Sincères condoléances – Erling Jepsen

Erling Jepsen [XXe-XXIe s / Danemark] Image
Traduction : Caroline Berg

Cet opus est la suite de L’Art de pleurer en chœur, petit chef-d’œuvre de cet auteur danois. On retrouve le narrateur, Allan, qui est devenu un homme. Il a désormais la quarantaine, est marié, père d’une petite fille. Il est écrivain. On le retrouve au moment où son père est mort. On apprend qu’ils s’étaient disputés. Allan n’a pas revu ses parents depuis quelques années. Il accepte cependant d’aller voir sa mère. On pouvait s’attendre à ce que la mort du père soit un soulagement. Pourtant, il n’en est rien. Si sa sœur, Sanne, et son frère aîné, Asger, semblent prendre les choses avec philosophie, Allan se met à enquêter sur le décès qui ne lui paraît pas normal.

Le premier roman était déjà noir. Celui-ci l’est, à mon sens, encore plus car il montre un être torturé. Allan se bat à la fois contre l’idée de la mort et contre ses vieux démons qui, soudain, jaillissent du placard sans crier gare. On nage en plein malaise. Là où, généralement, le trépas ressoude les familles, on se rend compte ici que c’est l’angoisse, la rage, la haine qui font office de fil conducteur. Le lecteur referme le livre sans plénitude aucune. Ce huis-clos est abouti.

L’Art de pleurer en choeur – Erling Jepsen

Erling Jepsen [XXe-XXIe s / Danemark] Image
Traduction : Caroline Berg

Ce livre est un petit bijou. Mais modérons quand même ce propos car il s’agit d’un roman noir, extrêmement noir ! On découvre, à travers un petit narrateur de 11 ans, la vie quotidienne d’une petite ville danoise. Le père tient une épicerie et est confronté à la concurrence puisque Frisk a agrandi la sienne et en a quasiment fait un magasin dans lequel les gens peuvent se servir eux-mêmes. La famille doit donc subir les aléas financiers. Le père du narrateur fait également de belles oraisons funèbres, ce qui, en général, fait fructifier par la suite ses ventes. Jusque-là, le lecteur suit le cours de cette petite famille constituée des parents, du narrateur, de sa sœur, Sanne, et du grand frère qui ne vit plus à la maison, Asger. Pour des raisons qui échappent au garçonnet, ses parents se disputent à cause d’un discours du père. Celui-ci dort alors sur le canapé. Les enfants, qui l’adorent, ne veulent pas le laisser seul, pleurant dans son coin. Sanne le rejoint et se colle à lui, réflexe d’enfant… Mais pourquoi, lorsque son petit frère le lui demande à une autre reprise, ne veut-elle plus dormir avec son père ? Pourquoi se met-elle à trembler de tous ses membres ? Et pourquoi Asger, prévenu, frappe t-il son paternel ? 

C’est à cet instant précis que le lecteur se prend une claque magistrale ! Toute cette pudeur, toute cette finesse lui avaient masqué l’essentiel, la noirceur qui se cachait derrière cette famille qui semblait sympathique au demeurant. Et c’est en ce sens que je dis que ce livre est vraiment une perle. Il dénonce ainsi ce mal qui s’insère dans certaines familles, que personne n’a remarqué mais qui brise à jamais, tant sur le plan physique que moral, d’innocents enfants qui ne seront plus jamais les mêmes. 

Un dimanche matin en cuisine

Je reprends le chemin des fourneaux… Ce matin, j’ai cuisiné l’entrée et le dessert.

En entrée : un cake poulet, mozzarella, olives et Gewurztraminer.

Et pour le dessert, un gâteau d’automne : un gâteau aux pommes et raisins secs macérés toute la nuit dans du rhum et du jus d’orange.

Et entre les deux, me demanderez-vous ? Un poulet rôti et des haricots verts. Ça fera bien l’affaire !

Mes recettes

Personnellement, je fais cuire les deux en même temps dans mon four. Je retire juste le gâteau 5mn avant.

Le cake

150g de farine

3 oeufs

1/2 sachet de levure

25cl de vin blanc (ici, du Gewurtz)

10cl d’huile

Des morceaux de poulet

100g d’olives vertes

1 boule de mozzarella

On mélange le tout. Et hop, au four à 180° pendant 45 mn environ.

Le gâteau

150g de farine

2 oeufs

1/2 sachet de levure

100g de sucre

100g de beurre

15cl de jus d’orange

Des raisins secs macérés

1 pomme coupée en morceaux

Battre les oeufs avec le sucre. Ajoutez le reste au fur et à mesure. Au four à 180° pendant 40 mn environ.

Les Plumes chez Émilie : Rasséréner

Voici la liste des mots à insérer : Calmer, soutien, douceur, héroïque, patient, cool, grrr, méditation, maternel, modérer, embrouille, évasion, éveil. J’ai laissé « cool » de côté, il aurait été anachronique. Voici mon texte :

Le nouveau foyer

« Non, non, au secours !!! » Antoine avait fini par s’endormir dans son nouveau lit mais son sommeil était encore tout agité par ce qu’il avait vécu : l’incendie de la ferme.

– Calme-toi Toinou, tu es en train de faire un cauchemar !

Rosalie essayait, avec une douceur toute maternelle, d’apaiser son fils. Louis vint la rejoindre et lui passa son bras autour du cou.

– Alors, comment va mon petit patient ?

Antoine était dans un semi-éveil. Dans un brouillard, il perçut les deux personnes qu’il aimait le plus : sa mère et son sauveur.

– Le feu… la ferme… où suis-je ?

– La ferme a brûlé, Antoine, dit le médecin d’un ton qui frôlait la méditation, mais il faut modérer à présent la gravité des choses. Vous auriez pu, ta mère et toi, brûler vifs. Ce ne sont que des dégâts matériels. Il est normal que ton cerveau s’embrouille pour l’instant. Dans quelques temps, tu verras, tu iras mieux.

– Merci docteur ! Rosalie appréciait le soutien que lui apportait ce dernier. Vous avez été héroïque.

– Oh, c’est un bien grand mot Rosalie !

Louis rougissait. Il appréciait de plus en plus la présence de ces deux êtres malmenés par la vie.

– Grrr…

– Qu’y a-t-il Médor ?

Le docteur alla ouvrir la porte. Les villageois étaient venus demander des nouvelles des deux rescapés et apporter des provisions.

– Nous avons une bonne nouvelle : l’incendiaire a été attrapé. Il s’agit de Maurice Vialat. Après son évasion, il a mis le feu à plusieurs fermes pour se venger. Il est sous les verrous et sous bonne surveillance. Il n’est pas prêt de sortir cette fois !

Rosalie était sortie sur le pas de la porte et avait tout entendu. Louis la prit dans ses bras.

– C’est une excellente nouvelle. On va pouvoir tourner la page de ce désastre.

Rosalie se blottit dans ses bras. La chaleur du médecin lui procurait une sensation de bien-être. Elle était prête à se reconstruire à ses côtés.