Les Plumes chez Emilie : Boîte

Voici la liste des mots à insérer : Pandore, béquille, nuit, cadeau, secret, sucre, carton, ouvrir, oppresser, outil.

L’anniversaire

S’il y a bien un moment qui est synonyme de joie pour les enfants, c’est la journée d’anniversaire. Pendant un an, ils réfléchissent au cadeau qu’ils vont avoir, observent tous les colis qui arrivent chez eux, les cartons qui sont dans la poubelle et qui pourraient délivrer quelques indices. Le petit bricoleur rêve en secret d’avoir un établi comme papa, avec tous les outils, la petite infirmière désire une poupée qui se ferait bobo, à qui elle pourrait administrer des médicaments, faire des piqures ou délivrer des béquilles. Les petits chimistes aimeraient avoir la grande boîte dans laquelle se trouvent des fioles et des produits à mélanger selon un mode d’emploi bien précis. Les petits cuisiniers se voient déjà en train de faire des gâteaux en pâte à sucre. Les petits musiciens s’imaginent jouer du violon, de la pandore ou de la guitare… La nuit qui précède est souvent courte. Ils se lèvent dès potron-minet et oppressent leurs parents de questions, à la recherche de précieux renseignements. Enfin vient l’heure de la délivrance ! En famille ou entre amis, ils défont avec rapidité les liens qui retiennent le papier cadeau et ouvrent fébrilement la boîte tant attendue. Tout le monde retient sa respiration. Et si ce n’était pas le bon choix ? Le sourire rieur qui se dessine soudain sur leurs visages est la récompense pour tous. Il n’y a plus qu’à attendre l’année suivante !

Les Plumes chez Émilie : Voile

Voici la liste des mots à insérer : anniversaire, mer, secret, marine, pudeur, cacher, bosco, perroquet, mystère, vapeur, marié(e), brouillard, bleu, bâcher.

Voici mon texte : Le petit Mousse

Tim rêvait d’embarquer sur un navire depuis qu’il avait lu les romans de Jules Verne. Il avait suffit du premier, offert par sa marraine le jour de son anniversaire, pour que cette passion le prenne. Il se voyait déjà sur le pont, humant l’air et contemplant le bleu envoûtant de la mer. En secret, le soir dans sa chambre, il faisait une voile avec son drap. Le lit devenait un bateau subissant les vagues et les tempêtes. Il était le maître, le bosco, un perroquet sur l’épaule, un cache-oeil sur le visage. Il abordait d’autres embarcations par surprise, avec l’aide du brouillard, devenait un pirate. Le lendemain, il était un riche propriétaire. Jeune marié, il se baladait en yacht dans les plus beaux endroits du monde. Tim refaisait ainsi le monde, son monde. Il aurait voulu être Tom Sawyer, grimper dans un bateau à roue à aubes, à vapeur, aller voir le Mississippi. Dès qu’il entendait un bruit, il bâchait le bateau-lit, autrement dit, il le recouvrait très vite de son drap. C’était son secret, il le cacherait jusqu’à temps qu’il puisse intégrer l’école de la Marine. La pudeur lui interdisait d’en parler pour l’instant. Ses parents ne le comprendraient pas et se moqueraient de lui. Plus tard, adulte, il découvrirait son mystère et tout le monde en rirait. Enfin, il l’espérait !

Le dico dingo : Rocambolesque

Martine, jamais en panne d’inspiration, nous propose cette fois de plancher sur le terme « rocambolesque ». Pour être rocambolesque, ça va être rocambolesque !

Voici ma définition foldingue : Danse des pays de l’Est apparue à la fin de la Guerre Froide. Le Rock avait fait son entrée dans cette partie du monde et certains habitants, heureux de pouvoir enfin partager la culture du monde capitaliste, se mirent à danser joyeusement tous les soirs. La tradition étant de boire un verre de vodka, et de le lancer, ils prirent des bols (bolesk dans la langue) lorsque les verres se firent rares. La danse devint donc très sportive car il fallait jongler avec les bols et éviter celui du voisin tout en faisant tournoyer sa partenaire. Les américains, regardant ça d’un oeil amusé, nommèrent cette danse « Rock and bolesk », traduit phonétiquement en français par « Rocambolesque ».

Le Dico Dingo : Quiproquo

Oui, vous avez bien lu, Martine nous propose de plancher sur un mot complètement tordu : Quiproquo.

Voici ma définition « dingote » :

Quiproquo : Etymologie latine. Association de deux termes : quid (pourquoi) et procare (demander). Les grands orateurs latins, fâchés par les questions idiotes de la plèbe, avaient pour habitude de prononcer « quid proco ? » signifiant « pourquoi, je me le demande » ? Tout ceci de manière ironique. Les discours de Cicéron en sont ponctués. Ainsi, dans le De Republica, il dira : « Les plébéiens devraient s’appeler plaies béantes. Ils posent des questions insensées. Que leur répondre à part quid proco ? Mais même ça ils ne comprennent pas. Ils pensent qu’on se pose véritablement la question. Comment faire une République avec de telles personnes incapables de comprendre les finesses de l’esprit ? »

L’expression a désigné par la suite un benêt posant des questions idiotes. L’orthographe vient des différentes traductions. On retrouve le terme chez le célèbre dramaturge Molière qui, à ses débuts, avait créé une pièce intitulée Le Quiproquo ridicule, pièce tombée dans les oubliettes.

Les plumes chez Emilie : Force

La liste des mots à insérer dans le texte est la suivante : Effort, rentrée, patience, courage, faiblesse, caractère, poil, vecteur, rien, étreindre, exceller, énerver.

La leçon de conduite

Gontran : Fine, fiiiiiiine !

Séraphine : Gontran, je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça ! On n’a pas élevé les baronnes ensemble ! Tu sais très bien que ça m’énerve, ça me hérisse le poil ! Est-ce que je t’appelle Gon, moi ? (un large sourire apparait sur son visage) Gon, Gongon, (tout bas) Concon, c’est une idée !

Gontran : Pouah, quel caractère ! Un rien te fait perdre patience !

Séraphine : Et tu excelles en ce domaine ! Tu es un bon vecteur pour mettre mes nerfs en pelote !

Gontran : Un quoi ?

Séraphine : Non, rien, laisse tomber ! Bon, que voulais-tu ?

Gontran : Séraphine, depuis que la baronne est rentrée de son voyage, ce n’est plus la même. Je crois qu’elle devient…

Séraphine : … folle ?

Gontran : Oui, c’est ça… Elle fait n’importe quoi. Elle a voulu prendre la voiture ce matin.

Séraphine, s’esclaffant : Mais elle n’a pas le permis !

Gontran : Je le sais bien puisque je lui sers de chauffeur depuis des années ! Elle est entrée dans la voiture en me demandant de lui apprendre à conduire. Mais lorsque je l’ai vue…

Séraphine, riant : … quoi ?

Gontran : … étreindre le volant, caresser le tableau de bord…

Séraphine (mouvement de la main) : De plus en plus cinglée la baronne ! Il en faut du courage pour la servir !

Gontran : … lui parler, l’appeler sa petite Rose…

Séraphine, de plus en plus hilare : Quoi ? Rose ? V’la autre chose ! Et après ?

Gontran : J’ai eu la faiblesse d’accepter…

Séraphine : Le grand fou !

Gontran : J’ai dû prendre sur moi, je ne suis pas moniteur d’auto-école. Il m’en a fallu de la patience ! J’ai eu très peur quand elle a démarré, passé la vitesse et qu’elle a appuyé tout de go sur l’accélérateur ! J’étais tout blanc !

Séraphine, pleurant de rire : Et qu’as-tu fait ? Tu l’as arrêtée au frein à main ?

Gontran : Je n’ai pas eu besoin…

Séraphine : Pourquoi, elle est redevenue raisonnable ? Elle a fait un effort et t’a rendu le volant ?

Gontran : Non, le mur du voisin s’en est chargé !