Le sourire étrusque – José Luis Sampedro

Traduction : Françoise Duscha-Calandre

Salvatore, vieux paysan de Calabre, doit se résoudre à quitter sa terre natale pour aller vivre chez son fils et sa belle-fille à Milan. Il déteste cette ville et sent déjà que ce ne sera pas une partie de plaisir. Mais la maladie qui le ronge, la Rusca comme il l’appelle, ne lui laisse pas le choix. Pourtant, il va découvrir chez ce couple quelque chose de positif : ils lui ont donné un petit-fils et l’ont appelé comme lui, du moins de son nom de résistant. Salvatore se charge alors de la plus belle des missions : protéger ce petit trésor.

Ce roman est une véritable claque ! C’est la gorge serrée que je l’ai lu de bout en bout, n’arrivant pas à m’en détacher. L’écriture est chantante, poétique, ciselée. On est en Calabre, on voit les paysages, la rudesse des montagnes, on entre chez les gens qui, avec toute leur générosité, nous offrent ce qu’ils ont : oignons, fromage, pain et vin. Les bonnes odeurs viennent nous effleurer le nez pendant que notre oreille s’habitue au dialecte. On comprend également les rivalités, les clans… bref, on est en Italie !

Le coeur gros, j’ai refermé ce livre, me disant que mon grand-père, d’origine espagnole et non italienne, ressemblait en certains points à ce Salvatore : bourru en apparence, il avait le coeur sur la main et a tout fait pour me faire passer les meilleurs moments de mon enfance…