Soeur Sourire – Stijn Coninx

On ne va pas se le cacher, lorsque ce film est passé dernièrement à la télé, ce n’était pas un vrai choix de le regarder. Mais en ce moment, les programmes sont plutôt pauvres, été oblige… Et je me suis dit qu’après tout, cela pourrait m’apprendre quelque chose sur cette soeur dont je ne connaissais que la fameuse chanson ♫♫ « Dominique, nique, nique… »♫♫

Finalement, j’ai été happée par cette histoire, émue, en colère, bouleversée. Bref, je suis passée par tous les ressentis face à la vie de Jeanne Deckers. Peu aimée par sa mère, un père trop laxiste disant, sans mauvais jeu de mots, amen à tout ce que peut dire ou faire son épouse, Jeanne va trouver refuge dans un couvent. Là, elle pourra fuir le regard des hommes et se rendre utile en oeuvrant pour les enfants d’Afrique. Mais c’était sans compter sur la rudesse de certaines soeurs. Elle tente de se rebeller et ses mots touchent parfois leur cible. On l’autorise à faire de la musique, elle dirige la chorale et voilà comment naîtra la célèbre chanson que je ne cite pas nouveau puisque je suis sûre que vous l’avez déjà en tête. De rien, c’est cadeau ! Bien, reprenons… Donc, cette chanson devient un tube international mais celle qui deviendra Soeur Sourire a le malheur, lors d’un concert, de chanter une ode à la pilule. Et là, tout va s’écrouler…

Je n’en raconte pas plus au cas où vous voudriez voir le film. Mais sachez que derrière cette chanson légère, guillerette, à double sens (l’a-t-elle voulu ?), se cache un être tourmenté, se cherchant, se rebellant, au caractère fort mais au coeur tendre.

La dernière tranchée – Johan Earl et Adrian Powers

En 1916, après une attaque sur les lignes allemandes, un bataillon allié est décimé. Seuls trois soldats survivent, le sergent-major Wilkins, le caporal Jennings et le soldat O’Leary. Ils sont perdus dans le No Man’s Land. L’un d’entre eux, Jennings, est grièvement blessé. Ils doivent tout faire pour rejoindre leur tranchée et donc avancer sous le feu de l’ennemi. 

Je suis assez mitigée concernant ce film. Commençons par le négatif et l’histoire tout d’abord. Une première chose : dans ce film, la tranchée allemande se déchaîne pour avoir la peau des trois soldats. En réalité, je ne suis pas certaine que la tranchée adverse aurait déployé autant d’énergie, de balles, de tirs de mitrailleuse, de fusées éclairantes, de gaz pour trois pauvres ères enlisés dans la boue (chapeau bas quand même à O’Leary qui court vers la tranchée, sous le feu ennemi et qui, tel Terminator, arrive à échapper au tir groupé). Une deuxième chose : Le commandant français, très imbu de lui-même, limite méprisant, préfère sacrifier les soldats qui au final, ne sont pas les siens. Cliché du supérieur planqué donnant des ordres en dépit du bon sens ? Mouais… un film de 2013 pourrait / devrait s’abstenir de poncifs. Il y a suffisamment de choses à traiter sur cette Première Guerre Mondiale pour ne pas tomber dans la facilité. Enfin, la dernière chose qui m’a gênée, c’est l’imbrication dans le scénario, en parallèle, de l’histoire de l’épouse de Wilkins. Celle-ci « a fauté » (volontairement) et veut se faire avorter (illégalement bien sûr). Le problème est que cela n’apporte absolument rien à l’histoire car l’épisode est traité, si j’ose dire, par-dessus la jambe. J’ai presque l’impression que c’est un peu la caution pour trouver la fin du film. 

Passons maintenant aux choses positives. Tourné avec peu de moyens, ce film essaie de retranscrire au mieux l’enfer des combats. Les scènes sont principalement nocturnes, ce qui reflète l’atmosphère angoissante et ce que pouvaient ressentir les soldats. Le blessé, dont la moitié de la jambe a été arrachée, est plus vrai que nature. Les décors également. 

Au final, je me rends compte que je reproche à ce film la même chose que ce que je n’aime pas dans Il faut sauver le soldat Ryan : Un scénario léger, peu crédible qui ne met pas en valeur le réalisme des images.

La petite fille au bout du chemin – Nicolas Gessner

Nous sommes au Canada. La jeune Rynn Jacobs, jouée par Jodie Foster, est orpheline. Cependant, elle ne veut pas que cela se sache et fait comme si son père était encore présent. Mais c’était sans compter sur son voisin et sa mère, propriétaire de la maison louée par la gamine. D’autant plus que ce fameux voisin, Frank Hallet, est bizarre. Il est connu dans le quartier pour aimer les enfants… si vous voyez ce que je veux dire…

Voici un film que je ne connaissais pas du tout. D’une noirceur absolue, il m’a tenue en haleine de bout en bout. Jodie Foster joue à merveille cette adolescente débrouillarde que l’on aurait envie de protéger. Mais il faut également se méfier des apparences… Quant à Frank Hallet, interprété par Martin Sheen, il m’a fait penser, à certains moments, à Jack Torrance dans Shining, ce personnage qui apparaît toujours là où on ne l’attend pas.

N’hésitez pas, il serait dommage de passer à côté de ce film !

Ce livre entre dans le challenge de Sharon : 

Ralph Goings

Un peu de peinture aujourd’hui…

Ce peintre américain, né en 1928 et mort en 2016, est un des maîtres de l’hyperréalisme. Il fait de la peinture à partir de ses photos. Il privilégie les fast-foods et les restoroutes. J’aime beaucoup l’hyperréalisme, ça me fascine ! Certains diront que ce n’est pas de la peinture mais à chacun ses opinions ! 😉 Pour moi, c’est une évolution de la peinture, une autre technique…

Voici quelques-uns de ses tableaux glanés sur internet :

Ralph Goings [XXe / XXIe s ; Etats-Unis] Image
Ralph Goings [XXe / XXIe s ; Etats-Unis] Image
Ralph Goings [XXe / XXIe s ; Etats-Unis] Image
Ralph Goings [XXe / XXIe s ; Etats-Unis] Image

Et vous, vous aimez ?

Le feu follet – Louis Malle

Le Feu Follet - Louis Malle Image

Alain Leroy est en cure de désintoxication dans une clinique privée. Il est, selon le médecin, complètement guéri. Il revoit une de ses amies, Lydia, et passe la nuit avec. Mais lorsqu’elle lui propose de changer de vie, de partir avec elle à New-York, il refuse. Il a déjà fait souffrir une première femme, Dorothée ; il ne veut pas que cela recommence. Il revient, désabusé, à la clinique. Le docteur lui signifie qu’il ne peut pas le garder ainsi indéfiniment, ce ne serait pas honnête de sa part. On sent alors dans cet homme (Leroy) une tristesse infinie, un dégoût ultime de la vie. Il prépare dès lors son suicide…

Ce film est tiré d’un roman de Pierre Drieu La Rochelle, lui-même inspiré par la vie de Jacques Rigaut, écrivain ayant mis fin à sa vie à l’âge de 31 ans. L’acteur principal, Maurice Ronet, incarne à la perfection cet être torturé. On ne sait pas vraiment ce qui le met dans cet état même si on peut s’imaginer qu’il a sombré dans l’alcool à la suite de son échec avec Dorothée. Ceci dit, le spectateur peut laisser libre cours à son imagination, il y a suffisamment d’éléments noirs pour cela. L’atmosphère est mimétique du tourment du personnage. On ressort de là avec un sentiment de malaise. Du grand art !