Ce que l’on ne peut confier à sa coiffeuse – Agata Tomazic

Traduction : Stéphane Baldeck

Un grand merci à l’amie qui m’a offert ce livre. J’ai passé un très bon moment à lire ces nouvelles hors du commun. Je ne connaissais pas Agata Tomazic mais je peux vous dire qu’elle mérite d’être lue. Ne vous attendez pas à quelque chose de classique. Mais avec le titre, impossible de se dire cela ! Bienvenue dans un monde déjanté où les personnages le sont tout autant ! Cette écrivaine slovène revisite des thèmes connus issus, pour la plupart, du fantastique. C’est fort plaisant, d’autant plus que les critères de la nouvelle sont respectés.

Mais cela ne s’arrête pas là. Il faut lire ces nouvelles à un autre degré. En effet, Agata Tomazic est « la voix » de la Slovénie. Dans tous les récits de ce recueil, nous pouvons retrouver ce petit quelque chose qui la rattache à l’Histoire de son pays.

Bref, j’ai vraiment apprécié la plume de cette écrivaine qui gagne à être connue.

La Fracture – Nina Allan

Traduction : Bernard Sigaud

16 juillet 1994… une date qui marquera à tout jamais la famille Rouane. Leur fille, Julie, disparait. Elle devait aller voir une copine mais cette dernière ne l’a jamais vue. Que s’est-il donc passé ? Fugue, enlèvement, pire ? Solène, sa soeur, aimerait le savoir. D’autant plus que tout ceci a fait mourir son père à petit feu. 2014… coup de théâtre, Julie réapparait ! Est-ce bien elle ? N’est-ce pas un de ces nombreux canulars auxquels la famille doit faire face depuis deux décennies ?

Je suis mitigée concernant mon avis sur ce roman. J’ai tourné frénétiquement les pages pour savoir si la disparue de retour au bercail était bien Julie, savoir ce qui lui était arrivé. On peut dire que Nina Allan ménage bien le suspense ! Mais ça, c’était jusqu’à la moitié du livre environ. Lorsque la romancière a commencé à introduire des textes sur une planète imaginaire, j’ai commencé à être sceptique. Même chose sur les fiches techniques de différents poissons… Ou alors, elles jouaient un rôle que je n’ai pas su déterminer. Le dénouement me laisse plutôt sur ma faim. C’est dommage, la première partie était prometteuse ! Ou peut-être est-ce moi qui n’ai pas compris ? Quoi qu’il en soit, j’ai un petit goût d’inachevé.

Le Lys de Brooklyn – Betty Smith

Betty Smith [XXe s ; Etats-Unis] Lys_br10

Voici le genre de livre qui me tient toujours en haleine pendant des heures et que j’aime lire et relire. Oh, non pas qu’il y ait du suspense, non, rien de tout cela ici. Mais ce genre de roman s’inspirant de larges éléments autobiographiques comme c’est le cas ici ou retraçant la vie de personnes dans un siècle qui n’est pas le nôtre attire toujours ma curiosité car on y trouve une foule de renseignements sur les us et coutumes de la société. Ce roman me fait le même effet que celui de Richard Llewellyn (Qu’elle était verte ma vallée), de  Susan Fromberg Schaeffer (Folie d’une femme séduite) ou encore de Jean Alambre (Jeanne d’Agnoux, de Corrèze à Decazeville). On y apprend ainsi comment une famille issue de l’immigration (la grand-mère maternelle de Francie est Autrichienne, ses grands-parents paternels sont irlandais) arrive à vivre avec quatre bouts de chandelle dans le quartier de Brooklyn au début du XXe siècle. Ces gens-là forcent l’admiration et le respect par leur courage et leur honnêteté. Le travail ne leur fait pas peur et pour rien au monde ils ne feraient quelque chose illégalement, contrairement à beaucoup à cette époque. Oh, bien sûr, il y a bien eu quelques petits mensonges mais c’était pour la bonne cause : pour que Francie aille dans une meilleure école ou pour qu’elle puisse suivre des cours d’été à l’Université sans être allée au lycée. Il y a également quelques obstacles car il ne faut pas croire que tout était rose : John Nolan, le père de Francie, boit. Katie, la mère de Francie, lui préfère de loin son petit frère, Neeley.

Pourtant, malgré tout cela, c’est toujours l’amour et la tendresse qui l’emporte. Betty Smith ne veut pas se montrer complaisante avec la misère et elle a bien raison car c’est ce qui fait que ce livre se place sur le haut de la pile.

Bref, ce roman est à lire et particulièrement si vous aimez avoir une étude détaillée de la société de l’époque. 

La vierge froide et autres racontars – Jørn Riel

Les apparences sont trompeuses. Je sais bien que le titre et la couverture pourraient laisser penser que je me laisse aller à vous faire un billet sur de la littérature érotique mais laissez au placard, sur-le-champ, vos petits sourires en coin et vos pensées salaces. Car ici, point de tout ça ! Eh, revenez !

Oui, bon, allez, je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques passages croustillants, bien sûr, mais on n’est pas non plus dans Cinquante nuances.… Vous m’avez comprise ! Nous partons au Groenland. Tout le monde a son passeport ? Alors on embarque ! Et on va à la recherche des trappeurs ! Mais lâchez-moi donc ce sourire, crénom de diou ! Il y en a qui vont se prendre des coups de raquettes ! Et faites gaffe, il y a un ours derrière vous, moi, j’dis ça, j’dis rien !

Valfred, Anton, Herbert, William Le Noir et d’autres encore, sont des hommes vivant dans l’extrême-Nord. Leur entourage est exclusivement masculin. Ces trappeurs vivent par deux, dans des conditions extrêmes. Alors à quoi rêve -t-on lorsqu’on est ainsi, entre mââââles ? Je vous fais un dessin ? Et de quoi parle t-on ? Mais de tout ma brave dame ! Et c’est justement ce quotidien que nous transmet, à sa manière, l’auteur.

Conçu sous la forme de petites nouvelles, de brèves anecdotes, de petits contes remaniés, ce roman est un remède à la mélancolie, je vous l’assure. C’est bourré d’humour (oui, je sais, je ne fais pas dans la finesse aujourd’hui mais vous m’excuserez, je ne suis pas en train de chroniquer La Princesse de Clèves, hein !) et ça fait un bien fou !

Ah, j’oubliais ! Pour ceux qui se poseraient encore la question : non, ce bouquin ne parle pas QUE de ça ! J’me comprends ! 

Extrait :

« Qu’est-ce que je dois faire ? hurlait-il. Qu’est-ce que je dois faire, Valfred ? » Et comme ça, sans arrêt. Que diable peut-on faire quand la première fille publique est à des milliers de kilomètres ? Je le tapote sur l’épaule et lui dis qu’on va arranger ça. « D’abord tu quittes ton pantalon, que je lui ai dit, et après tu cours face au vent du sud-est, du mieux que t’as appris. » 

Violentée – Cathy Glass

J’ai découvert Cathy Glass avec son livre Maman dit que c’est ma faute. Je pensais qu’on avait déjà atteint la paroxysme de l’horreur avec les souffrances infligées à Donna. Mais non… Ce qu’a subi la pauvre Jodie n’est même pas imaginable. Je n’ai même pas de mots… Quel courage de la part de cette petite fille et quel courage également de la part de cette famille d’accueil qui cherche toujours le meilleur pour ces enfants ! Cathy Glass et ses enfants n’ont pas hésité à voir leur vie complètement chamboulée par l’arrivée de cette petite tornade difficile à maîtriser, et pour cause !

J’ai vraiment été bouleversée par cette lecture. Je vais lire quelque chose de plus léger ensuite parce que là, il est difficile de s’enlever certaines images de la tête.