Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin – John Carpenter

En 1986, John Carpenter sort de sa zone de confort en réalisant ce film mi-comédie, mi-aventures. Il met en scène un camionneur, Jack, qui accompagne son ami Wang Chi à l’aéroport de San Francisco. La fiancée de ce dernier, Miao Yin, doit arriver par le prochain vol. Mais c’est sans compter sur les sbires du sorcier Lo Pan qui veulent l’enlever. En effet, Lo Pan est désincarné. Pour récupérer son enveloppe charnelle, il devra épouser une chinoise aux yeux verts. Et devinez quelle est la couleur des prunelles de la future épouse de Wang Chi ? Voilà comment Jack se retrouve à combattre les forces du mal en plein Chinatown !

J’ai passé un bon moment en regardant ce film. Celui-ci a fait un flop à sa sortie (mais a connu du succès dès sa sortie en cassettes puis DVD). Peut-être l’attendait-on dans son genre habituel… ou n’a-t-on pas aimé le personnage de Jack Burton car il y avait déjà sur le marché Indiana Jones ? C’est bien dommage car cette parodie des films d’arts martiaux, associée à un brin de fantastique, est franchement sympathique.

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Ascenseur pour l’échafaud – Louis Malle

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Le décès de Jeanne Moreau n’a pas donné lieu à une grande bousculade au niveau des chaînes de télé ! Cependant, deux ou trois ont quand même changé leurs programmes, ce qui m’a permis de revoir ce film qui n’a rien à envier aux polars du moment.

Jugez plutôt : Julien Tavernier, sous la pression de sa maîtresse, la femme de son patron, assassine ce dernier. Il pense avoir fait le crime parfait, sort de son bureau comme si de rien n’était et monte dans sa voiture. Mais il aperçoit, de dehors, la corde qui lui a permis de passer du bureau de feu monsieur Carala au sien. Il décide d’y retourner mais se fait coincer dans l’ascenseur. Pendant ce temps, Florence Carala le cherche partout, d’autant plus qu’elle est certaine de l’avoir vu passer en voiture avec une jeune femme. Peu de temps après, un couple de touristes allemands est assassiné dans un motel. Et c’est la voiture de Julien que l’on a vu sur les lieux du crime, ainsi qu’un couple se disant être monsieur et madame Tavernier…

Ce film est magnifique, et je pèse mes mots ! D’abord parce qu’il y a une tension tout du long. Ensuite parce que l’errance de Jeanne Moreau dans Paris est sublimée par la trompette de Miles Davis. Le jeu des lumières est judicieusement mis en scène. Et Lino Ventura est, comme à son habitude, époustouflant dans son rôle d’inspecteur. Le scénario est bien ficelé… J’aime beaucoup Louis Malle qui sait mettre en relief des scènes qui pourraient paraître banales. Bref, ce film n’a pas vieilli et même en l’ayant déjà visionné, j’ai eu l’impression de le redécouvrir.

La Vierge de Nuremberg – Antonio Margheriti

Un jeune couple, Max et Mary Hunter, se rend dans le château familial, en Allemagne, pour un court séjour. Max a une affaire à régler. Mary est intriguée par le musée qui s’y trouve et notamment par l’instrument de torture qui a donné le titre du film (vous remarquerez le jeu de mots entre l’instrument de torture, également appelé « Vierge de fer », et la destination). Un soir, elle voit du sang couler de celui-ci et découvre une jeune fille à l’intérieur, les yeux crevés. Elle s’évanouit. Max semble ne pas faire grand cas de cette histoire. Il doit cependant partir pour une nuit et la confie aux bons soins d’une gouvernante peu commode et d’un domestique balafré. Il pense qu’elle a avalé ses calmants mais il n’en est rien. Elle le suit et découvre qu’il passe par un passage secret… Je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler.

Ce film date de 1963. Il est catalogué dans les films d’horreur. Je pense qu’il serait plus juste de le classer dans la catégorie épouvante car même s’il y a bien quelques plans assez affreux, le psychologique prend le pas sur le gore. Mais ce n’est que mon avis. J’ai trouvé la fin un peu… comment dire… bâclée, bas de gamme… Disons, pour vous mettre un peu sur la voie, qu’il y a un autre jeu de mots avec « Nuremberg ». Amis historiens, bonjour ! Et ce final fait qu’on pourrait presque le considérer comme un nanar, ce qui est dommage car tout le reste est bien, vraiment. Vous y verrez un Christopher Lee brillant (remarquez, en général, il l’est plutôt !).

Le Retour de Martin Guerre – Daniel Vigne

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Mais… mais… alors que ce film a été diffusé cinquante-douze fois (à peu près) à l’époque (il date de 1982), je ne l’avais jamais vu. J’ai profité d’une rediffusion il y a quinze jours pour combler cette lacune. Et j’ai a-do-ré !

L’histoire se passe au XVIe siècle (on n’est pas loin du moyen âge ! ;)), à Artigat, dans l’Ariège. Martin se marie avec Bertrande de Rols, issue d’une famille aisée. Ce ne sont encore que de jeunes adolescents (14 ans) et rien ne sera engendré pendant la nuit de noces. Le jeune époux est persuadé d’avoir « l’aiguillette nouée ». Un breuvage aurait dû provoquer son « réveil ». On peut dire qu’il fut lent puisqu’il n’intervint que huit ans plus tard. Bertrande donna naissance à un petit Sanxi. Ce dernier n’avait qu’un an lorsque son père se volatilisa… et revint huit ans plus tard, prétextant avoir été à la guerre. Mais si Bertrande est certaine qu’il s’agit bien de son époux, d’autres dans son entourage commencent à avoir des doutes…

Ce film est basée sur une histoire vraie. L’affaire se passa en 1560. Montaigne (oui, oui, l’écrivain) participa même au procès.  Il le relate dans ses Essais, livre III, chapitre 11 (Des boyteux) : « Je vy en mon enfance un procez, que Corras, conseiller de Toulouse, fist imprimer, d’un accident estrange : de deux hommes qui se presentoient l’un pour l’autre. Il me souvient (et ne me souvient aussi d’autre chose) qu’il me sembla avoir rendu l’imposture de celuy qu’il jugea coulpable si merveilleuse et excedant de si loing nostre connoissance, et la sienne qui estoit juge, que je trouvay beaucoup de hardiesse en l’arrest qui l’avoit condamné à estre pendu. » Pour revenir au film, Daniel Vigne a su rendre toute l’atmosphère de ce temps, de ces lieux. On a vraiment l’impression d’y être… et l’on doute jusqu’au bout de l’usurpation.

La Grande frousse – Jean-Pierre Mocky

La Grande Frousse : Affiche Bourvil, Jean-Pierre Mocky

J’avoue que je ne sais jamais comment chroniquer un film de Mocky… Et celui-ci n’échappe pas à la règle. Déjà, il y a du beau monde : Bourvil (le film date de 1964, j’ai oublié de le préciser), Francis Blanche, Jean-Louis Barrault, Jacques Dufilho, Jean Poiret, Philippe Castelli… Le film se base sur un livre de Jean Ray, La Cité de l’indicible peur, (que je n’ai pas lu). Mocky voulait d’ailleurs conserver ce titre mais la production lui a imposé « La grande frousse », certainement afin d’attirer un maximum de spectateurs.

Le scénario est plutôt pas mal : les inspecteurs Triquet et Virgus courent après un faux-monnayeur condamné à mort, Mickey le bénédictin, qui s’est échappé au moment où la guillotine s’est enrayée. Simon Triquet pense qu’il a dû revenir à l’endroit où il fabriquait sa fausse monnaie, dans un petit village du Cantal. Là, il doit faire face à la légende locale de la bargeasque, sorte de bête monstrueuse qui serait revenue hanter le bourg et de sainte Urodèle qui l’aurait tuée (ne cherchez pas, tout ceci est complètement inventé). Les gens sont terrorisés, d’autant plus qu’il y a des morts dans le village…

Bon, il y a quand même des défauts : déjà, le monstre prête plus à rire qu’à avoir peur. Certes, nous sommes dans les années 60, il n’y a pas encore l’attirail d’effets spéciaux que nous connaissons. Mais quand même… Ensuite, je trouve que l’atmosphère, qui est bien rendue dans ce petit village qui a conservé son aspect médiéval, est desservie par un scénario qui n’est pas abouti. Je veux dire par là qu’à faire un film noir, autant y aller franchement. Ceci étant dit, il ne s’agit que du 6ème film de Mocky en tant que réalisateur et il est donc normal qu’il y ait des imperfections.

Je finirai ce billet en précisant que Jean-Pierre Mocky est un des rares à se battre pour ses films, à vivre non pas pour le fric mais pour sa passion. Certains acteurs ne s’y sont pas trompés.

L’Ultime Razzia – Stanley Kubrick

Source affiche

L’Ultime Razzia est un film noir des années 50 (1956) comme je les aime. Généralement, lorsqu’on pense à Kubrick, ce sont Shining, Orange mécanique, Full metal jacket ou 2001 l’Odyssée de l’espace qui nous viennent à l’esprit. Pourtant, ce film est vraiment à voir. C’est son troisième après Fear and Desire (1953) et Le Baiser du tueur (1955). Mais passons à l’histoire…

Johnny Clay sort de prison. Il est décidé à se ranger mais pas avant d’avoir fait un dernier coup, le coup du siècle : voler l’argent des paris du champ de courses. Pour ce faire, il va se constituer une petite équipe qui travaille dans ce lieu, c’est plus pratique me direz-vous. Bien évidemment, si tout est rodé, vous vous doutez qu’il va y avoir un grain de sable dans la machine. Et il vient de la femme de l’un des protagonistes, volage, qui en a parlé à son amant.

J’ai vraiment apprécié ce film et notamment sa structure, en forme de puzzle. N’hésitez pas !

Déclic et des claques – Philippe Clair

Qui n’a jamais vu un film de Philippe Clair n’a jamais vu un nanar. Il est sur le podium avec un autre réalisateur, Max Pécas.

Déclic et des claques est le premier film de Prosper Bensoussan, vrai nom du réalisateur. Parmi les acteurs, on notera Annie Girardot, Darry Cowl, Pierre Doris, Marthe Villalonga ou encore Enrico Macias. L’histoire met en scène une bande de copains pieds-noirs venant à Paris. Parmi eux, Jean-Philippe fait la connaissance d’une jeune femme de famille aisée. Il n’en faut pas plus aux quatre amis pour se dire qu’ils vont pouvoir profiter de la fortune de Sandra et se la couler douce…

Il n’y a peut-être pas les 300 gags à l’heure comme l’indique l’affiche, certains tombant d’ailleurs à plat, mais si vous aimez les nanars, regardez-le. De mon côté, non seulement je les aime mais je suis également une fan inconditionnelle d’Annie Girardot.