Adieu Gloria – Megan Abbott

 

Quatrième de couverture :

A partir de faits divers des années 50, Abbott met en scène, dans ce roman comme dans les suivants, des relations perverses entre femmes. Ici, une jeune personne ordinaire raconte comment, lasse de son petit job et d’avoir à s’occuper de son père, elle est repérée par la reine du Milieu, célèbre pour ses jambes et le sang froid avec lequel elle règle différentes opérations criminelles (jeu, alcool, courses) pour le compte de la Mafia. Gloria Denton « pygmalionne » la petite, essaie d’en faire sa digne héritière. Jusqu’au jour où la protégée tombe sous le charme d’un bon à rien, joueur flambeur et cynique. Et se laisse convaincre de trahir son mentor. L’engrenage est fatal et la fureur de Gloria, phénoménale. La gamine assiste au meurtre de son amant mais ne veut pas perdre tout ce qu’elle a acquis. Comment faire pour s’en sortir sans encombre ? L’écriture de Megan Abbott est un tour de force : sèche et rythmée, elle se joue de l’argot de l’époque, dégage une ambiance,sexy et vénéneuse, de danger et de tension permanents. C’est noir comme du Willeford, opaque, étouffant et brillantissime.

 

Mon avis :

Voici un roman noir qui se lit avec une facilité déconcertante et qui, pourtant, ne peut laisser indifférent. On est loin de tous les schémas classiques  des polars et c’est justement un des facteurs qui le démarque. Point d’hommes dans ce roman, du moins en rôle principal. Les rares figurants masculins – et j’emploie à dessein le terme cinématographique – tels que le mort ou Clancy, l’inspecteur, n’ont qu’un rôle de seconde zone. Toute l’intrigue tourne autour de deux femmes: Gloria et la narratrice. On assiste ici à un machiavélisme au féminin, sans borne, limite pervers car touchant à l’intellect. L’écriture est au service de l’histoire: concise, familière lorsqu’il le faut, elle est mimétique de ce qui se trame tout au long de l’histoire.

Megan Abbott a reçu le prestigieux prix Edgar Award pour ce roman.

Il est amplement mérité. 

 

Extrait :  

L’inspecteur Clancy était exactement comme on l’aurait imaginé. Une bouille rougeaude d’Irlando-Ecossais, des mains rudes, toujours collées à ses hanches, une barre de cheveux bouffants qui flottaient au-dessus de son front comme un écolier. des yeux mauvais, des cils longs où se nichait quelque chose de froid et de fourbe.

Il me regarda comme s’il me connaissait. Comme s’il savait tout de moi. (…)

Mais j’étais nerveuse, bien sûr. D’avoir vu le zozo à la casquette, en bas, les trucs qu’il m’avait sortis, son regard pressant et désespéré. Et puis, j’avais aussi l’impression de sentir encore la terre grumeleuse sous mes ongles, après le pillage de tombe de la veille au soir. Sans la forte dose de médocs que j’avais absorbée, j’aurais tremblée comme une vierge la veille de la nuit de noces.

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Folie d’une femme séduite – Susan Fromberg Schaeffer

Quatrième de couverture :

La redécouverte d’un livre-culte qui a marqué des générations de lectrices. Un roman psychologique d’une émotion poignante, une inoubliable peinture de l’obsession amoureuse doublée d’un portrait de femme du siècle dernier aussi troublant que Tess d’Uberville ou Les Hauts de Hurlevent.

Ayant quitté sa ferme natale, Agnès Dempster découvre du haut de ses seize ans la vie citadine. Quand Frank Holt, tailleur de pierres de son état, fait irruption dans sa vie, elle s’en éprend sur le champ. Abandonnant travail, amis et même l’enfant qu’elle porte, elle se donne corps et âme à cet homme fruste qu’elle pare de toutes les couleurs du héros romantique et de l’artiste d’exception, jusqu’à perdre sa propre identité.
Quand Frank, effrayé par cet amour suffocant, s’échappe dans les bras d’une autre, Agnès perd pied. Contrainte à un geste fatal, elle devra répondre de ses actes face à l’opinion publique et aux médecins de l’asile.

 

Mon avis :

Rarement un roman a produit cet effet sur moi. J’ai littéralement dévoré celui-ci, abandonnant tout pour le lire et ne pensant plus qu’à ça dès que j’avais deux minutes de temps libre. Pourtant peu adepte des romans d’amour, là, je me suis laissée embarquer dans l’histoire. Dès le chapitre d’exposition, on remarque que l’histoire va être peu commune puisque le roman s’ouvre avec l’abattage d’une vache par le père de l’héroïne, Agnès Dempster. Le champ lexical de la violence et de la mort est bien présent et ce sont justement ces deux thèmes qui vont être non seulement les fils conducteurs de la narration mais encore tout ce qui va caractériser la vie de la narratrice.

 Cette dernière nous raconte son enfance sous forme de flash-backs. Ainsi, le lecteur apprend qu’Agnès déteste son prénom, ce qui n’est pas anodin ici puisque dès les premières pages (page 35 ici) on peut déjà se dire que la psychologie va jouer un rôle primordial.

Sa mère, Helen Saltonstall, quitta le domicile familial à la mort du pater familias, Ed. Selon Agnès, « elle était persuadée que ma grand-mère avait tué ma mère (P69) ». Le ton est donné ! Elle part alors dans la pension de famille d’une amie, Béa Brown. C’est là qu’elle rencontrera le père d’Agnès, Amon Dempster. Ils auront un premier enfant, un garçon, qui mourra à deux ans d’une épidémie de choléra. Helen ne s’était pas attachée à cet enfant car elle voulait une fille. Celle-ci arriva lors d’une tempête. Helen dut être accouchée par sa propre mère. Prénommée Majella, elle était qualifiée d’enfant magique. Elle était celle qu’Helen attendait par-dessus tout. Malheureusement, encore une fois, le malheur s’abat sur le jeune couple puisqu’à l’âge de 5 ans, alors qu’Helen faisait la lessive, la petite s’est faite tomber le chaudron bouillant sur elle. Helen tombe enceinte de son troisième enfant, Agnès. Celle-ci dira (P91) : « Comme le mauvais temps, j’approche. Songeant au passé, c’est ainsi que je vois mon arrivée : comme une subite attaque de chaleur, comme un ciel torride, et pas une goutte d’eau à espérer ». Comme on pouvait s’y attendre, la petite Agnès est rejetée dès sa naissance par sa mère. Pourtant, elle ne lui en voudra pas mais elle haïra sa défunte sœur. « Comment croire que je n’étais pas là durant ces jours torrides ? (…) Je n’existais pas encore, mais déjà j’avais besoin de réconfort car, déjà, leur souffrance m’habitait ». On comprend dès lors l’état psychologique de la narratrice et surtout le fait qu’elle n’aimait pas son prénom. Elle aurait voulu être Majella, ne pas être maltraitée par sa mère. Lorsqu’Eurydice, sa grand-mère, meurt, elle lui lègue tous ses biens. Agnès a 16 ans. Elle part, réglant ses comptes avec la figure génitrice. A Montpelier, dans le Vermont, elle réside à la pension d’Iris Trowbridge. Elle fait alors la connaissance de Charlie et, surtout, de celui qui lui fera perdre la tête, Frank Holt. Après un premier flirt avec Charlie, elle tombe dans les bras de Frank. Et, finalement, bien qu’elle se pense heureuse, elle met un doigt dans l’engrenage du malheur.

 Je n’en raconte pas plus car ce serait dévoiler l’histoire. Ces quelques 800 pages se lisent avec une facilité déconcertante car on veut toujours en savoir plus. Bref, dès qu’on y met le nez dedans, on n’en ressort plus. L’histoire me rappelle, bien sûr, Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, ouvrage mentionné par ailleurs dans le roman puisque la narratrice le lira, mais aussi Madame Bovary de Flaubert et sa non moins excellente suite, Mademoiselle Bovary de Maxime Benoît-Jeannin. Et lorsque l’on sait que ce livre s’inspire d’une histoire vraie qui a défrayé la chronique au XIXe siècle, le charme opère d’autant plus.

A lire sans attendre !

 

Extrait :

(Frank Holt est venu apporter un paquet à Agnès : du matériel pour lui apprendre à dessiner le lendemain.)

 Je me remontai dans mon lit de façon à être assise sur l’oreiller, le dos appuyé au montant. Pour qui se prenait-il, avec ses paupières tombantes et son air supérieur ? Pénétrer ainsi dans ma chambre et me mettre dans tous mes états ! Je regardai ma main pour m’assurer quelle était bien là. Je sus ce qu’éprouvait le mulot quand le faucon s’en saisit, cette sensation formidable d’être agrippé et dévoré, d’être contraint d’exister dans les fibres d’un autre, de sentir son propre cœur pomper le sang d’un autre. La chambre se vidait de Frank et me revenait. Je me ressaisissais. Et j’eus soudain le pressentiment de ce qui allait arriver, de la fournaise gigantesque qui allait rugir dans l’âtre de mon corps, des flammes immenses qui allaient jaillir de mes yeux et de ma bouche. Je savais que je m’entendrais dire des choses auxquelles je n’osais penser. Je savais que le feu allait grimper le long du mur intérieur indispensable que j’avais construit avec autant de soin qu’un faux bourdon sa ruche.

L’homme au canon – Dritëro Agolli

L'Homme au canon



Quatrième de couverture : 

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Albanie, dans un village tenu par quatre familles, un homme s’approprie un canon abandonné par l’armée italienne en déroute. Ce canon devra être l’instrument de sa vengeance. L’homme au canon nous montre un pays, l’Albanie, à une période cruciale de son histoire où les tensions sont extrêmes. La lutte qui oppose les nationalistes aux communistes et tous aux armées étrangères (l’Italie qui fuit et l’armée nazie qui menace), se mêle à la lutte qui, de vendetta en vendetta, oppose les principales familles du village. Dans cette société au bord de l’effondrement, Driëto Agolli ne perd pas ses héros. Les passions ne sont pas que politiques ou militaires, c’est aussi tout le prisme des sentiments qui éclaire ce magnifique roman.

 

Mon avis : 

À part la littérature anglo-saxonne, j’ai toujours beaucoup de mal à lire de la littérature étrangère. Je ne sais pas pourquoi, il faudra qu’un jour je me penche sur la question ! Heureusement, j’essaie de combattre ce blocage. Je ne suis d’ailleurs pas mécontente du tout d’avoir lu cet auteur albanais. Il faut dire que Dritëro Agolli remporte autant voire plus de succès dans son pays qu’Ismail Kadare. Ce n’est donc pas le premier venu.

Dans ce roman, L’Homme au canon, il met en scène Mato Gruda, homme dont le père a été tué par une autre famille du village, les Fiz. Alors qu’il coupait du bois dans la forêt, Mato est obligé d’abandonner sa mule et d’aller se réfugier dans une grotte en attendant que les tirs cessent. L’histoire se passe sur fond de seconde guerre mondiale. Les italiens et les allemands tirent à tout va. Lorsque le calme est enfin revenu, Mato récupère sa mule, se félicitant qu’elle n’ait rien et parcourt la forêt. Il tombe alors sur le corps d’un soldat italien et sur le fameux canon. Il emporte ce dernier chez lui, au grand dam de sa femme, Zara, qui se demande bien ce qu’il va pouvoir en faire. Sa tante Esma, en revanche, ne dit rien mais on pressent qu’elle soutient Mato… et pour cause : ce canon sera l’instrument de la vengeance. Et si je disais que ce roman se passe sur fond de seconde guerre mondiale, c’est parce que toute l’attention du lecteur se porte sur cette vendetta. On se croirait dans du Shakespeare avec Les Montaigu et les Capulet, l’amour en moins. Bien entendu, Mato ne parle à personne de sa trouvaille, pas même à son meilleur ami, Mourad.

Mato fait partie d’un groupe de partisans qui va accueillir des italiens. Lorsque le sien arrive, Augusto, rebaptisé Agush, Mato va en profiter pour lui demander de lui apprendre à tirer au canon. C’est ce que fait l’italien, ne s’imaginant pas que ses leçons pourraient avoir un dessein de vengeance. Et il ne comprend pas qu’un soir, son élève tire en direction de la maison des Fiz. Lorsqu’une fumée s’élève de la maison, Mato et Esma sont ravis. Augusto est affolé. Cependant, au petit matin, Mato découvre qu’il a raté la maison et qu’il n’a touché qu’une meule de foin. Son acte ne sera pas sans conséquence et Mato ne s’imagine même pas les dégâts que cela va causer…

Je le disais au début de cette critique, je ne regrette vraiment pas d’avoir lu cet auteur. Le style est limpide et il n’y a nul besoin de connaitre l’Albanie pour comprendre. Bien au contraire, ce roman est riche d’enseignement et donne envie d’en savoir un peu plus.

 

Extrait : 

« Oui, ça va mal ! fit Mourad, comme sortant d’un rêve. Et nous regardons faire, les bras croisés. Au lieu de tirer sur les Allemands, nous nous entre-tuons pour des affaires de famille !… Je suis las de vous tous, à la fin ! ajouta-t-il, continuant de parler comme pour lui-même, mais soudain tout animé. Je ne me sens plus la force de vous convaincre… Le Christ et Mahomet ensemble, s’ils venaient ici, ne se feraient pas mieux entendre que moi ! Vous avez tous le cœur et la tête mangés par la gangrène ! »

La jeune fille à la perle – Tracy Chevalier

Griet, fille d’un ancien faïencier, est obligée de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Son père ayant eu un accident qui lui a ôté la vue, la famille n’arrive plus à vivre convenablement. Frans, son frère, était parti un an plus tôt faire son apprentissage dans la faïence, comme son père. Griet, quant à elle, est envoyée dans la famille Veermer, dans le fameux « Coin des papistes », réservé aux catholiques. Si Johannes, le peintre, paraît bien ténébreux, sa femme, Catharina est une personne assez revêche, peu aimable envers la jeune fille. Le couple a 5 enfants à l’arrivée de Griet : Maertge, Aleydis, Lisbeth, Cornelia et le petit Johannes. Tout ce petit monde vit avec la grand-mère, Maria Thins, propriétaire, par ailleurs, de la maison. Griet verra en cette dernière une alliée de choix. Elle aura à subir la petite Cornélia, petite peste qui ne se gênera pas pour essayer de la faire licencier. A l’origine, la jeune servante a été embauchée pour faire le ménage dans « l’antre sacrée », le bureau du peintre. Elle emploie des trésors d’ingéniosité pour ne rien déplacer tout en enlevant la poussière, à la grande joie de Veermer qui va lui en demander beaucoup plus, tout en le cachant à sa femme : moudre ses pigments ou, bien pire, poser pour lui. Griet développe des sentiments pour le peintre. Mais elle se demandera toujours si ces derniers sont partagés…

 Voici un roman à la fois léger et admirable. Léger car il se lit très facilement : pas de style ampoulé mais un style fluide et très agréable. On retrouve ici une personnalité quelque peu énigmatique, le peintre hollandais Vermeer. Bien documenté, l’auteur nous emmène dans le monde de ce dernier, à la recherche des couleurs et de la perfection. On croit parfaitement à l’histoire qui est racontée, c’est là tout le talent de Tracy Chevalier. Pourtant, cette servante, Griet, n’a jamais existé. C’est à partir de ce tableau célèbre que la romancière a laissé libre cours à son imagination et à son talent. Elle m’a donné envie de pousser plus loin les investigations et de faire des recherches sur la personnalité de ce dernier. Car si l’on connaît le peintre, on connaît bien moins celui qui se cache sous cette fonction. Et pour ceux qui n’entendent rien à la peinture ou, à la limite, ne s’y intéressent pas, le roman, basé sur les sentiments et les ressentis de la jeune servante, permet de s’évader dans une Hollande du XVIIe siècle. Ce livre est donc pour tous les publics.

A lire absolument !

 

Extrait :

« Je te demande pardon, Griet, j’aurais voulu mieux faire pour toi. » On pouvait lire certaine tristesse à l’endroit où se trouvaient jadis ces paupières que le docteur avait à jamais cousues.

« Mais c’est un homme honnête et bon. Il te traitera bien. »

Il n’ajouta rien au sujet de sa femme.

« Comment pouvez-vous en être aussi sûr, père ? Vous le connaissez ?

 – Ne sais tu pas qui il est ?

 – Non.

 – Ne te rappelles-tu pas le tableau que nous avons vu il y a quelques années, à l’hôtel de ville, où Van Ruijven l’avait exposé après l’avoir acheté ? C’était une vue de Delft depuis les portes de Rotterdam et de Schiedam. Le ciel y tenait une très grande place et le soleil éclairait certains édifices.

  – Et du sable avait été ajouté à la peinture pour donner un aspect rugueux à la brique et aux toits, ajoutai-je. De grandes ombres s’étiraient sur le canal et de minuscules personnages s’activaient sur le rivage près de chez nous.

 – C’est ça. » Les orbites de mon père s’élargirent comme s’il avait encore ses yeux et contemplait à nouveau le tableau.

 Je m’en souvenais avec précision. Je me revoyais pensant au nombre de fois où je m’étais arrêtée à cet endroit précis sans jamais voir Delft avec les yeux de ce peintre.

« Vous voulez dire que cet homme, c’était Van Ruijven ?

 – Le mécène ? »

Le père partit d’un petit rire. «  Non, non, mon enfant, ce n’était pas lui. C’était le peintre. Veermer. C’était Johannes Veermer et son épouse. Tu es censée faire le ménage de son atelier. »

Canicule – Jane Harper

CaniculeJaneHarper

Quatrième de couverture :

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

 

Mon avis :

J’avais vu passer ce livre sur le blog de Belette, The Cannibal Lecteur. Et je dois bien avouer que j’ai passé quelques bonnes heures de lecture ! Ce roman m’a fait cet effet :

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C’est vous dire ! Alors, de quoi ça parle (pour ceux qui n’aiment pas lire les quatrièmes de couverture) ? Le Sud-Est de l’Australie fait face à la canicule depuis deux ans. Pas le moment de demander si quelqu’un a du feu ou de faire un barbecue ! Pas le moment non plus de titiller les gens qui ont les nerfs à fleur de peau ! Au point de dézinguer toute sa famille ? Il semblerait en tous les cas ! Car dans la famille Hadler, on réclame la carabine ! Luke aurait ainsi tué sa femme, Karen, et son fils, Bill avant de se tirer une balle en pleine poire. Pourquoi a-t-il laissé Charlotte, le bébé, en vie ? Mystère ! C’est son ami d’enfance, Aaron Falk qui va enquêter. Cependant, celui-ci n’est vraiment pas le bienvenu. En effet, il y a des années en arrière, une jeune fille, Ellie, avait été retrouvée noyée. Celle-ci, côtoyait les deux garçons et tout accusait Falk. Querelle d’amoureux ayant mal tournée ? N’avait-il pas supporté qu’elle choisisse Luke ? Pourtant, ce dernier avait toujours dit qu’ils étaient, Aaron et lui, à la chasse aux lapins. En voyant le carnage de sa famille, Luke n’aurait-il pas été capable de ce meurtre en sachant qu’elle tournait autour de son copain ? Deux enquêtes étroitement imbriquées dans ce trou paumé où chacun fait sa loi…

Ce roman est aussi aride que des champs de maïs brûlés par le soleil ! On se met tour à tour dans la peau des personnages, on pousse la porte du bar pour éviter la déshydratation, on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé… et on se prend un bel uppercut au final ! Eh bien moi, je dis BRAVO !

 

Extrait :

La lumière accueillait peut-être Luke Hadler quand il rentrait chez lui le soir, mais quelque chose d’autre inhérent à cette communauté malheureuse, désespérée, s’était immiscé à travers cette porte d’entrée dans sa maison. Et ce quelque chose avait été suffisamment puissant, malveillant et funeste pour éteindre cette lumière à jamais.

La Prophétie Charlemagne – Steve Berry

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J’ai honte… J’ai lu ce livre depuis… hum… des mois puisqu’il m’a été offert pour mon anniversaire (oui, oui, en novembre) et je pensais en avoir fait une fiche. Je m’aperçois que ce n’est pas le cas et, par ricochet, que la personne qui me l’a offert doit se demander ce que je fabrique !

J’ai un avis assez mitigé. Commençons par le négatif afin de finir sur une note enjouée : le fait d’avoir à suivre plusieurs histoires un peu complexes m’a légèrement contrariée. J’en arrivais à revenir sur mes pas pages pour savoir où j’en étais. Disons que c’est la partie la moins fluide. D’autre part, je pense que ce roman aurait mérité d’être plus court. En effet, il s’essouffle (et nous avec) sur la fin et j’avoue m’être demandée où voulait en venir l’auteur. Voilà pour ce qui m’a le plus ennuyée.

Passons aux choses positives : l’Histoire, vous le savez, est une de mes passions et l’associer à un thriller est souvent pour moi gage d’une lecture-plaisir. D’autant plus ici que l’on fait le grand saut entre le Moyen Âge et le XXe siècle (avec la 2de guerre mondiale)… deux périodes qui intriguent et avec lesquelles on peut, en tant qu’écrivain, s’en donner à cœur joie avec les mystères qui les caractérisent. Il n’y a rien de farfelu (le piège, en général) et l’intrigue se tient.

Steve Berry a écrit bon nombre de romans et je pense en lire un ou deux autres afin de voir si ce que je lui reproche se retrouve dans ses écrits.

 

Extrait :

Cela faisait vingt-six ans qu’il servait son pays à bord de sous-marins, diesels ou nucléaires. Seul un aspirant sur cinq était accepté à l’académie des sous-mariniers, où les épreuves physiques, les entretiens psychologiques et les tests de réflexe poussaient chaque recrue dans ses retranchements. Son premier capitaine avait épinglé sur sa poitrine ses dauphins d’argent, et, depuis, il avait lui-même rendu cet honneur à de nombreux autres. Alors il savait à quoi s’en tenir. Fin de la partie. Curieusement, il ne pensait qu’à une chose lorsqu’il rejoignit le central, résolu à agir comme s’il leur restait une chance, à défaut d’y croire. Il pensait à son fils. Son fils de dix ans. Qui grandirait sans son père.

Rebecca – Daphné du Maurier

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J’ai essayé de ralentir au maximum ma lecture tant j’ai été envoutée par l’écriture de Daphné du Maurier. Je remercie Mind The Gap de m’avoir ouvert les yeux sur cette romancière qui n’a pas son pareil pour nous tenir en haleine. Pourtant, je dois bien l’avouer, je partais avec un préjugé (complètement idiot, comme à chaque fois), pensant que ce devait être le genre de bouquin qui avait mal vieilli. Pas du tout ma brave dame ! Bon alors, de quoi parle ce roman ?

Nous sommes en Angleterre, au début du XXe siècle. Maximilien de Winter, veuf d’une quarantaine d’années, fait la connaissance, à Monte-Carlo, d’une demoiselle de compagnie, qui sera la narratrice. Cette dernière tombe amoureuse de ce charmant aristocrate, mais leur différence d’âge fait qu’elle n’ose y croire. Pourtant, lorsque la patronne de celle-ci, Mrs Van Hopper, décide de quitter ce quartier de Monaco, M. de Winter propose à la jeune employée de l’épouser et de vivre avec lui en Cornouailles. Elle accepte sans écouter les recommandations de Mrs Van Hopper. Mais lorsqu’elle arrive dans la grande propriété de son époux, Manderley, elle doit faire face à la terrible Mrs Danvers, la gouvernante, ainsi qu’à l’ombre de l’épouse décédée, Rebecca.

J’ai eu des frissons en lisant ce livre et je comprends à présent pourquoi Alfred Hitchcock s’en est inspiré. Nous sommes dans un pur thriller psychologique qui joue avec nos nerfs. Des livres comme celui-ci, j’en redemande !!!


Extrait :

Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici.