Les défis du 20

Passiflore nous propose aujourd’hui d’évoquer deux poètes. Après une petite hésitation, je choisis ces deux-là :

Baudelaire, un monument poétique à lui tout seul ! Bon, pas rigolo le bonhomme, mais quelle plume ! Et si je ne devais citer qu’un poème, ce serait « Une Charogne ». Je trouve fascinant le fait que le personnage se balade avec sa bien-aimée, croise le cadavre de la bestiole, et dise à sa dame qu’elle finira ainsi !

« – Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion ! »

Avouez quand même qu’il fallait oser !

Avez-vous reconnu le deuxième ? Il s’agit de Francis Ponge. Lisez « Le Pain » et je suis sûre que vous ne verrez plus votre tartine de la même façon :

« La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
     Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
     Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…
     Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. »

Ces deux poètes ont un point commun : ils transforment des choses viles, quotidiennes, en de purs moments de poésie.

Les défis du 20

Nouvelle année, nouveaux défis chez Passiflore et nouveau logo de notre amie Soène. Je copie les règles de Passiflore :

Pour le premier mois de l’année (Janvier 1), il faudra choisir le nom d’un peintre que vous aimez, ou pas, qui vous inspirera un souvenir, une histoire, ou rien…juste une photo ! Pour le 2ème mois de l’année (Février 2), ce sera le nom de 2 poètes…

Le tableau des 12 défis :

Pour ce premier défi, voici un autoportrait d’un de mes peintres préférés : Vincent Van Gogh

Pour l’anecdote, j’ai fait la connaissance, si je puis dire, de ce peintre, en cours de dessin, au collège. J’étais en 5ème. Nous devions reproduire un tableau avec un gros feutre trempé dans de la peinture. C’est ce dernier que j’ai reproduit. Son histoire m’a fascinée, je me suis documentée sur cet artiste, on m’a offert des livres…

Inutile de vous dire ma joie, en arrivant en Région Parisienne, lorsque nous sommes allés, avec mon mari, visiter Auvers-sur-Oise, qui est à une cinquantaine de kilomètres de chez moi. Depuis, j’y suis retournée 3 ou 4 fois et je ne m’en lasse pas.

Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre quelques photos : l’église, l’auberge Ravoux, la statue de Van Gogh par Zadkine, la tombe de Van Gogh… Cliquez sur les photos !

Photos @LB

Les défis du 20 : Lettres W, X, Y, Z

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est image.png

Pour ce mois, il reste les 4 dernières lettres de l’alphabet. Aussi, Dame Uranie a-t-elle décidé de s’amuser un peu. Voici ce qu’elle nous propose, au choix 🤪:

 1 – écrire un texte avec la lettre de votre choix et ses mots,

 ou

2 –  écrire un texte avec les 4 lettres et 8 mots, 

 Watt et Wassingue

X  Xylophage et Xylophone 

Y  Yé-yé et Yo-yo 

Z  Zen et Zinc

Evidemment, je ne vais pas céder à la facilité ! Donc ce sera pour moi la deuxième solution. Voici donc mon texte :

Hippolyte jouait du xylophone dans un groupe. Mais la musique yé-yé ne s’accordait pas vraiment avec cet instrument. Il restait zen face aux remontrances de ses camarades et les invitaient, pour se faire pardonner, à boire au café du coin. Mais un matin, il arriva, le visage ressemblant à une wassingue.

– Eh, mais que t’arrive-t-il, Hippo ? Tu as l’air défait ce matin ! lui demanda le gérant du zinc.

– Mon xylophone s’est écroulé au beau milieu de la nuit, rongé par des insectes xylophages. Ça a fait un de ses raffuts !

– Tes copains vont être contents ! Ils ne t’appelleront plus Monsieur 2 watts !

– Pfff ! Ils n’ont jamais rien compris à la musique !

– Et que vas-tu faire maintenant ?

– Apprendre à jouer Tata Yoyo au saxo !

Les défis du 20 : Lettre V

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est image.png

Ce mois-ci, c’est Vonnette qui nous propose les mots en V : Vélo et Vraisemblance.

Photo © L.B

Selon toute vraisemblance, faire du vélo ne s’oublie pas. Du moins, c’est ce que disent les anciens, que j’écoute généralement car ils ont toujours de bons conseils. Ceci dit, lorsque j’ai dû réenfourcher un vélo, en 2018, lors d’un voyage en Hollande, j’ai quand même eu du mal. Était-ce le type de vélo ? Elles sont particulières les bicyclettes bataves ! Il faut pédaler en arrière pour freiner. Mazette, j’ai failli me retrouver le popotin par terre !

Bon, heureusement que ce n’était pas le vélo que je vous ai mis en photo ! J’ai photographié ce dernier au musée d’un village historique néerlandais réputé, Zaanse Schans, véritable musée à ciel ouvert. Il me rappelait celui qu’avait mon grand-père lorsque j’étais petite. Il ne sert plus depuis longtemps…. selon toute vraisemblance…

Les Plumes chez Émilie : Monstres

Les mots à insérer dans un texte sont les suivants : GENTIL, APPARENCE, POESIE, CACHALOT, INSOLITE, FRISSON, PRIER, COURIR, SE CACHER, PINGOUIN, YOUPI, DEMON, DANGER, DETECTER.

La fête foraine

Elle revenait chaque année à la Saint-Martin. L’attente était insoutenable pour Elisa qui rêvait déjà des nombreux manèges qui lui donneraient des frissons. Elle n’avait pas son pareil pour détecter les engins insolites qui lui donneraient cette adrénaline qui monte en flèche lorsqu’on se sent en danger tout en sachant qu’il n’en est rien. Elle adorait voir déambuler les gentils démons qui faisaient courir les plus petits. Les moins téméraires se cachaient dans les jupes de leurs mères tout en jetant un oeil sur ces monstres dont l’apparence n’étaient quand même pas la même que dans les dessins-animés. L’ambiance était tellement sympa lors de ces journées ! Ses deux copines partageaient avec elle sa passion des grandes roues mais elles aimaient aussi le tir ou la pêche aux canards et elles la priaient toujours, en fin de journée, de faire quelques parties avec elles. Elisa n’étaient pas friandes de ces jeux où l’on gagnait des lots improbables tels que des pingouins ou d’énormes cachalots en peluche qui prenaient une place folle dans la maison. Elle préférait, une fois les manèges écumés, se poser sur un banc et déguster des beignets ou des pommes d’amour.

Elisa scrutait le journal tous les matins, espérant à chaque fois lire la date d’ouverture de la fête foraine. Ce matin-là, elle cria de joie. Youpi ! L’article était dans le journal, elle pourrait aller mercredi sur la toute nouvelle grande roue. Sa mère la gronda gentiment : « tu ferais mieux d’étudier ta poésie au lieu d’aller traîner là-bas ! » Mais la jeune fille n’en avait que faire. La poésie pouvait bien attendre !