Jones – Alain Boulaire

John Paul Jones
OU LA VIE AVENTUREUSE D’UN CORSAIRE AMÉRICAIN, CHEVALIER DE LOUIS XVI ET AMIRAL DE RUSSIE.

Quatrième de couverture : 

C’est dans le sillage d’un véritable aventurier que cette biographie de John Paul Jones (1747-1792) entraîne son lecteur. Pourtant rien ne destinait ce fils de jardinier écossais à devenir un des premiers commandants de la flotte de la toute jeune République des États-Unis et encore moins amiral de la Grande Catherine, impératrice de Russie.

Rien, si ce n’est son attirance pour la mer qui fit qu’il embarqua comme mousse à destination de l’Amérique à l’âge de 13 ans; rien sinon qu’il détestait les Anglais et prit le parti des Insurgents américains. Armé par la France qui soutenait la révolte des colonies américaines, protégé par Benjamin Franklin et Thomas Jefferson, excellent marin et fin tacticien, il chassa à la course les navires anglais depuis les ports de Lorient et Brest. Sa notoriété parvint jusqu’à la cour de Russie où l’impératrice Catherine II lui confia le commandement de sa flotte sur la mer Noire. Il remporta des victoires navales décisives sur les Ottomans, mais s’éloigna d’une cour où régnaient les intrigues. Il vécut les derniers mois de sa vie à Paris sous la Révolution et mourut sans savoir que le gouvernement américain venait de le nommer consul à Alger afin de pourchasser les pirates barbaresques en Méditerranée. Une nouvelle aventure qu’il appelait de ses vœux. Reconnu par le gouvernement des États-Unis comme un des fondateurs de la marine américaine, il repose aujourd’hui dans une crypte de la chapelle de l’Académie navale d’Annapolis aux USA.

Mon avis : 

Alors non, il ne s’agit pas ici d’une biographie sur le bassiste de Led Zeppelin dont le pseudonyme est identique mais d’un marin écossais ayant inscrit son nom dans l’Histoire. Vous ne le connaissez pas ? Je vous rassure, je n’avais aucune idée de son existence jusqu’à ce que je lise cet ouvrage. Le monde maritime peut paraître rebutant et pourtant il est d’une richesse inouïe sur le plan historique. Des grandes découvertes faites par les explorateurs aux guerres qui se sont tenues sur l’eau, l’univers naval est un facteur important de la société, ancienne ou moderne. 

John Paul Jones fut un marin ayant vécu au siècle des Lumières. Brillant stratège, il fut soutenu par les plus grands. Comme beaucoup à cette époque, il appartenait à une loge maçonnique et cela lui fut utile puisqu’il put ainsi être protégé par des hommes illustres fréquentant la même, notamment Benjamin Franklin. Son rôle fut important lors de la guerre d’Indépendance des Etats-Unis. Il prit la tête de la flotte américaine et s’acharna à repousser les anglais. Remarqué par Louis XVI (fervent passionné par tout ce qui touchait à la mer) , pour lequel John Paul avait une profonde admiration, il bénéficia également de son soutien puisque le roi lui confiera un navire, le Duras, rebaptisé le Bonhomme Richard. Le marin fut ainsi le commandant d’une flotte franco-américaine. Face à ses exploits et son courage, Louis XVI lui offrit la croix du mérite militaire et l’épée aux armes royales. John Paul fut ainsi fait chevalier. Sacré bonhomme que ce marin qui agrandira son CV en oeuvrant pour Catherine de Russie. 

Si certaines biographies sont rébarbatives, il n’en est rien de celle-ci. Écrite très simplement, très clairement, elle ne met pas en scène que le marin. Alain Boulaire ne cache rien ici des aspects qui auraient pu détrôner le courageux héros sur le plan de la gloire et le descendre dans notre estime.Car derrière cette carapace se cache également un homme avec ses doutes, ses actes manqués, ses relations humaines et amoureuses, son besoin d’argent.  C’est justement ce qui rend cet ouvrage intéressant. Il se lit pratiquement comme un roman, d’une seule traite. Les nombreuses anecdotes et interrogations ponctuent la lecture et la rendent d’autant plus agréable. De plus, et ce n’est pas à négliger, ce livre permet de se remémorer certains faits de notre Histoire durant cette période des Lumières et donne même envie d’aller plus loin. Alors, que demander de plus à une biographie ?