Le magasin des suicides – J. Teulé/O. Ka, D. Collardey et M. de Radiguès

C’est avec une profonde tristesse que je rends hommage, avec ce billet, à cet auteur que j’adorais : Jean Teulé. Dérangeant pour certains, plein d’humour pour d’autres, sa plume ne laissait pas indifférent. Reconnaissable entre toutes, elle exprimait toute la verve, la gouaille de l’écrivain et n’était pas dénuée d’une certaine vérité. J’aimais quand il nous racontait les vies de personnages historiques ou d’écrivains. Un seul roman m’avait paru un peu en-dessous des autres, Héloïse, ouille ! car je trouvais les allusions sexuelles trop présentes. Mais c’était sans connaître vraiment certains passages de la correspondance d’Héloïse et Abélard, bien plus crus encore.

Le magasin des suicides m’avait fait sourire du début à la fin et j’ai été ravie de le retrouver en BD. J’ai retrouvé des choses tellement… comment dire… réelles… Voyez plutôt : « Où sont-ils, les oiseaux migrateurs qui nous fientent des virus asiatiques la tête ? Et où sont-elles, les radiations, les explosions terroristes ? hein ? on aimerait bien savoir ! » Ah, quand je vous le disais !

Dans la famille Tuvache, il y a les parents, Mishima et Lucrèce, commerçants, propriétaires du magasin où l’on trouve tout ce qu’il faut pour aller rejoindre les mânes de ses ancêtres mais il y a aussi les enfants : l’aîné, Vincent, l’artiste suicidaire, Marylin la dépressive et… Alan, l’exception, le boute-en-train. Celui qui passe des musiques gaies, qui remplace les produits nocifs par un placebo.

J’ai trouvé la BD fidèle au roman. Les couleurs sont parfaitement adaptées : entre le sépia et le gris pour le magasin et bien colorées pour le petit Alan. Ce dernier va être un tournant dans cette famille. Et cela est vraiment bien représenté ici.

Un grand bravo à Olivier Ka, Domitille Collardey et Max de Radiguès pour ce superbe album.

Cet album entre dans les challenges  Les textes courts (69 pages) et Les adaptations littéraires. 

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Un dimanche en cuisine…

Je vous propose aujourd’hui quelque chose que j’ai goûté en Alsace pour la première fois, il y a quelques années, et dont je ne me lasse pas : des spätzle. Et comme je les avais mangées avec de la noix de joue de boeuf, je ne rate jamais une occasion d’assembler les deux.

Les ingrédients pour 2 personnes : 

2 oeufs, 200g de farine, de la noix de muscade, sel, 15 cl de lait.

La recette : 

Mettez de l’eau salée à bouillir dans une casserole. Pendant ce temps, dans un saladier, mélangez la farine, les oeufs, la noix de muscade et un peu de sel. Versez ensuite le lait jusqu’à l’obtention d’une pâte un peu élastique. Versez de tous petits bouts de cette pâte dans l’eau bouillante. (Il y a plusieurs méthodes : celle de mettre la pâte sur une petite planche en bois à découper et de couper au fur et à mesure au bord de la planche. Sinon, vous pouvez aussi faire passer la pâte sur un écrase pommes de terre.) Lorsque les pâtes remontent à la surface, égouttez-les. Dans une poêle, faites un mélange huile-beurre, versez les pâtes et faites-les dorer. C’est prêt ! 

Allez voir chez Isabelle ce que nous aura mitonné la brigade…

Le Tartuffe – Molière/Michel Fau

Ce n’est un secret pour personne, j’aime les pièces de Molière. J’entends souvent dire qu’elles sont « un peu légères », pourtant, il n’en est rien et il suffit de les regarder d’un peu plus près pour y trouver de nombreuses dénonciations.

Tartuffe est, à mon sens, le texte le plus audacieux de notre dramaturge. Il fallait avoir bien du courage à cette époque pour toucher à la religion ! J’ai regardé récemment la mise en scène de Michel Fau. Que du beau monde : Michel Bouquet, Nicole Calfan, Christine Murillo, Michel Fau… je me préparais donc à une soirée bien agréable…

Pourtant, il n’en fut rien et disons-le de suite : je n’ai pas du tout aimé ! Si le texte de Molière était respecté, les comédiens le déclamaient de manière très inégale. A tel point qu’il fallait avoir une oreille bien aiguisée pour comprendre certaines tirades. J’ai apprécié la prestation de Michel Bouquet dont c’était, malheureusement la dernière pièce. Jouer avec autant de conviction à 92 ans, cela force le respect. J’ai beaucoup aimé également Christine Murillo dans le rôle de Dorine, dame de compagnie de Mariane, insolente à souhait. Mais pour le reste… Pourquoi avoir fait de Mariane une jeune fille à moitié cinglée, de Valère un idiot ou de Damis une sorte de gothique tranchant avec le reste des personnages ? Je sais que Michel Fau aime le baroque mais là, c’est trop pour moi. Ensuite, rester quasiment dans le même décor (une église) provoque une certaine lassitude. L’arrivée sur une statue équestre de l’amant de Mariane provoquait plus le rire que le sérieux. En parlant d’invraisemblance, la fameuse scène où Orgon est caché sous la table est transformée. Certes, il a fallu s’adapter et je conçois bien le fait qu’il était impossible de faire s’agenouiller pendant de longues minutes Michel Bouquet, mais l’installer sur une chaise devant un autel pendant que Tartuffe et Elmire sont derrière, ne rend pas la scène réaliste. À tout moment il pouvait être vu. Enfin, les comédiens étaient bien trop statiques. Celui qui n’a pas lu la pièce ne peut pas comprendre les relations entre les personnages (un membre de mon entourage n’a rien compris à la pièce).

Autant j’ai aimé Michel Fau dans Fleur de cactus, autant j’ai été déçue cette fois. Tant pis ! Certains ont apprécié et comme le dit le dicton, « les goûts et les couleurs ne se discutent pas ». Ce n’est rien d’autre que mon ressenti.

Cette mise en scène entre dans le challenge Les adaptations littéraires 

Vikings dans la brume – Lupano/Ohazar

J’ai adoré cette BD ! Le mythe du grand viking blond à qui rien ne résiste en prend un sacré coup ! La fière équipée décide de faire une sorte de raid. Au menu, pillages, incendies et autres joyeusetés… Le chef ne doit pas faillir car il a emmené son fils avec lui afin de lui apprendre le métier. Les femmes ne sont pas oubliées dans cet album. On les voit tenir le village d’une main de maître. Et elles sont plutôt ravies de voir les hommes partir !

J’ai souri à chaque page, j’ai ri, j’ai passé un bon moment avec ces vikings qui, à mon avis, ne sont pas admissibles au Valhalla !

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Cet album entre dans le challenge Les textes courts (70 pages).

Brina T1- Georgio Salati et Christian Cornia

Brina est une petite chatte choyée par ses humains, Margherita et Samuel. Lorsqu’ils partent en vacances à la montagne, ils l’emmènent avec eux. L’erreur sera de lui faire découvrir l’extérieur. Brina va ainsi faire la connaissance d’autres congénères, notamment d’un matou rebelle qui va lui mettre en tête des idées de liberté…

J’ai adoré cette BD ! Je ne vais pas être objective mais Brina ressemble à Max, notre chat, et les maîtres sont aussi attentionnés pour leur petite compagne à 4 pattes que nous le sommes avec le prince, que dis-je, l’empereur de notre appartement ! Aussi, je ne pouvais qu’adhérer à leur peine lorsque l’espiègle matoune décide de prendre le large et ne revient pas le soir !

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Cet album entre dans le challenge Les textes courts (86 pages).