Les Plumes chez Émilie : Chocolat

Les mots à insérer sont : BROYER- DOUCEUR- CABOSSE – TABLETTE- EMBALLAGE – NOIR- SURANNÉ – FOLLE- DÉGUSTER- CÂLIN- CHAUD- PRESCRIRE- PÂTISSERIE – PLAISIR

Le goûter

Séraphine : Madame a sonné ?

La Baronne : Oui, bien évidemment Séraphine ! Qui voulez-vous qui agite cette clochette ? Seriez-vous devenue folle ?

Séraphine : Vos réponses sont toujours un plaisir ! J’étais dans la cuisine, la cocotte-minute fait un boucan de tous les diables, j’ai à peine entendu le bruit, voilà pourquoi je vous pose la question !

La Baronne : Mais que fait la cocotte-minute en marche à cette heure ? Il est à peine 15h00. Ne me dîtes pas que vous préparez déjà le dîner !

Séraphine : Ah, ah ! Ce serait un peu tôt ! Non, c’est votre goûter que je suis en train de confectionner.

La Baronne, surprise : Mon goûter ? À la cocotte-minute ? J’en reste sans voix Séraphine ! Vous me surprendrez toujours dans vos façons de cuisiner ! Et puis-je savoir ce qui…hum… mijote ?

Séraphine : Une pâtisserie.

La Baronne, estomaquée : Plait-il ?

Séraphine : Un gâteau au chocolat. Lorsque j’ai ouvert la tablette de ce chocolat noir à l’emballage suranné, avec le dessin de la cabosse…

La Baronne : Oui, oui, je vois bien cette tablette. C’est du chocolat de dégustation, pas du chocolat pour faire de la pâtisserie.

Séraphine : … il y avait une recette à l’intérieur. Le gâteau minute.

La Baronne, les yeux écarquillés : Minute, pas cocotte-minute ! Ma pauvre Séraphine ! Et comment avez-vous fait votre chef-d’oeuvre ?

Séraphine : J’ai broyé le chocolat, ajouté de la farine, du beurre, du sucre, des oeufs. J’ai mélangé le tout et je l’ai mis dans la cocotte. Je dois attendre une minute après le sifflet. Vous verrez, c’est marqué sur le papier : « Aussi doux qu’un câlin ». Vous m’en direz des nouvelles !

La Baronne, reniflant : Ça ne sentirait pas le brûlé ?

Séraphine : Mon gâteau ! (Elle court à la cuisine) Oh ! Mais quelle horreur ! On ne peut même plus se fier aux recettes qu’ils prescrivent maintenant ! « Aussi doux qu’un câlin » qu’ils disaient ! Tu parles d’une douceur ! Aie, c’est chaud ! Saleté ! Je crois que la cocotte est foutue !

La Baronne, éclatant de rire devant l’air dépité de la domestique : Séraphine, pour le goûter, on fera dans le classique, on sortira les madeleines !

Le défi du 20 : Lettre M

Ce mois-ci, c’est Soène qui nous propose le mot concret : Mandarine, et le mot abstrait : Malédiction

Savez-vous comment je fais pour éviter la malédiction du pépin dans la mandarine ? Je coupe les tranches pour en faire une petite salade de fruits. Hors de question de me passer de ce fruit que j’adore, dont l’odeur, comme la madeleine de Proust, me renvoie directement aux festivités de Noël à l’époque où je les aimais encore. La véritable malédiction pour moi serait de ne plus en manger !

@LB

C’est à mon tour de proposer deux mots pour le mois de mars avec la lettre N. Je propose donc noisette et naïveté.

Les Plumes chez Emilie : Carnaval

Les mots à insérer sont : ANNULATION- ELEVE- MASQUER- MONDE- BRÛLER- BEIGNET-FEMME- ACCUEILLIR- FOU- OSER – CARÊME- CHAR-COULEUR- CULTURE

La fête de l’école

Devant son café, à la fin du repas, Antoine se remémorait quelques événements joyeux de son enfance en voyant ses enfants jouer comme des petits fous dans la salle à manger. C’était le mois de février, il neigeait au dehors et la douce chaleur du feu qui brûlait dans la cheminée invitait à rester dans la pièce. Personne n’aurait osé mettre le nez dehors. « Cela nous garantit un bel été » lui aurait dit sa mère si elle avait été encore de ce monde. Ah ! Sa mère ! Elle aurait certainement profité de ce mauvais temps pour faire des gâteaux d’avant Carême ou tout autre douceur dont il se délectait, ainsi que son beau-père, le docteur Louis. Février, le mois du carnaval. Il se souvint soudain de la fête de l’école. Antoine était alors l’élève de monsieur Nisard, un instituteur qui aimait faire passer la culture à travers des traditions. Cette année-là, ce dernier avait fait un pari fou : fabriquer un char pour le carnaval. Tous avaient participé, fiers de se dire que le char de l’école allait défiler devant tout le monde. Les enfants devraient se masquer et accompagner leur oeuvre en dansant et en chantant. Certains se mettraient sur le char. Les premiers de la classe auraient cet honneur. Tous redoublaient d’ardeur au travail pour arriver sur la première marche en composition française ou en mathématiques. Pas question qu’un seul se défile ! Il ne fallait pas risquer l’annulation de cet événement ! Monsieur Juffin, le père d’un des écoliers, avait prêté un de ses chariots pour le décorer. Madame Lucas avait fourni du papier de couleur pour fabriquer des fleurs que l’on attacherait sur les montants.

Le jour venu, l’excitation était à son comble. Antoine était sur le char, pas peu fier, tenant dans sa main de petits bouquets de fleurs cueillies le matin même qu’il remettrait aux dames croisées pendant le défilé. Tout le village était là, applaudissant le superbe ouvrage décoré par toute l’école. Rosalie et Louis suivaient la carriole, heureux de voir « leur petit » s’amuser comme jamais.

– À quoi tu penses ? lui demanda sa femme en apportant sur la table une assiette fumante de beignets.

– Hein ? Je me disais juste que j’avais de la chance de vous avoir, les enfants et toi… répondit Antoine, les yeux rivés sur les petits gâteaux qui lui rappelaient tant ceux de sa chère mère.

Les Plumes chez Émilie : Nostalgie

Les mots à insérer sont : SE SOUVENIR, PLUS, FAMILLE, REGRET, HEUREUX, MADELEINE, AINSI, ALEA, APPARAITRE, ADOLESCENCE, BANANA-SPLIT, RÉSIGNÉ, RÊVER, RESTAURER.

Les souvenirs de Toinou

Assis à une terrasse de café, l’air contemplateur, une banana-split devant lui, le dernier truc à la mode, Antoine se remémorait les jours heureux de son adolescence avec sa mère et le docteur Louis. Il était désormais un beau jeune homme de 25 ans, marié à une gentille Marie avec qui il avait fondé sa famille. Elle lui avait donné deux beaux enfants, Louis et Clémence, et attendait le petit troisième qui n’allait pas tarder à faire apparaître le bout de son nez. Avec les aléas de la grossesse, il ne savait plus exactement quand ce petit allait arriver. Son seul regret était que ses parents ne le verraient pas. Ainsi allait la vie, il s’y était résigné. Il se souvenait de la joie de sa mère quand il lui avait annoncé la naissance du premier et de l’émotion du docteur apprenant que ce petit allait porter son prénom. Malheureusement, Rosalie s’était éteinte bien trop tôt à ses yeux et le docteur l’avait suivi de près dans sa dernière demeure, anéanti par le chagrin. Antoine avait eu du mal à s’en remettre mais il devait rester solide pour sa famille. Sa madeleine de Proust, c’était la crèche qu’il mettait à Noël. Il se souvenait alors de cette journée qu’il avait passée dans l’atelier à scier, clouer, raboter… à travailler jusqu’à n’en plus pouvoir afin d’offrir ce cadeau à ses parents. Depuis, il l’avait restaurée et rêvait de la transmettre à ses enfants. Cet épisode de sa vie avait déterminé ce qu’il était devenu : un menuisier reconnu.

Les défis du 20 : Lettre L

C’est reparti pour une nouvelle année ! Nous avions fini en décembre dernier avec Kot et Karma. Ce mois-ci, c’est Passiflore qui nous propose le mot concret : Libellule, et le mot abstrait : Liberté.

@LB

Au mois de mai dernier, en allant me balader aux étangs de Commelles, près de Chantilly, j’ai eu le loisir de photographier des libellules. Je n’en avais jamais vues autant d’un seul coup ! Elles étaient là, autour de moi, voletant en toute liberté, faisant fi de mon appareil photo ou de ma présence. Libellule, liberté, avez-vous remarqué que ces termes commencent par les mêmes lettres ? Espérons tout de même que la liberté ne s’envole pas !