Les philosophes meurent aussi – Simon Critchley

Simon Critchley [XXe-XXIe s / Royaume-Uni ; Philosophie] Les_philosophes_meurent_aussi
Traduction : Jean-François Chaix

Quatrième de couverture :

Pythagore préféra se faire massacrer plutôt que de traverser un champ de fèves ; Platon serait mort d’une infestation par les poux Epicure accueillit sa fin avec joie, entouré de ses amis – « la mort n’est rien pour nous », disait-il ; Descartes fut emporté par une pneumonie à la suite des leçons matinales qu’il prodiguait au coeur de l’hiver suédois ; Voltaire, pourfendeur de l’Eglise, demanda à être confessé par un prêtre sur son lit de mort : Kant termina sa vie sur ce mot : « Sufficit « , « c’est assez » ; Bentham se fit embaumer pour être exposé dans une vitrine à l’University College de Londres ; Simone Weil s’est laissée mourir de faim pendant l’Occupation ; Camus est mort d’un accident de voiture, rattrapé par l’absurde ; Sartre lança un jour :  » La mort ? Je n’y pense pas » : 50 000 personnes assistèrent à ses funérailles.

Mon avis :

Ce livre ne pouvait que ravir la taphophile que je suis. Et pour une fois, bien qu’écrit par un éminent professeur de philosophie, le style n’est en rien jargonnant. Il est aussi sobre que la couverture. Il ne demande aucune connaissance précise, si cela peut rassurer les néophytes (ou ceux qui n’aiment pas vraiment la philo… groupe dont je fais partie… même pas honte !). Ce livre est constitué de fiches, classées selon les courants, les époques ou les nationalités. Ce qui est pratique, et ce que j’ai fait d’ailleurs, c’est qu’il peut être lu petit bout par petit bout. Nul besoin de se souvenir de la fiche précédente. Certains philosophes mentionnés sont très peu connus (et inconnus de ma personne, j’avoue…. oh, eh, que celui qui connaît Métroclès ou Chrysippe me jette la première pierre !) ce qui engage (ou pas) à faire des recherches plus poussées. Certaines anecdotes prêtent vraiment à sourire, même devant un sujet aussi sérieux et tabou que la mort.

Je vous le conseille vivement.

Les Dessous croustillants de l’Histoire de France – Alain Dag’Naud

Un peu de légèreté pour ce week-end. Et vu la fin de semaine que je viens de passer, j’ai bien besoin de me changer les idées.

Apprendre en s’amusant, j’adore ça, et d’autant plus lorsqu’il s’agit de l’Histoire. Avouez qu’il est parfois difficile de retenir qui est qui, de se souvenir des dates… Là, vous n’aurez plus d’excuse. Ce livre associe, comme le titre l’indique, des anecdotes pas piquées des vers aux moments importants. C’est un vrai régal et cela permet d’en apprendre beaucoup de façon savoureuse.

J’ai aimé la façon dont cela est présenté, illustré. On peut laisser le livre dans un coin et le reprendre par la suite, ne lire que quelques pages… ce que je n’ai pas fait car c’est très addictif ! Attention à ne pas le laisser entre toutes les mains cependant.

A présent, j’attaque l’autre livre de ce même auteur : Le grand bêtisier de l’Histoire de France.

Une vue de l’intérieur :

Sur les traces de Jean-Pierre Françon – Olivier Faure

Quatrième de couverture :

S’inscrivant dans la droite ligne d’illustres précurseurs de la microhistoire tels qu’Alain Corbin et Giovanni Levi, Olivier Faure réussit le tour de force de tracer l’étonnant parcours d’un inconnu, modeste officier de santé dans la région de Tarare (non loin de Lyon) au début du XIXe siècle. Issu d’un milieu modeste du Jura et sans culture, Jean-Pierre Françon, épicier et dentiste ambulant, n’avait en effet rien pour réussir. Néanmoins, marié à la fille d’une puissante famille, il se mit à pratiquer avec succès la médecine sans l’avoir étudiée. Condamné pour exercice illégal, il obtint un diplôme par des manoeuvres dilatoires et reçut même une autorisation ministérielle pour exercer dans les Monts de Tarare où son diplôme n’était pas valable. Bien que critiqué par les docteurs du lieu, il sut séduire une clientèle nombreuse et fidèle qui lui permit d’atteindre les frontières de la richesse (20 000 francs à sa mort précoce, à 51 ans) et de la notabilité (il fut deux fois conseiller municipal et chirurgien de la Garde nationale). 

Plus qu’un simple récit factuel, cet ouvrage qui se lit comme un roman du XIXe siècle nous fait rentrer dans les arcanes d’un parcours à la fois banal et exceptionnel.

Mon avis :

J’avais coché ce livre lors de l’opération Masse Critique sur Babelio (dont je remercie l’équipe) parce que la médecine m’a toujours intéressée. De plus, les dernières phrases de la quatrième de couverture m’avaient convaincue. J’apprécie particulièrement les livres d’étude se lisant comme des romans.

Je suis entrée ainsi peu à peu dans la vie de cet officier de santé hors du commun qui exerçait sans avoir de diplômes. Etait-il un escroc ? Chacun se fera son idée mais en tous les cas, on peut dire qu’il était rusé et devait avoir un certain charisme pour oser se présenter devant un maire, arguer qu’il était dentiste, qu’il avait oublié sa patente afin d’obtenir un certificat pour exercer la chirurgie. Je ne suis pas certaine que les patients aient apprécié… d’autant plus que le texte précise que : « Dénué de formation officielle, peut-être marqué par son expérience de dentiste qui l’amenait à agir vite, Françon n’hésitait pas à employer des moyens sanglants et à pratiquer une médecine héroïque loin de la médecine expectante plutôt en vogue dans les milieux académiques ». (P55) Charmant, non ? Et personne n’a porté plainte ? me demanderez-vous. Vous imaginez bien qu’un homme aussi stratège avait tout prévu !

J’ai vraiment aimé ce livre car on entre par la petite porte dans l’intimité d’un homme qui n’a pas forcément marqué la conscience collective mais qui nous permet de nous immiscer dans un contexte historique et sociétal que l’on ne connait pas forcément.

Lettres à Elise – Jean-Louis Spieser et Thierry Fuchslock

Quatrième de couverture :

Grâce à près de 250 lettres inédites, découvrez pour la première fois la guerre de 1870 à travers le regard de soldats prussiens : de l’entrée en guerre au rapatriement des troupes en Allemagne, en passant par les premières batailles en Alsace et Lorraine, les combats contre l’année de la Loire, le siège de Paris, ou encore la Commune, plongez dans le quotidien de ces hommes. Dans ces lettres, tantôt émouvantes ou drôles, tantôt sinistres ou mélancoliques, les soldats se livrent avec sincérité et racontent leur guerre. Découvrez ainsi les péripéties de Peter Grebel, l’amoureux d’Elise ; d’Anton Kirchhofer, le contemplateur ; d’Otto Drecker, le narrateur aux récits sanglants ; de Wilhelm Overath, le compatissant ; d’Albert Beucker, le revanchard ; de Wilhelm Ervens, celui dont la maîtresse de maison française pleure le départ, et bien d’autres encore !

Mon avis :

Cette guerre reste trop méconnue à mon goût et les livres sur le sujet ne sont pas légion. Aussi, lorsque j’ai vu celui-ci lors de l’opération Masse critique sur Babelio, j’ai sauté sur l’occasion. Que toute l’équipe ainsi que les auteurs et éditeurs en soient remerciés.

J’ai pris un réel plaisir à lire ces lettres. Il est toujours intéressant de savoir ce que pense celui qui est de l’autre côté de la barrière. Nous avons évidemment tous les points de vue : celui qui se bat contre l’ennemi, celui qui se bat parce qu’il ne peut pas faire autrement et celui qui ne comprend pas vraiment cette guerre. Les témoignages de ces soldats permettent de se faire une idée de leur quotidien mais également de la société à cette époque.

Pourquoi ce titre, Lettres à Elise ? Parmi les nombreuses lettres, nous suivons la correspondance de Peter Grebel avec celle qui deviendra sa femme plus tard, Elise. Je vous propose d’ailleurs un petit extrait d’une de ses lettres, celle du 5 novembre 1870, écrite à Saint-Cyr, près de Versailles :

« Ma chère Elise,

(…) Pour nous, ça s’est plutôt bien passé depuis que nous sommes ici, à part les pénuries ou les restrictions qu’il y a eu pratiquement en tout. Mais, ma foi, on finit par s’habituer à tout ! Il y a juste eu une fois où nous avons été mis en alerte et nous avons dû sortir mais nous sommes revenus sur nos pas comme nous étions partis. De toute façon, il n’y a absolument pas de comparaison avec Strasbourg ; il arrive qu’on ait l’impression de vivre en pleine paix et de se trouver dans une ville de garnison en Prusse. On laisse tranquillement les Parisiens avoir faim, sans leur tirer dessus ; il peut arriver qu’ils tentent une sortie, mais alors ils se font taper sur le nez et on les repousse. » (P244)

tous les livres sur Babelio.com

Dinosaures, les géants du vignoble – Ronan Allain

Fiche écrite le 05/01/2018

Quatrième de couverture :

Octobre 2010, coup de tonnerre dans le monde de la paléontologie et dans les médias les restes d’un des plus grands dinosaures connus au monde venait d’être découvert en France. Et plus précisément en Charente. Et il n’était pas tout seul… Crocodiles. Tortues, poissons. Reptiles volants et toutes sortes de dinosaures vivaient il y a 140 millions d’années dans le nord de la Nouvelle Aquitaine actuelle.
Jadis région tropicale couverte de marécages. De lagunes et de cours d’eau. L’histoire de ces découvertes inédites dans des carrières et sous des vignes, est celle d’un formidable monde disparu, ressuscite par les paléontologues. Elle méritait d’être racontée au public dans un ouvrage accessible à tous.

Mon avis :

Voici un livre comme je les aime : beau, pratique, enrichissant et richement illustré. Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Non, je plaisante, je vais développer, arrêtez de piaffer  (sinon je fais venir un dino) !

Je vous rassure, je n’y connais rien en paléontologie et pourtant j’ai vraiment pris plaisir à tourner les pages de cet ouvrage. Ce qui m’a plu tout d’abord, c’est qu’il est aéré et qu’il fait la part belle aux photos, schémas, dessins explicatifs ou illustratifs. L’enfant qui sommeille toujours en moi aurait aimé se retrouver il y a des années en arrière (je vous fais grâce du nombre) avec un manuel de ce type entre les mains (et non pas avec un type s’appelant Manuel, ne confondons pas)… Voyez plutôt :

Dinosaures, les géants du vignoble - Ronan Allain [XXe-XXIe s - France / Paléontologie] Eidola-dinos2-7
(Source : Eidola)

Ensuite, j’ai appris beaucoup de choses et c’est aussi ce que j’aime car lorsqu’on reçoit ce genre de livre, la question est souvent de savoir ce que l’on va vraiment en retenir. D’autant plus que les études se situant en Charentes, à moins d’être du coin, on peut se dire que cela ne va pas nous intéresser. Pourtant, j’ai été littéralement fascinée. Car l’Histoire, elle, nous permet justement de ne pas nous confiner dans un seul lieu et l’on peut facilement imaginer que ces mastodontes se trouvaient également sur tout le territoire. Alors pourquoi les Charentes allez-vous me demander ? Tout simplement parce que, je cite, « ce livre a été conçu en parallèle de l’exposition d’intérêt national intitulée « Dinosaures, les géants du vignoble » [actuellement] au musée d’Angoulême (du 20 mai au 31 décembre 2017), avant de tourner dans d’autres musées en France et à l’étranger. »