Sauter dans les flaques – Laurent Buchheit

L’auteur n’était pas orphelin mais il a été retiré à sa famille par les services sociaux. Il a fait la douloureuse expérience de l’alternance entre l’orphelinat et plusieurs familles d’accueil. La première famille était très bien, Laurent commençait à se reconstruire lorsque du jour au lendemain, il dut partir dans une autre. Heureusement pour lui, elle était tout aussi aimante que la première.

Il est toujours poignant de lire ce genre d’histoire, d’autant plus lorsque c’est celui qui l’a vécue qui la raconte. Je lis souvent les témoignages des familles d’accueil, plus rarement celui des enfants placés. Le livre est court (126 pages) mais je pense que l’auteur l’a voulu ainsi afin d’être mimétique de ce qu’il a vécu : pas le temps de souffler, on passe à autre chose. On perçoit bien les sentiments de cet enfant de 7 ans qui n’a pas son mot à dire alors qu’il comprend très bien les choses. Lorsqu’on vit de tels évènements, on grandit plus vite. Tout ceci se déroule dans les années 70.

La plume est fluide, alerte. J’ai apprécié le fait qu’il n’y ait pas de victimisation, de pathos. Laurent raconte les faits tels qu’ils se sont passés. Je ne regrette qu’une chose : le livre est court (126 pages) et j’aurais aimé que la fin soit un peu plus développée. Mais peut-être est-ce la pudeur qui l’a en empêché…

La Vierge au lait et autres histoires fantastiques du Berry – Martine Hermant

Illustrations de Chris Brigonne

Un grand merci à Martine pour ce fabuleux cadeau ! Vous me connaissez, quand il y a du Moyen Âge quelque part, j’accours ! Le tableau d’Agnès Sorel en couverture, thème de la première nouvelle, ne pouvait qu’attiser ma curiosité. J’ai donc mis le nez dedans, puis les lunettes et… le monde pouvait s’écrouler autour de moi, j’ai dévoré ce recueil ! Je n’ai jamais caché le fait d’apprécier énormément le style de Martine Hermant. Ici encore, cela se confirme ! J’en suis restée ébaubie !

J’aime beaucoup les contes et légendes des différentes régions, d’autant plus lorsqu’ils sont revisités ainsi. Connaissant d’autant plus le Berry, je ne pouvais qu’adhérer à ces fantastiques textes. Les illustrations de Chris Brigonne apportent un charme et une atmosphère indéniables.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré !

Cette nouvelle entre dans le challenge Les textes courts (12 nouvelles faisant entre 3 et 82 pages).

Tiennot – Bernard Clavel

Tiennot est un pauvre bougre qui a 35 ans lorsque son père, la seule famille qui lui restait, meurt. Certes, il sait faire des choses mais rester seul, ainsi, sur son île, est-ce bien raisonnable ? Les habitants du village lui conseille de chercher une femme. Lorsque Flavien, le cabaretier, lui amène Clémence, cela change la vie de Tiennot. Mais les éléments se déchaînent. La Loue est en crue et la jeune femme a peur…

Quel magnifique texte ! Bernard Clavel met en scène la vie quotidienne des petites gens. L’atmosphère est aussi rude que l’endroit où habite son personnage. On s’attache à Tiennot, bien que rustre, car on sait qu’il est simple d’esprit. On se prend de compassion pour ce pauvre bougre même s’il n’accomplit pas que de bonnes choses. Bref, c’est âpre, c’est prenant, c’est riche en émotions.

Chemins bleus – Gaspard Saga

Leticia se sent mal dans sa vie de jeune bourgeoise. Elle décide de prendre les choses en main. Fini le travail dans une grande entreprise, Cosmetic One, et bonjour la remise en question. Ne serait-il pas mieux de faire quelque chose qui serait plus en adéquation avec ses idées, ses valeurs ? En fouillant dans une boîte contenant quelques objets de son enfance, elle découvre une carte du Pays basque. Elle sera un tournant dans sa vie…

Ne passons pas par quatre chemins, j’ai aimé ce roman. L’écriture est fluide, agréable à lire. La plume est alerte, parfois incisive ce qui n’a pas été pour me déplaire. L’histoire est bien amenée. Cette quête initiatique est plutôt originale. Que demander de plus ?

Un grand merci à l’auteur pour sa confiance.

Te tenir la main pendant que tout brûle – Johana Gustawsson

L’inspectrice Maxine Grant est envoyée sur une enquête sordide : son ancienne institutrice du village de Lac-Clarence au Québec aurait assassiné son mari de 31 coups de couteau. Mais comment une petite bonne femme comme elle aurait-elle pu tuer ainsi un homme aussi imposant ? Un homme qu’elle aimait par-dessus tout ?

À travers cette enquête, on suit également le destin de Lucienne, dont les 2 filles sont décédées dans l’incendie de sa maison en 1899 et de Lina, en 1949, dont la mère, Lisette, travaillait dans une maison de repos.

J’ai lu ce roman d’une traite et il m’a fichu une sacrée claque ! Quand on croit avoir compris toute l’histoire, vers la fin du roman, un rebondissement a lieu. Et paf, tout est à l’eau ! Quel texte mes aïeux, quel texte ! J’en ai eu des frissons ! Je ne connaissais pas cette romancière qui, comme le nom ne l’indique pas (elle est mariée à un suédois), est française. Je vais lire sa trilogie mettant en scène un duo : Emily Roy et Alexis Castells.

Merci à Belette, du blog The Cannibal Lecteur pour cette découverte !

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Ce roman entre dans le challenge de Sharon, Thrillers et Polars