Un peu de glauque…

C’est l’été, c’est frais…

Je continue avec les anecdotes et j’en ai trouvé une pas piquée des vers, si j’ose dire ! L’histoire se passe au XIVe siècle au Portugal. Le prince Pierre Ier avait une maîtresse, Inès de Castro, qui était accessoirement la dame de compagnie de son épouse légitime, Constance. Inès est assassinée en 1355, peut-être sur ordre du père, le roi Alfonse IV, qui voyait les roucoulades de son fils d’un très mauvais oeil. Bref, pour faire court, une fois Pierre 1er roi, deux ans plus tard, celui-ci annonce qu’il s’était marié avec Inès peu de temps avant la mort de cette dernière (Constance était morte en couches en 1345). Il demande donc à ce qu’elle soit reconnue comme reine. Il la fait exhumer, placer sur le trône avec les plus beaux atours et exige de tous de s’agenouiller devant elle et… de lui faire le baise-main ! Mythe ou réalité ? Je vous laisse lire cet article pour vous faire une idée.

On retrouve cette histoire dans le tableau de Pierre-Charles Comte, peint en 1849, Le Couronnement d’Inès de Castro en 1361.

Montherlant s’inspirera également de l’histoire de cette famille pour écrire, en 1942, La Reine morte.

La mort de Jean-Baptiste Lully

J’aime ce compositeur qui a travaillé avec Molière notamment. Mais on ne peut pas dire que sa mort soit glorieuse… Jugez plutôt : Le 8 janvier 1687, en répétant avec les 150 musiciens son « Te Deum » qui devait être donné en l’honneur de Louis XIV, il se fâche et tape avec son bâton de direction… sur son pied (un truc digne d’un film de Louis de Funès). Il est blessé et la gangrène s’installe. Il mourra deux mois plus tard.

Le livre sans verbe

Saviez-vous que cela existait ? L’auteur est Michel Thaler. Son titre : Le train de nulle part. Incroyable, surtout lorsque l’on pense qu’il contient 233 pages ! Et moi qui râle dès que je trouve une phrase nominale ! 😆

Un petit extrait :

« Quelle aubaine ! Une place de libre, ou presque, dans ce compartiment. Une escale provisoire, pourquoi pas ! Donc, ma nouvelle adresse dans ce train de nulle part : voiture 12, 3e compartiment dans le sens de la marche. Encore une fois, pourquoi pas ? – Bonjour Messieurs Dames. Un segment du voyage avec vous ! Ou peut-être pas ! Tout comme la totalité de l’itinéraire, du moins le mien ! »

François Le Métel de Bois-Robert, gourmand insatiable…

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Poète et dramaturge français (1589-1662), François Le Métel de Bois-Robert (orthographié également Boisrobert) adorait la nourriture. Ainsi, le livre Anecdotes Littéraires, ou Histoire de ce qui est arrivé de plus singulier et de plus intéressant aux Ecrivains François depuis le renouvellement des Lettres sous François Ier jusqu’à nos jours, nous donne deux anecdotes à ce sujet :

La première :

Le plaisir de la table était un vrai plaisir pour Bois-Robert, et il pensait souvent aux bons repas. Un jour, qu’occupé apparemment de pensées semblables, il passait dans la rue St. Anastase près d’un homme blessé à mort, il s’entendit appeler pour le confesser ; il s’approcha, et pour toute exhortation, il lui dit : Mon camarade pensez à Dieu, dites votre Bénédicité, puis s’en alla.

La deuxième :

Bois-Robert mangeait quelquefois chez M. le Cardinal de Retz qui tenait table ouverte. Un jour, pour y avoir une place commode, il se tint en bas et, à mesure qu’il voyait arriver quelqu’un pour dîner, il disait : « et seize »,  voulant faire connaître par là qu’il y avait quinze personnes, et que celui qui arrivait était le seizième. Ce fut de cette manière qu’il éloigna tous ceux qui se présentèrent. Le Cardinal, venant pour se mettre à table, fut fort étonné de voir si peu de convives. Alors Bois-Robert lui raconta de quelle manière il s’y était pris pour les chasser afin d’y avoir place. Et la chose passa en plaisanterie.

Gérard de Nerval

La folie de Gérard de Nerval 91216406
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J’aime beaucoup cet auteur que je n’ai découvert que tardivement. Il fut hanté par sa folie et ses crises, plus nombreuses chaque jour.

Apollinaire raconte dans La Vie anecdotique qu’on trouva un jour Nerval en train de promener un homard vivant qu’il tenait en laisse avec un ruban bleu… Ah oui, quand même !!! 

Bien évidemment, cette curieuse situation fit jaser dans tout Paris. Ce à quoi l’écrivain répondit le plus tranquillement du monde : « En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… »

Le pauvre homme se suicida à l’âge de 46 ans en se pendant à une grille, rue de la Vieille-Lanterne, près du Châtelet, à Paris. Il souffrait depuis 14 ans de troubles psychologiques se traduisant par des crises d’hallucinations et de délire.

Théophile Gautier et Arsène Houssaye payèrent pour lui une concession au cimetière du Père-Lachaise.

26 janvier 1855 : Suicide de Gérard de Nerval Nerval

Photo prise à Mortefontaine (Oise), le 23 janvier 2012. © L.B
C’est en ce lieu que Nerval passa son enfance. C’est l’origine de son nom de plume, le Clos de Nerval se situant tout près. 

Et voici la photo de sa dernière demeure.

nerval - Cimetière du Père Lachaise [Paris] Image

Photo prise le 29/02/2012
© L.B