Mute – Sonia Frisco

Quelle joie de pouvoir tenir dans mes mains le dernier-né de Sonia Frisco ! Ce recueil atypique a un titre énigmatique : Mute. Les passionnés de Hi-Fi et de son auront vite deviné de quoi il s’agit : un son que l’on étouffe, que l’on coupe. L’étouffement, un thème d’actualité que nous avons tous vécu, plus ou moins bien par ailleurs à cause de cette pandémie. Oui, l’étouffement par le confinement. On contenait le virus… Et à côté de cela, tout mourait : les restaurateurs, les libraires, les artistes, tous ceux considérés, de façon sordide, comme « non essentiels ».

Sonia Frisco, dans ce recueil, rend un admirable hommage à ces personnes. Par sa plume acérée, elle choque, interpelle le lecteur, les autorités, tous ceux qui ont accepté sans se rebeller. Sa colère est puissante, riche, vitale. Et elle se détache d’autant plus que ce livre est sobre avec sa belle couverture teintée dans ce bleu particulier, un bleu un peu foncé dans lequel je peux voir la liberté entravée et ce titre couleur or, avec ce M majuscule symbolisant la voix du coeur, la voix des choeurs…

Un grand merci à vous, très chère Sonia, pour ce beau cadeau, pour ce recueil dont l’engagement ne peut que susciter le respect.

Georges : Le voyage sans retour – Solveig Josset

Un grand merci à Babelio et à son équipe qui, grâce à l’opération Masse Critique, m’a fait découvrir cette petite pépite. Ce beau livre recèle des surprises dans certaines pages : coins à soulever, médaillons… bref, le lecteur participe encore plus activement à la lecture.

L’ancêtre de Solveig Josset a cumulé des dettes de jeu et s’est mis à voler pour les combler. Au début du XXe siècle, cela lui vaut les assises et le bagne. Ce livre est le carnet qu’il aurait pu faire de Saint-Laurent-du-Maroni.

J’ai vraiment apprécié cette lecture. En effet, rien n’est caché au lecteur, il n’y a aucun pathos, aucune victimisation. Simplement de l’honnêteté. Et rien que pour cela, je trouve qu’il s’agit d’un bel hommage à son trisaïeul.

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Cet album entre dans le challenge Les textes courts (80 pages).

L’enfant loué – Joan Brady

Traduction : Pierre Alien

L’histoire se situe après la Guerre de Sécession. On aurait pu se dire qu’en rendant leur liberté aux esclaves, on avait compris la leçon… Mais non, bien évidemment, cela serait trop beau ! C’est ainsi que le grand-père de Joan Brady s’est retrouvé vendu à cause de cette simple annonce :

ON DEMANDE – Garçon , âgé de six à huit. Bon foyer jusqu’à vingt et un ans. Paiement de vingt dollars à débattre. S’adresser au Magasin Général & Bureau de B. Wikin à 15 h ce samedi après-midi.

Cela fait froid dans le dos quand on sait ce qui attend les enfants ainsi vendus. On ne les appelle plus « esclaves » mais c’est tout comme. Ils ont juste changé de couleur de peau. S’étonnera-t-on, dès lors, d’apprendre que Jonathan, le personnage principal, va développer une haine envers sa « famille d’accueil » et notamment envers l’un des garçons qui l’a martyrisé durant toute son enfance ?

Inutile de vous dire que l’on a besoin de lire quelque chose de plus léger par la suite !

Les limbes d’Icare – Chloé Dubreuil

Vous connaissez certainement Chloé Dubreuil si vous me suivez car ce n’est pas le premier roman dont je fais la chronique. En revanche, il s’agit de la première dystopie que je lis, écrite par ses soins.

En l’An 402 après le Grand Enfermement, Icare est condamné. Il est emmené de l’autre côté du mur et est condamné à errer parmi l’autre peuple, celui qui éprouve toutes les douleurs, les maladies, qui vit dans la misère la plus complète et dans une déchéance sans nom. Icare arrivera-t-il à se faire une place dans cette société inconnue ? Supportera-t-il de souffrir ?

Comme d’habitude, lorsque je lis un livre de Chloé, que je remercie pour sa confiance renouvelée, je ne vois pas passer les heures. Ce fut également le cas pour celui-ci. J’aime beaucoup les dystopies et je peux vous assurer que celle-ci ne laisse pas indifférent ! Âmes sensibles s’abstenir ! Je ne regrette qu’une chose : en avoir déjà fini la lecture !

Molière – Martial Poirson

On croit toujours tout savoir sur Molière mais il n’en est rien. Je me suis régalée à lire ce bel ouvrage, offert par une amie. Le sous-titre, « La fabrique d’une gloire nationale », laisse déjà présager qu’il ne s’agit pas d’une simple biographie. Martial Poirson, spécialiste et critique de théâtre, nous fait découvrir ici les coulisses. Comment, dès la mort de ce comédien, le mythe a pris place, comment on a détourné son oeuvre pour refaire connaître, y compris en dehors de l’hexagone…

Ce livre est non seulement enrichissant car bien documenté, mais il est également beau. Les illustrations ou les documents viennent compléter les textes. J’ai aimé le fait qu’il fasse tomber un certain nombre de clichés.

N’hésitez pas !