Un repas gourmand à la française – M.H Baylac

Marie-Hélène Baylac [XXe - XXIe s / France ; Gastronomie] Repas

Quatrième de couverture :

Ce livre fait une large place à l’histoire des plats et des pratiques culinaires qui n’ont cessé et ne cessent d’évoluer. Il parcourt la littérature française qui abonde en témoignages sur la place de la cuisine dans notre société. Nous l’avons aussi voulu richement illustré puisque, avant même de goûter ce que nous allons manger, nous le regardons. Et l’on sait comme un beau produit ou une assiette agencée avec soin constitue un premier plaisir gourmand. Alors, ouvrez les yeux et régalez-vous !

Mon avis :

« Alors, ouvrez les yeux et régalez-vous ! », telle est la dernière phrase de la quatrième de couverture. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé pour moi dès l’instant où j’ai mis le nez dans ce livre. En entrée, Marie-Hélène Baylac propose de mettre les yeux en action. En effet, les tableaux accompagnent parfaitement les textes. Pendant que l’on se délecte des techniques artistiques des différents peintres ayant su reproduire à la perfection certains mets, que l’on commence à avoir les papilles en ébullition, arrive le plat principal : l’Histoire culinaire, les petites anecdotes et, en accompagnement, de la littérature. Et avec ça, vous prendrez bien un dessert ! Mais bien sûr, on ne va quand même pas quitter la table de suite ! La suggestion du chef, cerise sur le gâteau, sera donc de finir chaque menu par des recettes. Vous ressortez de là avec cette impression d’avoir divinement nourri tous vos sens.

J’ai appris énormément de choses. L’association des différentes rubriques est une excellente idée. L’ouvrage est magnifique, complet de surcroît. Je vous assure que vous le classerez, au final, dans votre bibliothèque et non dans votre cuisine.

Les ombres portées, Zola, correspondances intimes – Sophie Guermès

Quatrième de couverture :

Le 10 novembre 1891, un drame survient dans la vie d’Alexandrine Zola. Elle apprend par une lettre anonyme que son mari entretient une liaison avec Jeanne Rozerot, leur ancienne lingère, et qu’il a eu deux enfants avec elle. Dévastée, elle veut se rendre chez sa rivale, mais son mari l’en empêche et charge un ami de mettre à l’abri sa famille jusqu’alors cachée. Plus tard, elle lira les lettres échangées entre les amants.

Chacun des protagonistes de ce drame porte son poids d’ombre, qu’il s’agisse de celle du secret ou de celle de l’inaccompli : le mariage pour Jeanne, la maternité pour Alexandrine, et pour Zola l’absence de « partage du cœur ».

Mon avis :

J’avoue que je ne m’attendais pas à un texte partagé en actes, comme au théâtre car rien ne me le signifiait dans la quatrième de couverture. Je pensais réellement avoir des extraits des différentes correspondances entretenues entre Zola, Jeanne et, pourquoi pas, Alexandrine. Il n’en est rien car il s’agit finalement d’une mise en scène des réactions ou des pensées des différents acteurs de ce drame. Si je m’étais renseignée un peu, j’aurais vu qu’il s’agissait d’une lecture en public, faite, si je ne me trompe pas, au festival de Grignan.

Ceci dit, ce n’est pas bien grave car j’ai vraiment apprécié le fait d’entrer ainsi dans la tête de Jeanne ou d’Alexandrine. Les émotions des deux femmes sont exacerbées, on peut aisément le comprendre. J’ai ressenti une sorte de parti-pris, ce qui sera le seul petit bémol de mon billet, car lorsqu’on referme ce livre, on déteste cordialement Alexandrine qui était pourtant la femme légitime. Je pense que Sophie Guermès a voulu se mettre à la place de Zola qui semblait ne plus rien ressentir envers cette dernière, ce qui a pu me donner cette impression. En tous les cas, cela m’a donné envie d’aller faire des recherches sur cet épisode de la vie privée de Zola, ce romancier qui fait partie, selon moi, des plus grands (oui, je sais, je ne suis pas du tout objective).


Extrait : 

Il lui semblait la voir de nouveau et l’entendre, forçant la porte et cassant tout, hurlant au scandale, mettant le feu, qui sait ? chez celle qui, depuis plusieurs années, n’avait pas cessé de la protéger, hantée par le rêve d’un monde unifié, sans violence ni souffrance, où chacun aurait sa part, dans l’harmonie et la sérénité. C’est ce qui la bouleversait, maintenant que tout était découvert : moins la honte que l’écroulement de ce rêve de paix. (P21)

Challenge Les textes courts. 

Genre : Correspondances

Auteur : Sophie Guermès

Pays : France

Nombre de pages : 68

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Claude Simon, la mémoire du roman – Mireille Calle-Gruber, François Buffet.

Jusqu’à présent, je n’appréciais guère le Claude Simon écrivain. Il faut dire qu’habitant la même région que lui (à l’époque), j’ai dû, à maintes reprises lors de mes études supérieures, l’étudier de manière quasi chirurgicale, détaillant le texte au scalpel afin d’en sonder toute la teneur. La pression des examens aidant, je ne m’en étais pas fait un ami (si l’on peut dire)…

Pour autant, je ne renie pas son talent d’écrivain et je ne suis pas fermée à une autre lecture, plus de vingt ans plus tard (et paf, la claque !). Et puis… je crois qu’on a toujours du respect pour un écrivain de sa région… Aussi, lorsque j’ai trouvé ce livre, je n’ai pas hésité un seul instant. D’abord parce que j’aime beaucoup les correspondances, – à plus forte raison lorsque les lettres sont reproduites -, ensuite parce que j’estime que le texte épistolaire est riche d’enseignement. C’est bien le cas ici. Ces lettres, rassemblées par François Buffet, petit-fils de la tante de Claude Simon et Mireille Calle-Gruber, Professeur d’Université spécialiste de cet auteur, sont, principalement, un échange entre Suzanne, sa mère et Jeanne, sa tante (on y trouvera quelques lettres sporadiques, échangées entre Jeanne et son mari ainsi que ses enfants). On y découvre l’enfance de Claude et, surtout, cet épisode douloureux que fut la perte de son père, Louis, officier mort au combat en août 1914. On sent toute la pudeur de cette époque, le courage de ces veuves qui continuaient à mener leur vie pour leur patrie et pour leurs enfants, des femmes – et ce sera le cas ici – qui n’apprendront souvent le décès de leur époux (ou fils / père etc.) que bien plus tard, avec toute l’angoisse que l’on peut imaginer. On découvre également le caractère affirmé de celui qui deviendra Nobel de littérature. Déjà, le 22 août 1915, alors qu’il n’avait que deux ans, sa mère écrivait à sa tante : « Son caractère seul reste un peu difficile, mais je crois bien qu’il sera très violent et me donnera pas mal de peine. »

On en apprend beaucoup sur l’homme mais aussi sur la vie à Perpignan et la région pendant la Grande Guerre. Un parallèle est fait, d’ailleurs, entre certains passages de ses livres et certains événements. Cela met en lumière tout le travail de l’écrivain, ce qui est vraiment intéressant.

Je ne regrette vraiment pas d’avoir acheté cet admirable livre qui est bien plus qu’un simple recueil de lettres. Je l’ai dévoré ! Je le conseille vivement à tous ceux qui s’intéressent à cet auteur ou à tous ceux qui voudraient le découvrir.

J.J Goldman – Annie et Bernard Réval

♪♪♫ Elle met du vieux pain sur son balcon… ♫♪♪, ♪♪♪ Je te donne mes notes, je te donne mes mots… ♫♫♫ Qui n’a pas fredonné ces chansons cultes ? Oui, bon, d’accord, cultes pour moi car Goldman fait partie de mes chanteurs préférés, même si, je vous l’accorde, on ne l’entend plus beaucoup.

Je voulais en savoir un peu plus sur cet homme secret, pudique qui ne se met jamais en avant. C’est aussi cette simplicité que j’aime. Et cette biographie, à l’image du chanteur, n’a fait que confirmer qu’il ne s’agit pas d’un rôle qu’il s’est donné mais bel et bien de son caractère, de son état d’esprit.

J’ai appris beaucoup de choses, notamment comment il avait connu Michaël Jones et Carole Fredericks qui deviendront des amis et avec qui il fera ce trio de choc « Fredericks Goldman Jones ». Ce livre se lit rapidement car l’écriture est fluide. Il faut dire que les auteurs sont reconnus pour leur travail d’investigation et leur style. Une fois la biographie finie, on a l’impression que Goldman appartient à la famille. Alors si vous voulez en savoir plus, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Allez, je vous laisse, je vais écouter mes albums ! ♪♪♫ Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt, sur les ruines d’un champ de bataille… ♫♫♪

Et en bonus, pour le plaisir :

Francisco Garcia Barrera : Un combattant républicain dans la guerre d’Espagne – Salvador Claude García

Francisco Garcia Barrera est âgé de 28 ans lorsque la guerre civile espagnole commence. Il habite à Utrera, est issu d’une famille très modeste et n’a donc pas de terre à lui. Il s’engage dès le début. Il a des convictions et n’envisage pas un seul instant de ne pas défendre la République, quitte à être blessé, ce qui lui arrivera à plusieurs reprises.

J’ai lu ce livre d’une traite. Je l’ai trouvé intéressant à plusieurs titres. Le fait, dans un premier temps, que ce soit son fils qui fasse publier les écrits de son père, est émouvant. Je trouve que c’est un très bel hommage à la fois au père et au combattant. Ensuite, la lecture est aisée. Rien de pompeux dans ce témoignage, tout est simple, limpide. Je pense que cela fait ressortir la personnalité de Francisco qui, je pense, devait être un grand homme, simple et modeste. Enfin, j’apprécie toujours les témoignages car ils permettent de se rendre compte des choses, comme si on y participait.

Ce livre m’a d’autant plus touchée que j’ai de la famille du côté de l’Espagne, famille que je ne connais pas et je me dis que certains étaient peut-être aux côtés de Francisco lors de cette guerre. En tous les cas, ils ont certainement vécu les mêmes choses.

Je remercie Babelio, les Editions Loubatières ainsi que Salvador Claude García pour ce moment de lecture très enrichissant.