Challenge « Les textes courts » : bilan d’avril

Cette fois, je ne serai pas en retard pour le bilan ! Il faut dire que je n’ai plus aucune excuse, le concours étant passé, et même bien passé 😄.

Voici le bilan de ce mois d’avril, par ordre alphabétique des participantes :

Belette : 

Wild west – Tome 2 – Wild Bill de Thierry Gloris et Jacques Lamontagne (54 pages)

Nains – Tome 20 – Svara du bouclier de Nicolas Jarry et Nicolas Demare (54 pages)

Imbattable – Tome 1 – Justice et légumes frais de Pascal Jousselin (48 pages)

Héroïc’ Pizza – Tome 1 – Pepperoni power d’Augustin (44 pages)

Sherlock Fox – Tome 1 – Le chasseur de Jean-David Morvan et Du Yu (64 pages)

M.O.R.I.A.R.T.Y – T03 – Le voleur aux cent visages (1/2) de Jean-Pierre Pécau, Fred Duval et Gess (64 pages)

Lydia : 

La force des forts de Jack London (37 pages)

Le Chat du Neptune d’Ernest d’Hervilly (24 pages)

Léa de Jules Barbey d’Aurevilly (38 pages)

Le chat brésilien d’Arthur Conan Doyle (12 pages)

À coeur ouvert de Marie Val (68 pages)

Les ombres portées, Zola, correspondances intimes de Sophie Guermès (68 pages)

Marie-Jo :

Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux (93 pages)

Pativore : 

La remontrance du tigre – Histoires excentriques du Pavillon du Jade de Park Ji-won :

L’histoire des maquignons de chevaux (12 pages)
L’histoire de Sieur Yedeok « Vertu de l’ordure » (10 pages)
L’histoire de Min l’Ancien (18 pages)
L’histoire de Gwang-mun le mendiant (en 2 parties, 8 pages + 6 pages)
L’histoire du yangban lettré (10 pages)
L’histoire de Kim l’Immortel taoïste (10 pages)
L’histoire du poète U-sang (20 pages)
La remontrance du tigre (20 pages)
L’histoire de Heo Saeng (24 pages)
L’histoire d’une femme vertueuse de Hamyang, née Pak (10 pages)

Encore un peu petite de Mari Kasai et Chiaki Okada (40 pages)

Le fort des Landes de Jérôme Le Gris et Didier Poli (56 pages)

Jusqu’au printemps (Les gens de rien 1) de Charles Masson (88 pages)

L’insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang (recueil de 11 nouvelles ; une trentaine de pages chacune)

Soene : 

Le Petit Prince de Saint-Exupéry (98 pages)

Les demeurées de Jeanne Benameur (81 pages)

Une Comète :

Les orages de Sylvain Prudhomme (28 pages)

Ecumes de Ingrid Chabbert et Carole Maurel (84 pages)

Le plongeon de Séverine Vidal et Victor L. Pinel (80 pages)

Bravo à tout le monde et on continue !

Misti – Guy de Maupassant

Misti est une très courte nouvelle de Maupassant que je découvre dans mon édition de la Pléiade (cadeau du papa noël). Elle est parue pour la première fois dans la revue Gil Blas du 22 janvier 1884.

L’histoire en est relativement simple (en même temps, en cinq pages, il est difficile de faire quelque chose de complexe !) : le narrateur cumule les maîtresses. Elles doivent être mariées et, comble du comble, il faut également que leurs époux lui conviennent : « J’ai encore un faible, c’est d’aimer les maris de mes maîtresses. J’avoue même que certains époux communs ou grossiers me dégoûtent de leurs femmes, quelque charmante qu’elles soient. Mais quand le mari a de l’esprit et du charme, je deviens infailliblement amoureux fou. J’ai soin, si je romps avec la femme, de ne pas rompre avec l’époux ». Bref, ce grossier personnage cumule également les perversions ! Sa maîtresse du moment, Emma, était la femme d’un inspecteur, souvent absent. Les deux amants se retrouvaient donc chez elle, sous l’oeil d’un gros chat noir, Misti. Un soir, alors qu’ils étaient de sortie dans un assommoir de Montmartre, ils font la rencontre d’une vieille dame, « une sorcière » selon le narrateur, qui prédit à la jeune femme une mort dans son entourage. Elle leur conseille de se rendre chez elle le lendemain pour en apprendre un peu plus. Le narrateur prend cela à la légère mais cette prédiction bouleverse Emma. En se rendant dans l’appartement de cette dame, Emma découvre un gros chat noir, empaillé, ressemblant étrangement à Misti.

Je n’irai pas plus loin pour ne pas déflorer l’histoire. Ce court texte fait des références à Zola, ainsi qu’aux propres romans de l’auteur (Bel-Ami ; Une vie). Il est très agréable à lire.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Maupassant

Pays : France

Nombre de pages : 5

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Le chat brésilien – Arthur Conan Doyle

Arthur Conan Doyle [XIXe-XXe s / Royaume-Uni ; Nouvelles] 84517555_p

Le chat brésilien (que l’on trouve également sous le nom « Le Chat du Brésil ») est une nouvelle parue dans les Contes de Terreur, recueil publié en 1900. Inutile de chercher nos bons vieux compères Sherlock et Watson. Conan Doyle n’a pas écrit que des romans policiers. Il s’est essayé avec brio aux histoires surnaturelles et/ou terrifiantes comme c’est le cas ici.

Le jeune aristocrate Marshall King, héritier sans le sou du richissime Lord Southerton, pingre comme il n’est pas permis, va passer quelques jours chez son cousin, Edward King, rentré tout juste du Brésil. Il compte sur la générosité de ce proche pour éponger ses dettes. Lorsque Marshall arrive chez son cousin, si celui-ci se montre très chaleureux, son épouse reste très froide, très distante. Pire, elle va vite se montrer offensante, lui demandant, dès le lendemain au petit-déjeuner, à l’insu de son mari, de partir. Mais Edward entendit la fin de la conversation, prit sa femme à part pour lui demander de s’excuser. Les yeux de cette dernière, d’une noirceur sans nom, étincelaient. En guise d’excuses, elle le traita d’idiot. Edward mit cela sur le compte de la jalousie maladive de celle-ci, proche de la folie. Il entreprit de faire voir à Marshall quelques « souvenirs » ramenés de son voyage, des bestioles exotiques ou étranges, dont un chat, magnifique, énorme, redoutable, baptisé Tommy. 

Au bout d’une semaine, Marshall se décide à expliquer à son cousin les raisons de sa venue. A-t-il eu raison ? N’aurait-il pas mieux fait d’écouter le conseil de l’épouse ? Quel rôle va jouer le chat ? Je vous laisse deviner tout ceci…

C’est avec une écriture toujours aussi fine, mélangeant psychologie et indices, que Conan Doyle nous délivre ce petit bijou. Les coïncidences vont bon train, le rythme est assez soutenu… quant à la fin, elle vous laissera sans voix. 

Extrait :

– Je vais vous montrer le joyau de ma collection, me dit-il. Il n’y en a qu’un autre spécimen en Europe, maintenant que le petit de Rotterdam est mort. C’est un chat brésilien.
– En quoi diffère-t-il d’un autre chat ?
– Vous allez voir, me répondit-il en riant. Voudriez-vous faire glisser le guichet et regarder à l’intérieur ?
J’obéis. J’avais vue sur une grande salle nue, dallée, qui avait de petites fenêtres à barreaux sur le mur d’en face. Au milieu de cette salle, une grosse bête de la taille d’un tigre, mais noire et luisante comme de l’ébène, était couchée dans un rayon de soleil. C’était tout simplement un chat gigantesque et très bien soigné. Pelotonné sur lui-même, il se chauffait béatement comme n’importe quel chat. Il était si gracieux, si musclé, et si gentiment, si paisiblement diabolique que je demeurai au guichet un bon moment à le contempler. 
– N’est-il pas splendide ? me demanda mon hôte avec enthousiasme.
– Magnifique ! Je n’ai jamais vu un plus bel animal.
– On l’appelle parfois un puma noir, mais en réalité il n’est pas un puma. De la tête à la queue il mesure trois mètres cinquante. Il y a quatre ans, il n’était qu’une petite boule de poils noirs d’où émergeaient deux yeux jaunes. On me l’a vendu tout de suite après sa naissance dans une région sauvage située près des sources du Rio Negro. Sa mère avait été abattue à coups de lance parce qu’elle avait tué une douzaine d’indigènes.

Challenge Les textes courts. 

Genre : Nouvelle

Auteur : Arthur Conan Doyle

Pays : Royaume-Uni

Nombre de pages : 12

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Les ombres portées, Zola, correspondances intimes – Sophie Guermès

Quatrième de couverture :

Le 10 novembre 1891, un drame survient dans la vie d’Alexandrine Zola. Elle apprend par une lettre anonyme que son mari entretient une liaison avec Jeanne Rozerot, leur ancienne lingère, et qu’il a eu deux enfants avec elle. Dévastée, elle veut se rendre chez sa rivale, mais son mari l’en empêche et charge un ami de mettre à l’abri sa famille jusqu’alors cachée. Plus tard, elle lira les lettres échangées entre les amants.

Chacun des protagonistes de ce drame porte son poids d’ombre, qu’il s’agisse de celle du secret ou de celle de l’inaccompli : le mariage pour Jeanne, la maternité pour Alexandrine, et pour Zola l’absence de « partage du cœur ».

Mon avis :

J’avoue que je ne m’attendais pas à un texte partagé en actes, comme au théâtre car rien ne me le signifiait dans la quatrième de couverture. Je pensais réellement avoir des extraits des différentes correspondances entretenues entre Zola, Jeanne et, pourquoi pas, Alexandrine. Il n’en est rien car il s’agit finalement d’une mise en scène des réactions ou des pensées des différents acteurs de ce drame. Si je m’étais renseignée un peu, j’aurais vu qu’il s’agissait d’une lecture en public, faite, si je ne me trompe pas, au festival de Grignan.

Ceci dit, ce n’est pas bien grave car j’ai vraiment apprécié le fait d’entrer ainsi dans la tête de Jeanne ou d’Alexandrine. Les émotions des deux femmes sont exacerbées, on peut aisément le comprendre. J’ai ressenti une sorte de parti-pris, ce qui sera le seul petit bémol de mon billet, car lorsqu’on referme ce livre, on déteste cordialement Alexandrine qui était pourtant la femme légitime. Je pense que Sophie Guermès a voulu se mettre à la place de Zola qui semblait ne plus rien ressentir envers cette dernière, ce qui a pu me donner cette impression. En tous les cas, cela m’a donné envie d’aller faire des recherches sur cet épisode de la vie privée de Zola, ce romancier qui fait partie, selon moi, des plus grands (oui, je sais, je ne suis pas du tout objective).


Extrait : 

Il lui semblait la voir de nouveau et l’entendre, forçant la porte et cassant tout, hurlant au scandale, mettant le feu, qui sait ? chez celle qui, depuis plusieurs années, n’avait pas cessé de la protéger, hantée par le rêve d’un monde unifié, sans violence ni souffrance, où chacun aurait sa part, dans l’harmonie et la sérénité. C’est ce qui la bouleversait, maintenant que tout était découvert : moins la honte que l’écroulement de ce rêve de paix. (P21)

Challenge Les textes courts. 

Genre : Correspondances

Auteur : Sophie Guermès

Pays : France

Nombre de pages : 68

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Les défis du 20 : Lettre O

Mamylor nous avait d’abord proposé les deux mots suivants : Océan et Orange. Donc j’avais fait mon billet bien à l’avance avec ces termes, en me disant qu’ « orange », après tout, pouvait être pris pour un mot abstrait si l’on ne parlait pas du fruit. Mais voilà que s’en rendant compte, Mamylor a remplacé cette couleur par « optimisme ». Ben tant pis, je vous livre quand même mon premier billet, na ! L’optimisme étant de se dire qu’il vous plaira quand même ! 😄

Orange… cette couleur me parle… non, ce n’est pas un océan qui nous sépare. L’emblème d’un pays, ça vous parle ? Ah, la Hollande ! A défaut d’océan, des canaux…

Amsterdam, février 2018.
@L.B

Et la couleur orange, alors ? Visez plutôt :

@L.B