La Disparue de Saint-Guilhem-le-Désert – Katia Verba

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Lorsqu’un livre de Katia Verba est publié, je n’hésite jamais : je dois le lire, c’est plus fort que moi. Théâtre ou roman, peu importe, Dame Katia excelle dans les deux genres. Cette fois, une jeune fille, Aliette, a disparu le jour de son anniversaire. Cette adolescente rebelle n’en est pas à sa première frasque mais le temps passant, on se dit vite que la fugue a ses limites et que l’affaire doit être bien plus grave qu’il ne paraît…

Quel plaisir de lire quelque chose se passant dans le Sud de la France ! Tous les noms me parlent : Saint-Guilhem, Lodève, Sète, Frontignan… et pour cause… Perpignan n’est pas très loin et toute ma belle-famille est à Sète. Inutile donc de vous dire que ce sont des coins que je connais comme ma poche. Ceci dit, nous ne sommes pas dans un manuel de géographie et les lieux ne sont qu’un appui à la succession des événements, ce qui est bien normal dans un livre se situant entre le roman noir et le thriller.

Le déroulement de l’intrigue est mené d’une main de maître. J’ai tourné frénétiquement les pages sans pouvoir m’arrêter ou presque. Le suspense est à son comble et jusqu’au bout on cherche pourquoi Aliette a disparu. Le dénouement laisse pantois et si vous arrivez à trouver avant la fin du roman, vous méritez d’être le prochain Sherlock Holmes ! Le seul petit bémol (mais vraiment tout petit), c’est que la fin arrive un peu trop vite à mon goût mais c’est peut-être parce que je ne veux pas sortir de l’intrigue…

Si vous ne savez pas quoi offrir à Noël, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

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Au bord de la rivière (T4) – Michel David

Tome 4 : Constant

 

Ce dernier tome n’a pas pour titre – et donc, personnage principal,- un enfant de la famille. Peut-être, justement, pour ouvrir sur une perspective d’avenir. Il faut dire qu’en parlant d’avenir, ce pauvre Constant ne voyait pas le sien avec Bernadette, qui l’avait envoyé sur les roses, pensant qu’elle avait toutes ses chances avec l’inspecteur. Ah, l’image d’Épinal : bel homme, bonne situation… et une belle idiote qui ne se rend pas compte que Constant est vraiment celui qui la rendrait heureuse. N’avait-il pas toujours été là, même dans les situations les plus rudes ?

Quant au couple Camille / Liam, qui faisait parler de lui, il a fait du chemin. Et des événements imprévus peuvent parfois arranger un couple…

Au final, nous avons suivi, dans ces quatre tomes, l’évolution de toute la famille mais aussi du rang, devenu une paroisse. J’ai appris beaucoup de choses sur la vie de ce Québec du XIXe siècle.


Extrait : 

« — Je pense qu’Ann aimerait retourner à l’école cette année, avoua-t-elle en baissant un peu la voix.

— Tu m’as dit qu’elle sait lire et écrire, c’est ben assez.

— Elle voudrait avoir son diplôme, insista Camille.

— Pourquoi ? dit Liam sèchement.

— Une femme qui en sait trop devient vite pas endurable, intervint Paddy Connolly toujours aussi pompeux. Il y a rien de pire qu’une femme trop instruite.

— Mon oncle, vous en savez rien, le rembarra sèchement sa nièce par alliance. Vous avez jamais été marié. »

Au bord de la rivière (T3) – Michel David

Tome 3 : Xavier

 

Ce tome est consacré à Xavier, le fils rebelle qui ne veut pas entendre raison lorsqu’il s’agit de sa vie privée. En effet, il aime plus que tout Catherine et cette annonce avait déjà provoqué du remous au sein de la famille. Oh, pas une simple petite dispute, non ! Baptiste, le père, en avait fait une attaque ! Mais pourquoi ? Tout simplement parce que cette Catherine s’est retrouvée, quelques mois plus tôt, fille-mère. Et personne n’a cherché à savoir pourquoi, comment. Marie, la mère de Xavier, a décrété qu’une « Jézabel » n’entrerait jamais dans sa famille…

En parlant d’amours malheureuses, il y a deux autres membres qui en subissent les affres : Camille, tout d’abord, dont le mari est une brute épaisse et Bernadette ensuite, qui a rompu ses relations avec Constant.

Décidément, il y a toujours de l’action dans la famille Beauchemin !

J’ai commencé le quatrième tome. Snifff, je suis déjà triste en sachant qu’il s’agit du dernier.


Extrait : 

Marie Beauchemin avait subitement réalisé au départ des nouveaux époux que son fils avait uni pour de bon sa destinée à celle de Catherine Benoît, et elle était loin d’être rassurée sur l’avenir du couple. Qui sait quelle sorte d’épouse et de mère une fille comme ça allait faire ? Si son mari avait encore été vivant, il n’aurait jamais accepté une telle union, elle en était persuadée. En participant à ce mariage, elle avait un peu l’impression de l’avoir trahi.

Au bord de la rivière (T2) – Michel David

Tome 2 : Camille

 

Camille va bientôt avoir trente ans. Et son seul défaut est de ne pas être mariée. A cette époque, on était alors considérée comme une vieille fille. Aussi, accepte-t-elle d’épouser son voisin irlandais, Liam Connolly, qu’elle connaît bien, s’étant occupée de ses enfants à la mort de sa femme. Mais celle-ci ne fait pas cela de gaieté de coeur. En effet, autant elle apprécie de plus en plus Ann, Patrick, Duncan et la petite Rose, autant elle déteste le côté rustre et violent de leur père. On aura bien compris que ce ne sera pas la plus chanceuse en amour. Et Bernadette, sa cadette, qui fait la fine bouche alors que Constant Aubé lui manifeste une attention forçant le respect ! Bref, la famille s’agrandit et nous partageons leurs joies et leurs peines.

Parallèlement aux personnages, nous voyons également, dans ce second tome, le rang évoluer. La paroisse est désormais en place mais ce ne sera pas de tout repos.

Je suis toujours aussi fan de cette saga familiale qui ne s’essouffle pas. Allez, j’attaque le tome 3 !

 

 

Extrait : 

 

 Alors que les trois femmes se mettaient en route vers l’entrée du temple, Bernadette aperçut soudain Constant Aubé en grande conversation avec Aurélie Jutras, une grande et jolie jeune fille du rang Saint-Paul. Le propriétaire du moulin à farine semblait si absorbé qu’il ne sembla même pas la voir.Bernadette piqua un fard et accéléra le pas pour ne pas laisser voir à sa mère et à sa sœur à quel point elle encaissait mal le coup. Cependant, sa réaction n’échappa pas à sa sœur.

— Sainte misère ! s’exclama Camille à voix basse en s’adressant à sa sœur cadette. On dirait bien que l’ancien homme engagé de Thomas Hyland est pas mal moins gêné avec les filles qu’il l’était avant.

— Tant mieux pour lui, murmura sa mère en feignant d’ignorer le trouble de sa fille cadette. C’est un bon garçon et il a un cœur en or. S’il a trouvé une belle fille qui s’intéresse à lui, qu’il en profite.

— Une belle fille, il faut le dire vite, ne put s’empêcher de dire Bernadette, incapable de cacher plus longtemps sa jalousie.

— La fille d’Adjutor Jutras est pas laide pantoute, la reprit sa mère en se glissant sur le banc loué par les Beauchemin. En plus, j’ai entendu dire que c’était une ménagère dépareillée…

Le genre de fille que j’aimerais bien voir ton frère marier.

Bernadette choisit de ne rien dire et s’abîma dans des pensées moroses, regrettant plus que jamais d’avoir éconduit Amable Fréchette.

Au bord de la rivière (T1) – Michel David

Tome 1 : Baptiste

Bagatême ! Je suis tombée en amour avec les sagas québécoises ! Après celle de Micheline Bail, Pain noir, pain blanc, que j’avais adorée et « avalée » en un temps record, voici Au bord de la rivière de Michel David, qui nous embarque dans la famille de Baptiste, Marie et leurs enfants. Nous sommes vers la fin du XIXe siècle, en 1870 plus précisément. On ne parle pas encore de villages mais de rangs. Ces derniers, qui étaient, en fait, une division des terres, se situaient auprès des cours d’eau. Baptiste rêve de créer une paroisse dans le sien, ce qui lui éviterait de faire des kilomètres pour assister à l’office. Tout ce tome va y être consacré. On va voir les différentes « guerres » intrinsèques des habitants voulant tirer la couverture à eux. Mais, bien plus que cela, on va prendre conscience de la vie à cette époque où les gens savaient se contenter de peu.

Les personnages de Michel David sont attachants. Il a su leur donner une profondeur suffisante et nous livrer leurs émotions, leurs ressentis, afin que l’on puisse les suivre dans leurs différentes pérégrinations. On a l’impression de vivre à cette époque, de faire partie du rang, de la famille de Baptiste.

Allez, j’ai le tome 2 sur le feu. Je vous laisse ! Correct ?


Extrait : 

— Le pont vient de partir avec les glaces.

— Hein ? fit Xavier, sidéré. On n’a plus de pont ?

— Arrête donc ça, toi ! renchérit Baptiste, incrédule.

— Je te le dis. J’en reviens. Je m’en allais chez Dionne chercher des clous. En m’approchant du pont, j’ai ben vu qu’il y avait un embâcle. Juste au moment où j’allais monter sur le pont avec le boghei, j’ai entendu un craquement. Le temps de faire reculer la voiture, les glaces l’ont soulevé comme si c’était rien et elles sont parties avec. Il reste plus rien. J’ai jamais eu aussi peur de ma vie, torrieu !

— Ah ben, bonyeu, il nous manquait plus que ça ! s’emporta Baptiste.

— Je viens d’aller avertir le gros Tancrède qu’il a plus de pont.

— Là, on a l’air fin ! Comment on va faire pour traverser ? Je veux ben croire que ce pont-là avait même pas cent pieds de long, mais on peut tout de même pas marcher sur l’eau comme Notre-Seigneur, pour aller à la forge ou au magasin général.

Tue-moi – Chloé Dubreuil

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Quatrième de couverture :

Dans un champ de blé, un bébé vient de naître, sa mère à ses côtés, morte, une statuette de bois dans sa paume entrouverte. Le nouveau-né est découvert, recueilli, aimé par un couple de saltimbanques. Enfant devenu femme avec le drame de sa naissance pour obsession, Zahra part à la recherche du père, celui qui n’était pas là. Un père, devenu l’objet d’une valse entre amour et déraison ; objet d’une quête originelle nécessaire, pour une rencontre, ultime…

 

Mon avis :

Chloé Dubreuil sort des sentiers battus en nous présentant ce livre, à mi-chemin entre roman noir et thriller. Nous ne sommes pas ici dans quelque chose d’historique.

Le titre peut déjà nous faire concevoir une histoire peu banale… et les gros nuages sur la couverture sont symboliques de tout ce qui peut venir obscurcir une vie, ce qui est bien le cas ici.

Lorsqu’une famille de nomades découvre dans un champ une femme morte en couches et son bébé à côté, leur instinct familial les pousse à adopter cette petite chose qui n’a rien demandé et qui commence sa vie ainsi, dans la boue. Là encore, on pourra y voir un présage. Mais comme souvent chez les enfants adoptés, la recherche de ses racines est plus forte que tout, quitte à détruire…

J’ai lu ce livre sans m’arrêter, ou à peine. On peut dire que Chloé Dubreuil sait ménager les élèves le suspense. On souffre avec la famille adoptive, avec Zahra. On veut savoir nous aussi, coûte que coûte. Je ne m’attendais pas du tout à ce dénouement, qui m’a laissé un sentiment de malaise car, sans rien dévoiler, on peut dire qu’il est peu conventionnel (ouf, heureusement !), que ce soit dans la vie réelle ou dans les habitudes que nous avons lorsque nous lisons un roman de ce type.

Tout ceci vous intrigue ? Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire…

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

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Quatrième de couverture :

Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis :

Tout d’abord un grand merci à Babelio et son opération Masse critique, aux Éditions Belfond et à l’auteur pour ces heures de lecture très plaisantes…

Plaisantes certes mais waouh, angoissantes également !  Amateurs de sensations fortes, ce livre est fait pour vous ! En revanche, si vous êtes à la recherche d’un médecin… ben… euh, vous risquez de l’attendre longtemps ! Parce que les médecins, dans ce bouquin, tombent comme des mouches. Fallait pas augmenter les tarifs ! Les petites natures victimes sont torturées et les sévices subis en ferait pâlir Vlad, le chic type qui empalait les gens à la vitesse de l’éclair (oui, bon, ça va, on a le droit de faire une petite touche d’humour quand même, non !). Bref, si votre toubib met du temps à répondre, allez voir à la cave s’il n’est pas ventilé façon puzzle.

Bien, bien, bien, mais quel est le rapport avec Fanny, cette mystérieuse mère de famille qui a imposé à son mari de ne jamais lui demander de raconter son passé et dont l’un des mioches a l’air d’être inspiré par le personnage de Massacre à la tronçonneuse ? Et vous pensez vraiment que je vais vous le dire ?

Allez, hop, on note précieusement ce livre sur sa liste ! Oui, oui, je sais, la PAL va s’écrouler…