Bel-Ami – Maupassant

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J’avais lu ce livre au collège ou au lycée et il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Pire, je n’avais vraiment pas aimé. En le relisant plus de trente ans plus tard, je me rends compte que j’étais passée à côté de beaucoup de choses. Mais les voit-on réellement lorsqu’on est adolescente ?

Georges Duroy, un peu flemmard et sans le sou, rencontre un vieil ami, Forestier, qui travaille dans un journal. Ce dernier l’invite à manger. Se trouve à ce repas tout le gratin de Paris : le patron du journal bien sûr, des journalistes renommés, un poète, un homme politique… Georges va ressortir de cette soirée métamorphosé. D’abord parce qu’il a décroché un emploi au journal et qu’il pourra ainsi quitter son job miteux, ensuite parce que faire la connaissance de gens de la haute société vous change un homme. Il va découvrir qu’il plaît aux femmes et en tirer parti.

J’ai apprécié ce roman qui met en exergue tous les travers de la société. Comme à son habitude, la plume de Maupassant est à la fois fine et mordante. Ce fut une belle redécouverte.

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Le Bateau ivre – Arthur Rimbaud

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Lorsqu’on pense à Rimbaud, on pense à cet adolescent suggéré dans On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ou au poète sérieux du Dormeur du val.  La poésie n’est pas vraiment le genre que je préfère mais je dois bien avouer que celle de Rimbaud me touche particulièrement par sa diversité, sa finesse, sa violence parfois. Je retrouve ces trois caractéristiques dans ce long poème, Le Bateau ivre, qui est d’une pure beauté. Son originalité, dans un premier temps, réside dans cette image du bateau, représentation métaphorique du poète. On sent toute la rébellion du jeune Rimbaud qui n’en fait qu’à sa tête jusqu’à faire naufrage… naufrage bienfaisant d’ailleurs car il va découvrir ainsi d’autres contrées poétiques, se perdre dans les mots pour mieux rebondir.

Extrait : 

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Le Horla – Maupassant

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Maupassant est incontestablement le maître de la Nouvelle. Jonglant avec brio du texte réaliste (Aux champs ; Le Papa de Simon) au texte fantastique (Le Horla), il surprend le lecteur par sa finesse et sa façon de mettre en relief ce qu’il veut dénoncer. Il est vrai que je l’apprécie tout particulièrement dans cet exercice.

Le Horla reste ma Nouvelle préférée (que je viens de relire pour la … fois… je ne compte plus). Cette façon de mettre en scène ce narrateur hanté par un être invisible qui l’obsède à tel point qu’il dépérit est sublime. Et ce qui est fascinant, je trouve, c’est de ne pas savoir si le narrateur est l’auteur. Certains pourront y voir une simple Nouvelle fantastique, d’autres y trouveront des indices autobiographiques donnant une autre dimension à cette histoire. Lorsqu’on sait que Maupassant commençait à être atteint de folie, cela peut donner à réfléchir.

 

Extrait : 

Je le tuerai. Je l’ai vu ! Je me suis assis hier soir, à ma table ; et je fis semblant d’écrire avec une grande attention. Je savais bien qu’il viendrait rôder autour de moi, tout près, si près que je pourrai peut-être le toucher, le saisir ? (…) Donc je faisais semblant d’écrire, pour le tromper, car il m’épiait lui aussi ; et soudain, je sentis, je fus certain qu’il lisait par-dessus mon épaule, qu’il était là, frôlant mon oreille.
Je me dressai, les mains tendues, en me tournant si vite que je faillis tomber. Eh bien ?… on y voyait comme en plein jour, et je ne me vis pas dans la glace ! Elle était vide, claire, profonde, pleine de lumière ! Mon image n’était pas dedans… et j’étais en face, moi !