Les Plumes chez Émilie : Canicule

Voici la liste des mots à insérer : Glacier, nu, enflammer, radotage, lapin, chaleur, rhume, moite, mauvais, masse.

L’incendie

La ville brûlait depuis six jours maintenant. Le brasier géant le fascinait. Les poutres en bois craquaient comme des brindilles et se réduisaient en cendres très vite, non sans avoir enflammé au passage les maisons proches. Il regardait le spectacle, nu à sa fenêtre (il ne risquait pas d’attraper un rhume avec cette chaleur), hypnotisé par cette gigantesque langue de feu qui consumait toutes les masses, boisées ou humaines.. Voir un glacier qui se serait détaché n’aurait pas eu le même effet sur lui. Il aurait juste eu les mains moites mais aucune comparaison avec ce spectacle. Le feu purifiait. Tant pis pour les êtres vivants qui rôtissaient comme des lapins. On le dirait mauvais, cruel… peu importe. Il avait l’habitude des radotages.

L’Histoire ne retiendra que ça, se dit Néron…

Les Plumes chez Emilie : Bla-Bla

Voici la liste des mots à insérer : Circonlocution, baratineur, téléphone, discuter, bagou, plaidoyer, parole, pirouette.

Tant pis !

Je ne ferai pas de circonlocution, je ne suis pas baratineuse. Je n’ai pas le bagou des camelots dont j’admire la gouaille, faisant de véritables plaidoyers pour des produits inutiles mais dont on ne pourrait se passer, discutant le bout de gras, trouvant toujours une pirouette, une parole bien placée pour faire de leurs articles le comble du luxe. Je n’appellerai pas au téléphone un ami pour m’aider… Bref, en un mot comme en cent, je n’ai rien trouvé pour les Plumes d’Emilie !

Les défis du 20 : Lettre F

Les règles sont ici. Et cette fois, c’était à Dame Uranie de proposer deux mots. Voici son choix : Féroce et Fromage.

J’aime beaucoup cette association et voici ce que cela m’a inspiré…

Pour le prochain mois, nous jouerons avec la lettre G. C’est à moi cette fois de choisir les deux mots avec lesquels nous ferons marcher notre imagination. Je vous propose donc : GOMME et GALANTERIE.

Les Plumes chez Emilie : Vitesse

Voici la liste des mots à insérer : Précipitation, pied, éclair, boîte, courir, vélo, temps, diligence, minute, pédales, risquer, ralentir, remède.

L’accident

Le docteur arrêta sa diligence devant la ferme des Martin et entra sans perdre une minute dans la vieille maison familiale. Personne. La cuisine embaumait, un repas était en train de mijoter sur le vieux poêle. Il regarda sa montre à gousset : 11h30. Il n’avait pas chômé encore ce matin ! Une dizaine de patients à visiter, il n’avait pas vu passer le temps.

– Madame Martin ?

Rosalie Martin passa la tête dans l’escalier, tel un diable sorti de sa boîte.

– Montez docteur, c’est pour Antoine, il est dans sa chambre.

Le docteur monta les marches un peu abruptes, se demandant comment il n’y avait pas plus d’accidents dans ces vieilles chaumières où les escaliers étaient irréguliers, les planchers brinquebalants. Le petit patient était là, les paupières gonflées par les larmes. Il remarqua son pied, enflé et bleui.

– Alors Antoine, que t’arrive-t-il ?

Le temps que le petit lui réponde, il manipulait doucement le pied, palpant la région plantaire avec attention.

– Je suis tombé de vélo… répondit le petit en grimaçant de douleur.

– C’est arrivé hier Docteur, pendant l’orage. Toinou était allé aider son oncle à rentrer ses vaches. Il y a eu un éclair, il a eu peur et a perdu le contrôle de son vélo. Un mauvais coup de pédale et il s’est retrouvé à terre. Il boitait, on a cru que c’était le coup mais ce matin ça avait enflé.

Le médecin farfouilla dans sa trousse, en sortit un tube de pommade.

– Avez-vous un linge propre que l’on pourrait tailler en bandes ?

– Oui, bien sûr Docteur. Alors, qu’est-ce qu’il a mon Toinou ? Ce n’est pas grave au moins ?

– Non, rassurez-vous, c’est une belle entorse. Il regarda le petit, soulagé par le ton rassurant du praticien. Je vais te donner des remèdes contre la douleur, à ne prendre que si tu ne la supportes plus. Mais il va falloir être patient Antoine. Tu vas guérir à condition de ne pas poser le pied par terre avant un mois.

Des larmes roulèrent sur les joues du jeune blessé. Il ne pourrait pas participer à la course de la kermesse et gagner le beau lot du vainqueur : un énorme jambon qu’il aurait voulu offrir à sa mère qui se saignait aux quatre veines pour les faire vivre depuis que son père était parti rejoindre ses ancêtres. Le docteur comprit de suite la tristesse d’Antoine.

– Allez, petit, ce sont des choses qui arrivent. Tu es jeune et ça va bien se remettre. Mais il ne faut pas ralentir la guérison en faisant des efforts. La kermesse est dans une semaine. Si tu te mets à courir, tu risques de te blesser davantage. Tu ne voudrais quand même pas qu’on t’appelle le boiteux toute ta vie? Alors pas de précipitation jeune homme, dit-il en massant la cheville et en lui faisant un bandage.

– Mais oui Toinou, le docteur a raison, tu vas rester tranquille. Tu concourras l’an prochain, rien ne presse ! Combien je vous dois Docteur ?

Il connaissait la famille Martin depuis longtemps, s’était rendu au chevet de Robert lorsqu’il avait fait sa crise cardiaque. Il savait bien que Rosalie ne pouvait pas le payer.

– Il est presque midi et l’odeur de ce plat qui mijote a aiguisé mon appétit. Si vous acceptez que je reste manger avec vous, nous serons quittes. Je sais que vous êtes une excellente cuisinière.

– Oh, mais bien sûr, dit Rosalie en rosissant. Tenez, descendons, vous pourrez vous installer. Toinou, je vais te monter ta part, il faut que tu manges.

Antoine se redressa dans son lit. Les paroles sensées du médecin l’avaient réconforté.

– Docteur ?

– Oui, Antoine ?

– Merci pour tout !

Le praticien lui fit un clin d’oeil. Ce gosse de dix ans était déjà mature à son âge. Il savait qu’il écouterait ses conseils.

Les défis du 20 : Lettre E

Les règles sont ici. Et cette fois, c’était à Mamylor de proposer deux mots. Voici son choix : Eglantine et Elégante.

Petite fleur d’Eglantine faisait une triste mine

Ne se trouvant pas jolie, elle ne quittait plus son lit,

Ne voulant plus s’ouvrir, la corolle en berne,

Elle maudissait les gens racontant des balivernes,

Ne la regardant pas, trop petite pour la prendre dans leurs bras.

Mais joli Papillon, un jour vint se poser,

Sur son coeur butina, ôta ce cadenas,

Qui, moralement, empêchait Eglantine de se montrer câline.

Elégante elle devint, se métamorphosa,

Et d’un petit blanc pâle devint rose fuchsia.

Elle vit des lumières, des flashs, des sourires,

Les photographes, enfin, ne voulaient plus s’interdire

De la mettre en avant, son rêve accomplissant.

On peut être petit, paraître fragile, et avoir un grand coeur

Dans lequel l’élégance se meurt de bonheur.