Les ailes – Yukio Mishima

Les Ailes : traduction de Marc Mécréant

Je découvre cet auteur japonais avec cette nouvelle figurant dans l’anthologie ci-dessus. Les ailes (Tsubasa) relate l’histoire de deux adolescents, Yôko (la fille) et Sugio (le garçon), cousins. On comprend, car cela est écrit de façon très poétique, que les deux ressentent quelques émois. Et cela frise le fantastique lorsque Sugio s’imagine que Yôko est un ange et qu’elle doit avoir des ailes dans le dos. Il n’aura alors plus qu’une idée en tête : les voir. Il espérait pouvoir aller, l’été suivant, aux bains de mer avec elle. Mais en 1943, les attaques aériennes font rage. Sugio est requis par le service du travail. Il doit se rendre dans une usine d’aviation. Avant le départ, les deux cousins vont voir leur grand-mère qui a l’habitude de prendre un bain après sa sieste. Auront-ils la chance de partager l’eau chaude ? Sugio pourra-t-il apercevoir les ailes de sa bien-aimée ?

J’ai apprécié cette écriture tout en finesse ainsi que la symbolique qui en ressort. On pourra voir quelques éléments autobiographiques : Mishima côtoyait beaucoup ses cousines, sa grand-mère était très présente et avait un caractère bien affirmé. Publiée en 1951, cette nouvelle montre aussi l’envers du décor d’un Japon d’après-guerre que l’auteur détestait. La noirceur finale en est le reflet.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Yukio Mishima

Pays : Japon

Nombre de pages : 28

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En classe avec Anne Frank – Théo Coster

Traduit de l’anglais par Marie Boudewyn

Qui n’a pas lu le fameux journal d’Anne Frank, que ce soit dans son intégralité ou en extraits ? J’ai eu l’occasion, lors d’un voyage scolaire aux Pays-Bas, de pouvoir visiter la maison des Frank. Bon, certes au pas de course car les gamins que je surveillais faisaient la visite à un rythme effréné, mais quand même, c’est une visite qui marque. En voyant ce livre, je me suis dit que c’était l’occasion d’en apprendre plus sur cette histoire.

Theo Coster nous fait part de ses souvenirs. Il fait également appel à d’autres camarades de classe, rescapés, pour raviver la mémoire d’Anne Frank qui, au final, n’apparait que par petites touches successives. Elle est ainsi décrite par Hannah Goslar comme « irritante ! Une vraie mademoiselle Je-sais-tout »(P29). Il ressort d’elle un côté un peu excentrique, un caractère bien affirmé (« Anne s’est dressée contre ses parents, en particulier sa mère. » P89) mais également une certaine gaieté. Malheureusement pour elle, elle était dotée d’une santé bien fragile. Elle mourra du Typhus, tout comme sa soeur, Margot, au camp de Bergen-Belsen, en 1945.

J’ai trouvé ce livre très intéressant car il permet de mieux comprendre ce qu’ont vécu ces enfants, ces familles pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je laisse le mot de la fin à l’auteur : « Il semblerait que peu de gens aient conscience aujourd’hui de ce à quoi ressemble la vie en temps de guerre et qu’il ne faudrait surtout pas qu’un autre conflit d’une telle ampleur éclate. » (P210-211)

Le Talisman – Vaikom Muhammad Basheer

Traduction : Dominique Vitalyos

Ce recueil est composé de 12 nouvelles. Je viens de lire « Le Talisman » et j’ai vraiment apprécié. À travers une famille, le chien, et leurs amis, on retrouve toute la société indienne avec ses us et coutumes et ses complexités. Ainsi, Khan, le molosse musulman, était amoureux de la chienne hindoue de la voisine. Mais il se fit sauter dessus par six chiens hindous et se fit arracher la moitié de l’oreille, sans compter les nombreuses morsures. Khan se mit alors à mordre toutes les femmes hindoues. On retrouve ici, à travers cette histoire, l’Histoire de l’Inde après la décolonisation, après la fameuse partition. Mais comme l’auteur se veut être un conteur hors pair, il nous raconte également comment le maître de Khan, Abdul Aziz, complexé par sa calvitie, croise la route d’un homme qui lui vend des talismans : un pour le chien, un pour lui et un pour son ami, aussi fixé sur son crâne chauve que lui. Cet homme se fait passer pour quelqu’un de très religieux. Marchera, marchera pas ?

En tous les cas, ce qui a marché, c’est l’écriture de cet auteur ! J’ai aimé sa plume qui, sous des tons légers, nous fait voyager et nous amène en Inde non sans une certaine réflexion. C’est futé !

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Vaikom Muhammad Basheer

Pays : Inde

Nombre de pages : 15

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Cette nouvelle entre également dans Les Etapes indiennes chez Hilde.

Le goût âpre des kakis – Zoyâ Pirzâd

Traduction : Christophe Balaÿ

C’est la première fois que je lis de la littérature iranienne. Cette nouvelle, Le goût âpre des Kakis, fait partie d’un recueil éponyme de 5 textes ayant, d’après ce que j’ai pu voir, un fil conducteur : le couple tiraillé entre la tradition et la modernité.

Dans cette nouvelle, j’ai aimé la façon dont est décrite la société iranienne, ses us et coutumes, et son évolution. L’histoire ne nous donne pas de date précise, certainement pour nous perdre encore plus et adhérer au plus juste avec les personnages. La maîtresse de maison ne peut pas avoir d’enfant, tout le monde cancane mais elle résiste. Son mari, le prince, ne la quitte pas pour autant. Le couple est connu et apprécié pour sa générosité, notamment quand les kakis sont mûrs.

J’ai trouvé cette nouvelle très intéressante, très enrichissante. Cependant, une petite chose me chiffonne : la fin. Il n’y a pas de chute, ou alors je ne l’ai pas comprise… et une nouvelle sans chute, ce n’est pas une nouvelle ! Ceci dit, je ne reste pas sur cette note légèrement négative. J’ai apprécié le style de Zoyâ Pirzâd et je vais aller de ce pas me renseigner un peu plus sur ses ouvrages.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Zoyâ Pirzâd

Pays : Iran

Nombre de pages : 35

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Le puits – Eduardo Antonio Parra

Traduction : François Gaudry

Cette nouvelle appartient au recueil Les Limites de la nuit. Eduardo Antonio Parra est un écrivain mexicain que je découvre. Et quelle découverte ! Un uppercut !

Le narrateur semble apprécier l’ombre (on notera la référence au titre du recueil). Il est avec un garçon et l’amène quelque part. Visiblement, le chemin est rude et le garçon a du mal à avancer. Pendant ce périple, il lui raconte sa vie et notamment un certain épisode : voulant se faire de l’argent avec un copain, ils ont arnaqué des paysans. Mais on n’extorque pas de l’argent à de pauvres cultivateurs sans que ça se retourne contre les escrocs… Et le garçon est bien loin de se douter qu’il va lui aussi subir les conséquences de cet épisode.

Je n’en dis pas plus ! Mais sachez que cette nouvelle associe tout ce que j’aime : une attente et une chute à la fin qui laisse sur le derrière ! En revanche, âmes sensibles s’abstenir.

Challenge Les textes courts.

Genre : Nouvelle

Auteur : Eduardo Antonio Parra

Pays : Mexique

Nombre de pages : 14