La Reine morte – Montherlant

Montherlant fait partie de mes dramaturges préférés et je le préfère de loin dans ses pièces plutôt que dans ses romans ou ses essais. Comme quoi…

La reine morte met en scène un vieux roi portugais, Ferrante qui, sentant sa mort arriver, veut mettre en ordre son royaume. Il ordonne ainsi à son fils, le prince Don Pedro, d’épouser l’infante de Navarre, Dona Bianca. Il la fait venir en son royaume afin que les deux jeunes se rencontrent. Mais il y a un problème : le rejeton est amoureux de la belle Inès de Castro. Il ne se préoccupe donc pas de Bianca. Cette dernière, déçue, bafouée dans sa fierté, ne tarde pas à trouver le vieux roi afin de lui faire part de ses sentiments à ce sujet. Ferrante entre dans une colère noire. Il fait enfermer Inès et tente de la persuader qu’elle doit faire changer d’avis le prince afin qu’il épouse l’infante. Mais ce qu’il va apprendre à ce moment-là risque de le surprendre…

Cette pièce, parue en 1942, est inspirée par celle d’un autre écrivain, Luis Velez de Guevara, Régner après sa mort (1570). Montherlant s’est servi du fait réel qui avait donné lieu au texte, l’assassinat d’Inès de Castro par Alphonse IV) mais en a fait une oeuvre toute personnelle. Les personnages sont travaillés. Ainsi, le vieux roi Ferrante paraît complètement hermétique. Certaines réactions peuvent surprendre car il peut prôner la sagesse et faire preuve, pourtant, de haine et de sadisme. Viennent ensuite les femmes au caractère bien trempé. Quant à Pedro… la pauvre garçon fait bien pâle figure face à Bianca ou Inès. Le jeune prince est un pleutre. Le seul acte qui le fera remonter dans notre estime sera le dernier.

Quel talent ce Montherlant !