Nous, les Magnifiques – Julie de Lestrange

J’attendais avec impatience de pouvoir lire ce nouveau roman ! J’avais été emballée par La nouvelle Arche, Tome 1 et Tome 2, un véritable coup de coeur. Et très gentiment, Julie de Lestrange s’est proposée de m’envoyer son livre. Je sautais partout !

Je la découvre dans un autre style : une tranche de vie. Remarquez que dans La nouvelle Arche, le quotidien apparaissait beaucoup. Et c’est justement ce qui me plaît car on peut adhérer d’autant plus facilement. Nous suivons le quotidien d’Alexandre, une vie banale qui pourrait presque se résumer au fameux « métro-boulot-dodo ». Mais on ne va évidemment pas en rester là car la vie n’est pas une longue ligne droite. Il y a toujours un grain de sable venant se coincer dans un engrenage… Un contrat non renouvelé pour sa femme, un père qui lui présente sa nouvelle copine, et c’est l’hécatombe ! Vous savez ce que c’est, en général, il suffit qu’il y ait une chose négative qui arrive pour qu’on se retrouve avec tous les ennuis du monde !

J’ai, une fois de plus, grandement apprécié ce livre ! Les personnages sont attachants, les situations réalistes. Tout ceci m’a fait tourner les pages frénétiquement et je suis arrivée à la fin sans m’en être rendue compte ! Ce roman donne à réfléchir et beaucoup de choses positives en ressortent. Les obstacles de notre vie quotidienne nous rendent plus forts et c’est la leçon qu’il faut retenir.

Je n’ai pas (encore) lu les deux premiers tomes mettant en scène Alexandre, Sophie et tous leurs amis mais ce tome peut être lu de façon indépendante. Ceci dit, je vais m’empresser de les lire !

Un grand merci, très chère Julie, pour m’avoir fait découvrir ce nouvel opus.

La mauvaise herbe – Yves Montmartin

Je tiens à remercier dans un premier temps l’auteur, Yves Montmartin, qui non seulement a eu la gentillesse de me faire découvrir son roman et qui a eu la patience d’attendre que je le lise puisque la période était plutôt aux révisions.

Sans le faire attendre plus longtemps, j’ai adoré ce livre. C’est un véritable coup de coeur et un uppercut en même temps. Mais que nous raconte-t-il ? L’histoire d’une jeune fille algérienne, de sa vie positive et presque insouciante jusqu’au moment où arrive le mariage. Sa tante s’était déjà rebellée contre cette pratique mais elle regrettait une chose : ne pas avoir eu d’enfant. Donc, Amira, qui commençait à sentir ce désir poindre dans son ventre, va accepter de se marier. Mais cela va révolutionner sa vie, ses habitudes… Je n’en dis pas plus.

Il y a parfois des coïncidences… Lorsque je suis allée passer mon concours, à Lyon, je suis tombée sur un dossier portant sur la condition féminine, notamment de la femme mariée. En rentrant, j’attaque ce roman dont une partie se passe à Lyon et dont le thème est le même ! J’ai aimé apprendre les us et coutumes des Algériens mais j’ai souffert avec Amira ou sa copine. Yves Montmartin a su rendre l’atmosphère de cette histoire au point que nous, lecteurs, nous vivons les choses en même temps que les personnages. J’ai souri lors des moments positifs, j’avais une boule d’angoisse qui montait au fur et à mesure des instants négatifs. Quant à la fin, elle m’a fait l’effet d’une claque, et une claque magistrale !

Bravo à l’auteur pour s’être aventuré sur un terrain glissant ! Il n’est pas facile de dénoncer la condition féminine dans certains pays.

À coeur ouvert – Marie Val

Date de parution : le 20 mai 2021

Cet ouvrage est un recueil de poèmes. Comme l’indique le titre, Marie Val va se livrer à travers son écriture et une poésie très contemporaine. En peu de mots, on comprend que la plume l’aide à se libérer d’angoissantes choses vécues.

Cette façon de versifier, en langage courant, simple, parfois un peu familier, permet de s’adresser à un public très large. Les blessures sont ainsi partagées. Mais cela permet également de montrer qu’on peut surmonter tout cela, quel que soit le moyen choisi.

Bravo pour cela !

Sur le plan littéraire, il y a bien quelques imperfections, dans la métrique ou dans l’orthographe. Mais je ne pense pas que le but recherché soit de concurrencer Baudelaire ou de faire quelque chose d’absolument parfait. Ce recueil est celui du coeur, d’un coeur blessé qui se reconstruit, d’un coeur généreux qui s’ouvre à nous.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Recueil poétique

Auteur : Marie Val

Pays : France

Nombre de pages : 68

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Contes glacés – Jacques Sternberg

Dans Les Contes glacés de Jacques Sternberg, la première chose qui choque, c’est le titre. Il s’agit presque ici d’un oxymore. Je m’explique : le mot « conte » représente souvent à nos yeux un monde féerique où le gentil prince viendra toujours à bout du dragon pour épouser sa belle (oui, j’ai été élevée aux contes de Grimm). Et pourtant… En y réfléchissant bien, les contes reflètent très souvent un aspect négatif afin d’en tirer une morale. Il n’y a qu’à lire ou relire Le Petit chaperon rouge ou Barbe Bleue pour s’en persuader. 

Dans ce recueil, Jacques Sternberg essaie d’étudier l’angoisse, la peur de l’homme face à l’étrange, face au surnaturel. Cette sourde panique qui nous étreint lorsque nous ne sommes plus devant nos certitudes, notre logique… Cette déstabilisation sur laquelle, d’ailleurs, avait joué Rod Serling, le créateur de La Quatrième dimension (The Twilight Zone) dans les années 60. Pour ce faire, l’auteur va utiliser la concision afin de surprendre les lecteurs et, surtout, il va terminer ses contes par des chutes, à la manière des nouvelles. L’adhésion est d’autant plus importante que les contes utilisent non pas du féerique mais un univers quotidien dans lequel l’irrationnel vient s’immiscer.

Il s’agit là d’une véritable prouesse technique et d’un auteur, décédé malheureusement en 2006, à découvrir ou à redécouvrir. 

Extrait :

Le Communiqué

Il était sur le point de s’endormir quand, soudain, il vit briller dans la nuit la petite lucarne de sa radio qu’il avait oublié de fermer. Il se redressa et, machinalement, il fit passer d’un poste à l’autre l’aiguille de métal qui boucla le tour du cadran sans se heurter au moindre son, pas même un parasite. Il allait fermer le poste quand soudain l’aiguille se buta à une voix. L’homme s’étonna: il n’avait jamais obtenu le moindre programme sur cette longueur d’ondes.
– Cher auditeur… dit la voix.
De cela, l’homme était certain : la voix n’avait pas fait mention des chers auditeurs. Cher auditeur, avait-elle dit. Et cette voix ne semblait pas appartenir au monde des spectacles et diffusions. Elle n’en avait pas la sonorité classique, il lui manquait une certaine onctuosité, un certain pouvoir rassurant. Elle sonnait sèche, personnelle. Le ton était distant, neutre, légèrement froid.
– Cher auditeur, dit la voix sans aucun effet oratoire, il est maintenant zéro heure, zéro minute, zéro seconde. Votre programme est terminé. Nous vous donnons rendez-vous demain matin dans un autre monde.
L’homme, en effet, ne passa pas la nuit.

Tragédies salutaires – Dario Bicchielli

Dario Bicchielli [XXe-XXIe s / Belgique ; Nouvelles] Image

Quatrième de couverture :

Amour et haine, liberté et oppression, éveil et repos, vie et mort, des mondes antagonistes aux frontières subtiles et capricieuses. Dans ce recueil, ces univers se côtoient sans cesse, se chevauchant et s’alternant au gré des péripéties de parfaits antihéros dont l’anonymat transcende les forces et les faiblesses de la condition humaine. 
« Tragédies salutaires » est le premier livre d’un jeune auteur à la plume cinglante et pourvue d’ironie. Teintées d’humour et de cynisme, ses nouvelles relatent les déboires de personnages attachants aux histoires étonnantes, détonantes et riches en rebondissements.

Mon avis : 

La première nouvelle commence comme une nouvelle de science-fiction que j’avais lue il y a bien longtemps (et dont je suis incapable de me remémorer le titre), ce qui a attiré mon attention. Mais là s’arrête la comparaison car il ne s’agit pas du tout de science-fiction ici mais bien plutôt d’une nouvelle très mordante. Imaginez plutôt : vous vous réveillez de bon matin, vous entendez du bruit au rez-de-chaussée, vous vous levez et vous vous prenez un bon coup de crosse sur le coin du nez (ou plutôt de l’arcade)… Douloureux comme réveil, hein ? Mais si l’agresseur n’était pas celui que vous pensiez ?  
On notera dans ce texte le suspense rendu par les multiples interventions du narrateur. Le ton, associant envolées soutenues et vocabulaire familier, donne une atmosphère à ce court récit très réussi.

La deuxième nouvelle est radicalement différente. Elle nous présente Jack Madison, jeune homme à qui tout souriait et qui aurait pu faire carrière dans le base-ball s’il n’y avait pas eu cette satanée rupture sentimentale à la suite de laquelle il décida de prendre part à la guerre du Viêt Nam… Encore une fois, je n’ai pas vu venir la chute. Dario Bicchielli bichonne son final, croyez-moi ! Il sait surprendre. S’ensuivent quelques « entractes » de haute tenue démontrant, s’il le fallait, que l’auteur sait jouer avec l’humour et les mots.

La troisième nouvelle a pour décor le monde hospitalier. Link va bientôt s’endormir pour l’éternité. Avant cela, il nous offre un grand voyage. Texte très émouvant mais qui donne à réfléchir. Enfin, après un deuxième interlude, la quatrième nouvelle nous projette dans les pensées d’une personne qui, soudain, se retrouve paralysée et se livre à une réflexion intérieure. Enfin, la dernière histoire met en scène l’ennemi public n° 1. Le recueil se termine par de la poésie et l’on pourra remarquer à quel point l’auteur jongle entre prose et poésie, sans filet.

Je ne peux que vous conseiller ce livre brillant, puissant, provocateur et accrocheur ! Je ne suis pas sortie de ma lecture jusqu’à l’ultime page.e