Pomérols, entre sel et terre – Catherine Ramouillet

Quatrième de couverture :

Pomérols est un joli village languedocien, niché au milieu d’un lac de vignes dont l’infini se confond au lointain avec l’étang de Thau et se prolonge vers la mer sous un ciel d’un bleu souvent limpide. Le vent y souffle de terral, c’est la terre et le vent du Nord, souvent violent, ou celui de la mer, c’est le marin. Les hommes qui y ont vécu depuis des générations ont su tirer profit des ressources disponibles faites de terres peu fertiles, contrainte dont la proximité de la mer avec ses ports et ses salins permet de s’affranchir. Ce livre est l’histoire de la lutte des hommes dans cet environnement typiquement méditerranéen. Il raconte un village dans un Languedoc que l’histoire nationale élude bien souvent, un Languedoc qui fut résolument moderne, profondément civilisé, rejetant les archaïsmes, les habitants de Pomérols, dans ce Languedoc original, ont très tôt pris en main leur destinée. L’auteur rend hommage et leur redonne une parole oubliée grâce à un minutieux travail d’archives qu’elle souhaitait rendre intelligible au grand public qui, soit y vivant, soit y passant, a voulu un peu mieux le comprendre.

Mon avis :

J’aime beaucoup ce genre de livres qui nous permet de découvrir ou de redécouvrir des lieux qui passeraient inaperçus et, qui, pourtant, ont une histoire passionnante. Par ailleurs, c’est aussi ce que je reproche à certains villages (et notamment le mien) : ne pas mettre en valeur le passé. Quelques panneaux ne coûtent pas énormément et pourraient ainsi en apprendre beaucoup. Bon, mais là n’est pas le propos. Revenons au livre de Catherine Ramouillet.

Pomérols, je connais, j’y suis passée, mais rien ne m’a vraiment attirée à part l’église. Le nom me faisait sourire, me rappelant les pomelos (oui, ben, on fait ce qu’on peut !). Ceci dit, j’apprends grâce à ce livre que l’on reste dans les fruits puisque le nom vient des pommes, plus particulièrement d’un champ de pommes. Et j’apprends également que ce village est riche au niveau Histoire. En effet, comme souvent, il remonte au minimum à l’Antiquité. Ici, il est encore plus ancien :

Au troisième millénaire avant notre ère, le territoire de Pomérols et sa région était donc occupé, çà et là, par un petit peuple qui avait un outillage en pierre, complété par des objets en cuivre : les mines de Cabrières, actives dès -3000 / -3200 A.C sont à un jet de pierres, si l’on puit dire : 26 kilomètres, 6 heures à pied… Au « Piniet » à Florensac mais aussi au lieu-dit « Les Thermes » à Pomérols, sur les rives du Ruisseau de Fontanilles, au « Rec du Gascou » à Marseillan (près du Bagnas), on trouve une première occupation néolithique ou chalcolithique ». (P11)

On va ainsi passer de l’installation de l’Homme aux différentes classes sociales, à la Révolution, à la crise du vin ou encore à l’école et à la séparation de l’Église et de l’État. Catherine Ramouillet termine ainsi son ouvrage :

Je souhaite que ces quelques pages de recherches approfondies sur Pomérols, accomplies dans les archives de la commune, du département et les archives nationales, rendent justice au passé très riche du village et à ses lointains habitants qui ont grandement contribué à la richesse et à la culture française.

Soyez rassurée très chère Catherine Ramouillet, cet ouvrage est un très bel hommage à Pomérols et à ses habitants. Nul doute que la prochaine fois que j’y passerai, je m’y attarderai…

Pomérols, entre sel et terre par Catherine Ramouillet

Pomérols, entre sel et terre

Charles V le Sage – François Sarindar-Fontaine

 

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Quatrième de couverture : 

Charles V le Sage (1338-1380) est considéré comme l’auteur de la consolidation du pouvoir de la dynastie valoisienne, après la double sanction militaire de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356, lourdes défaites consenties face à l’envahisseur anglais. Mais avant de présider aux destinées du royaume de France en 1364, il dut affronter, de fin 1356 au mois de juillet 1358, la méfiance d’une bourgeoisie parisienne, commotionnée par ces terribles revers et par la capture du roi Jean II le Bon. Cette élite marchande eut l’impression, en ayant comme interlocuteur le Dauphin, d’avoir affaire à un être faible et malléable ; elle tenta de lui arracher des ordonnances favorables aux intérêts de la bourgeoisie, à l’issue de chaque session des États de langue d’oïl, lesquels étaient censés accorder au souverain des contributions fiscales exceptionnelles pour faire face aux dépenses de guerre. On pensait que le fils du roi dirait oui à tout. Mais les apparences étaient trompeuses et Charles, en attendant de fausser compagnie à Étienne Marcel, cachait bien son jeu. Son père, retenu prisonnier, voulait à présent faire la paix avec les Anglais et n’avait plus besoin de convoquer les États qui, désobéissants, continuaient de se réunir. De sorte que Charles, lieutenant du roi puis Régent, fut amené à livrer contre Étienne Marcel, le prévôt des marchands, une véritable lutte à mort, dont il sortit vainqueur in extremis. Le Dauphin avait fait sa mue, mais rien n’était définitivement réglé et tout ce que fit le jeune prince, hormis le maintien des Valois sur le trône, ne pouvait qu’être provisoire.

 

Mon avis :

Tout d’abord, je vous mets sous les yeux un arbre généalogique afin que vous puissiez faire référence à Charles V le sage car je sais qu’on peut facilement se tromper dans les différentes dynasties. Je le prends sur le site http://medieval.mrugala.net/

Charles V fait donc partie des Valois. Il est le fils de Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg. François Sarindar nous relate ici les vingt premières années de son existence. Le reste fera – nous l’espérons – l’objet d’un autre tome. Et l’on peut dire que ces premières décennies sont déjà riches ! Comme à son habitude, l’auteur met l’Histoire à notre portée et nous intéresse grâce à sa plume inimitable. Il donne son avis non sans argumenter ce qui montre qu’il lui tient à coeur de nous faire découvrir ses personnages historiques. Si j’ose l’expression, « il écrit avec ses tripes ». Nous découvrons ainsi les dessous, les coulisses presque, de ces hommes encensés, souvent, par les Chroniqueurs et les Historiens et nous en apprenons beaucoup sur cette période.

Je ne cacherai pas que mes périodes de prédilection sont antérieures puisque je m’intéresse surtout au Haut Moyen Âge et à une partie du Moyen Âge central.  J’ai donc lu avec un œil presque neuf cet essai sur Charles V le sage, que je connaissais, certes, mais pas suffisamment dans les détails. Et comme à son habitude, François Sarindar a réussi à m’embarquer dans une Histoire sur laquelle je ne me serais pas forcément attardée. J’y ai pris grand plaisir et cela m’a donné envie d’aller faire un peu plus de recherches non pas sur Charles V puisque l’auteur nous offre ici ses travaux mais sur son père, Jean II le Bon dont l’attribut, comme il nous est rappelé, signifie la vaillance et non la bonté. En effet, j’ai découvert un être assez machiavélique, faisant tout pour placer son  « favori », Charles de La Cerda.

Un grand merci, François, pour ces heures de lecture ô combien instructives ! Et tout ceci me fait penser qu’il faut, en parallèle du deuxième tome de Frénégonde, que j’attaque mes recherches sur l’Abbé Suger et Louis VI le Gros…

 

Extrait : 

Je remets un peu ici le contexte : Bonne de Luxembourg est décédée, officiellement, de la peste, en septembre 1349. Cependant, on peut se demander si sa mort n’a pas été commanditée par son mari…

Il est certain en revanche que la mort de son épouse ne laissa pas longtemps le roi inconsolable, car non seulement il put voir son bel ami de La Cerda aussi souvent qu’il lui plaisait, mais, de plus, il se remaria très vite, dès le 9 février 1350, avec Jeanne d’Auvergne, union dont devaient naître deux filles et un garçon, tous morts en bas âge. Jean II le Bon enterra finalement aussi sa seconde compagne, victime, nous dit-on, d’une nouvelle épidémie de peste en septembre 1360, ce qui ferait à cette dernière un point commun avec Bonne de Luxembourg. (P62)

Le Sud-Ouest n’existe pas – Raymond Chabaud

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♪♫ On dirait le Suuuuuuuuuuuud, le temps dure longtemmmmmmmmmmps…. ♫♪ Oui, on dirait seulement, car là, déjà, il ne s’agit pas du Sud, mais du Sud Ouest… mais comme, en plus, l’auteur annonce dans son titre qu’il n’existe pas, je pense que la chanson est appropriée ! Alors j’annonce tout de suite qu’il est inutile de venir hurler, beugler, spammer, troller (rayer la mention inutile) sur ce blog, ce n’est pas moi qui ai écrit ce bouquin ! (Ça, c’est dit…) Les Gascons, on se tient tranquille, hein ! (Ça, c’est dit aussi…) Sinon, je balance de l’huile bouillante aromatisée au piment d’Espelette ! (Voilà, fin de la discussion…)

J’ai adoré ce petit livre. J’ai ri d’entrée de jeu. On ne peut pas faire autrement face à l’accumulation de clichés. Jugez plutôt : « (…) les gens du Sud Ouest sont donc de bons vivants pas trop fins, avec un accent à couper au couteau, qui aiment les Gypsy Kings qu’ils écoutent en buvant des vins d’hommes (c’est pas sexiste, juste une référence), surtout à l’apéro où ils engouffrent des tonnes de tapas. Le Sud Ouest a un chantre appelé Patrick Sébastien qui fait tourner les serviettes en braillant des niaiseries, preuve que les gens du Sud Ouest ne sont pas des monstres de culture. Et puis, c’est facile de faire la fête dans le Sud Ouest, tu vas à Bayonne début août et tu te fais tranquille ton coma éthylique en hurlant des conneries et en mettant la main au cul des autochtones.(…) » (P12) Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous des dehors rigolos, l’affaire est sérieuse. Raymond Chabaud, avec une certaine verve, nous fait, mine de rien, tout un cours de géopolitique qui replace les choses dans leur contexte. Et c’est aussi ce que j’aime : on rigole mais on apprend. Que demander de plus ? Ces articles permettent de ne pas réduire une région à quelques clichés mais d’en montrer les spécificités. « Nous sommes au cœur de la problématique des territoires, qui ne sont pas des morceaux de sol analysés hors sol, mais de complexes entrelacs de données géologiques, de relations humaines et d’informations historiques. Enlever du territoire cette dimension humaine diachronique, c’est le vider de son sens, c’est le nier. » (P117) Alors la prochaine fois qu’un collègue, ami, connaissance vous dit qu’il est du Sud Ouest, évitez peut-être de lui parler du jambon de Bayonne ou des fêtes où l’on boit jusqu’à plus soif, il risquerait de voir rouge.

Une dernière petite chose, et non des moindres : l’auteur est de Bayonne, il peut donc se permettre d’en parler.

Un grand merci à Babelio et à son opération Masse Critique, à l’auteur et aux éditions Cairn pour la découverte de cette petite pépite.

 

Merci, Miyuki ! – Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

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Mais que cet album fait du bien après avoir lu un livre assez lourd en émotions ! Je risque de ne pas être très objective car je suis une fan inconditionnelle des écrits de Roxane Marie Galliez et j’apprécie vraiment Miyuki, cette petite fille si bien illustrée par Seng Soun Ratanavanh.

Ce petit personnage, comme tous les jeunes enfants, est curieux et pose mille questions à son papy qui est d’une patience d’ange. Cette fois, lorsqu’elle le voit méditer, elle veut en faire autant. Mais comment faire comprendre cette pratique à sa petite-fille ? C’est ce que vous découvrirez en lisant cet album…

Je suis ressortie de ma lecture plus zen qu’avant de l’avoir commencée. Les couleurs pastels sont apaisantes, de même que les dessins, facilement compréhensibles pour les jeunes lecteurs et charmants pour les yeux des plus vieux. J’ai reconnu dans le texte des thèmes chers à Roxane, thèmes qu’elle met toujours en valeur avec le talent qu’on lui connaît.

Alors, si vous êtes stressé(e), fatigué(e) ou que vous avez juste envie d’une lecture douillette, n’hésitez pas !

Éloge voluptueux du chat – Stéphanie Hochet

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« Sybarite de la sieste, Lucullus de la gamelle, toujours prêt à la caresse, le chat est le champion de la délectation. » (P228)

Voici ce que l’on peut lire à l’article Volupté. N’est-ce pas là une superbe définition de nos compagnons félins ? Après le magnifique poème de Baudelaire, le non moins intéressant Dictionnaire amoureux des chats de Frédéric Vitoux, Stéphanie Hochet nous a concocté un sublime hommage qui se veut construit comme un dictionnaire mais qu’on a du mal à lâcher avant la fin. Les articles ont tous un rapport avec l’animal, que ce soit par une expression, un trait de caractère ou une personnalité. Mais qu’est-ce qui le différencie des autres ouvrages ? La verve de l’auteur, son humour, son style et, surtout, ses avis.

J’ai appris un certain nombre de choses dans ce livre et je ne résiste pas à vous en livrer une au passage : vous connaissez ma passion pour la période médiévale. En voyant dans le sommaire que l’on parlait de l’Amour Courtois, vous pouvez imaginer ma joie. Quel rapport avec le chat ?, me demanderez-vous. Le bestiaire de Claude Lachet, intitulé, L’Amour courtois, une anthologie, mentionne toutes les représentations animales. Stéphanie Hochet a découvert qu’il en manquait une… vous avez bien deviné laquelle. Et j’aime tout particulièrement son explication : « Le chat est cette partie de nous qui refuse le joug de l’obligeance » (P21).

J’ai vraiment apprécié cet ouvrage, lu avec mon bébé chat sur mes genoux ou dans mes bras, ce qui a apporté à ma lecture une atmosphère encore plus féline. Je le recommande à tous les amoureux de celui qui nous mène depuis des lustres par le bout de la truffe.

Un grand merci à Lili Galipette pour m’avoir fait connaître cette virtuose de la plume qu’est Stéphanie Hochet et un grand merci également à cette dernière pour m’avoir fait parvenir son ouvrage dédicacé.