S’adapter – Clara Dupont-Monod

Dans les maisons cévenoles, les pierres ont leur importance. Elles voient tout, savent tout… et nous racontent ici l’histoire de cette famille déstabilisée par l’arrivée d’un bébé handicapé. Celui-ci vivra dans cet écran de montagnes, à l’abri, sous leur protection et, surtout, sous la bienveillance de son frère aîné.

Clara Dupont-Monod, signe encore ici un livre magistral ! J’apprécie énormément la plume de cette romancière qui sait se renouveler et ne donne jamais le même schéma dans ses écrits. Avec « S’adapter« , elle donne à réfléchir sur la différence, sur la famille, sur la fratrie. Connaissant un peu les Cévennes, j’ai pu reconnaître les traits de certaines personnes, la rudesse apparente qui les caractérise (apparente car, au fond, elles ont un coeur en or), certains paysages également. Je me suis coulée dans cette histoire comme la rivière dans son lit, j’ai vécu avec cette famille l’espace de ces pages…

Ce roman est un véritable coup de coeur !

L’homme qui suivait les lilas – Martine Hermant / Pauline Collange

Lorsque le jeune homme arrive dans le petit village, il fait l’objet de toutes les conversations. Pensez donc, un étranger, un brin marginal, ne parlant que de fleurs, ce n’est pas normal ! Seule La Rousselle, jeune fille sensible à la flore et aux paroles de celui qu’on appelle alors le « Flouriste », lui prête une oreille attentive. Aurait-elle dû ?

Ce petit album illustré, qu’il m’est difficile de faire entrer dans une case, est empreint de poésie grâce au texte de Martine Hermant. Cependant, les superbes illustrations de Pauline Collange laisse présager certains événements. Je qualifierai ce livre de conte philosophique car sous les dehors légers des premières pages, il nous amène à réfléchir sur plusieurs points : l’accueil d’autrui, la naïveté, l’attachement… autant de thèmes importants dans notre société qui a beau être moderne mais qui réagit parfois comme au XIXe siècle.

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Cet album entre dans le challenge Les textes courts (32 pages)

Les Fabuleuses Foldingues – Katia Verba

Voici la 13ème pièce de Katia Verba, dramaturge et romancière que vous commencez à connaître si vous me suivez sur ce blog. Spécialiste des pièces à huis-clos mettant en scène, majoritairement, des femmes, elle se renouvelle à chaque texte afin de nous faire passer un délicieux moment, entre humour et enchevêtrement policier.

Nous sommes dans la montagne, en Haute-Savoie, dans un village alpin dont le nom me met l’eau à la bouche : Abondance. Crystal, s’apprête à passer une soirée tranquille. Mais voilà que s’invitent deux femmes complètement barrées, Dakota et Texas. S’ensuivent des rebondissements, comme vous pouvez l’imaginer, Bonnie and Clyde (au féminin) n’étant pas venues là juste pour téléphoner ! La voisine et l’amant de Crystal vont ajouter du piquant dans cette pièce désopilante !

Sans aucun doute, cette pièce est ma préférée, à égalité avec Manoir sous haute tension sur l’île de Man. Les personnages sont aboutis, les jeux de mots arrivent naturellement, on a vraiment l’impression d’y être. C’est un véritable coup de coeur ! Mon premier de l’année, et je suis contente que ce soit avec un livre de Katia.

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Cette pièce entre dans le challenge Les textes courts (73 pages)

Karmina Vltima – Philippe Pratx

Après Le soir, Lilith et Le scénar, Philippe Pratx a eu la gentillesse de me proposer son nouvel opus, Karmina Vltima. Comment ne pas craquer ? Rien que le titre m’enchante, me faisant penser au Carmina Burana. Et cette magnifique couverture vient s’ajouter à la beauté du texte.

Je suis ressortie essorée de ce livre, essorée mais ayant passé un très agréable moment de lecture. On commence cette dernière par de la poésie, on lit (j’allais dire « on écoute » tant cela m’a paru vivant) l’histoire de cet africain, le dernier Mangbetu. J’ai de suite pensé à Picasso, inspiré par un masque Mangbetu pour créer Les Demoiselles d’Avignon si j’ai bonne mémoire. Décidément, Philippe Pratx a toujours le don de convoquer en moi des références culturelles. Mais revenons à l’histoire… ou plutôt à ce que j’ai ressenti car à partir de là, je me suis laissée aller, au rythme de la plume. Je n’ai pas forcément tout suivi, je l’avoue, mais je me suis laissée emporter par les flots poétiques.

« Je me promène dans cette forêt. Il faut savoir s’y promener, s’y perdre » écrit l’auteur. C’est ce que j’ai fait. J’ai flâné dans cette végétation luxuriante de mots, je m’y suis perdue mais avec bonheur.

Je ne peux que conseiller ce livre… c’est une petite pépite !

Ce que l’on ne peut confier à sa coiffeuse – Agata Tomazic

Traduction : Stéphane Baldeck

Un grand merci à l’amie qui m’a offert ce livre. J’ai passé un très bon moment à lire ces nouvelles hors du commun. Je ne connaissais pas Agata Tomazic mais je peux vous dire qu’elle mérite d’être lue. Ne vous attendez pas à quelque chose de classique. Mais avec le titre, impossible de se dire cela ! Bienvenue dans un monde déjanté où les personnages le sont tout autant ! Cette écrivaine slovène revisite des thèmes connus issus, pour la plupart, du fantastique. C’est fort plaisant, d’autant plus que les critères de la nouvelle sont respectés.

Mais cela ne s’arrête pas là. Il faut lire ces nouvelles à un autre degré. En effet, Agata Tomazic est « la voix » de la Slovénie. Dans tous les récits de ce recueil, nous pouvons retrouver ce petit quelque chose qui la rattache à l’Histoire de son pays.

Bref, j’ai vraiment apprécié la plume de cette écrivaine qui gagne à être connue.