Ce soir on soupe chez Pétrone – Pierre Combescot

Pierre Combescot [XXe-XXIe s] Petrone

Quatrième de couverture :

« Un péplum votre roman ? On y retrouve bien évidemment de la toge, du drapé chic, de la chaise curule, du chapiteau corinthien, des petits musclés du cirque mais également des latrines bien romaines où il me plaît de siphonner tous les vices et bien des vertus trop ostentatoires des faux culs de cette époque, qui peut, par certains côtés, renvoyer à la nôtre. Alors, un conte moral ? Plutôt amoral. En fait c’est une chronique sur Pétrone, l’ami du prince – Néron -, l’arbitre des élégances, et l’auteur de ce que nous appelons aujourd’hui le Satiricon, premier grand roman picaresque de l’histoire de la littérature, peuplé de fiers « picaros » et de tendres canailles. Pétrone est un entrepreneur de démoralisation. De démolition également. Démolition du langage par l’argot glané dans les bouges de Marseille, au temps de sa jeunesse, car Pétrone fut marseillais avant d’être romain. Démolition des idées reçues : Pétrone fait table rase de toutes les conventions ; et en épicurien, il s’amuse, à l’ombre des idées nihilistes. Au moment de s’éclipser sur la pointe des pieds, il ne vous laisse en partage que sa vérole, et de grands éclats de rire au crépuscule.»

Mon avis :

Il s’agit ici d’une chronique tenue par Lysias, proche de Pétrone. Avec la même verve que ce dernier, il va nous décrire la vie de celui-ci, sorte de pied-de-nez à tous ceux qui pensent que l’auteur du Satiricon n’a jamais existé. Bien entendu, il ne s’agit ici que de pure fiction puisque cette chronique n’a jamais existé. Cependant, il faut admirer la prouesse de Pierre Combescot qui s’est vraiment bien documenté et qui fait oublier la fiction. Le lecteur se retrouve plongé au cœur du monde antique, entre Pétrone, Juvénal ou encore Néron.

Certes, le style pourra ne pas plaire car le registre employé est souvent familier. Néanmoins, il convient de remettre les choses dans le contexte et de cesser de croire que les latins ou les grecs ne parlaient qu’en hexamètres dactyliques.

Ce soir on soupe chez Pétrone 
pourra apprendre énormément au lecteur car, sous des dehors un peu légers, toute l’histoire antique est là. Pierre Combescot pousse même à aller au-delà et à s’intéresser davantage à ce monde qui a tendance à être considéré comme difficile d’accès.

L’avis de François Nourissier éclaire assez bien ce livre : « Érudit, crapoteux, capiteux, licencieux, merdouillard, parfumé, encanaillé, mais un rien snob – voici un péplum de Pierre Combescot. […] De la caleçonnade à l’antique, mais pratiquée par un amateur de haute volée ! » (Le Point)

Une anecdote de l’Antiquité


Buste de l’Empereur. Musée du Capitole

L’Historia Augusta, recueil de biographies d’empereurs datant de la fin du IVe siècle, nous décrit cet empereur (Caius Julius Verus Maximinus Thrax, né vers 173, mort en 238) comme quelqu’un de physiquement exceptionnel : il aurait ainsi mesuré 2m70 et aurait possédé une telle force qu’il pouvait envoyer au tapis toute une armada d’adversaires, tirer un char d’une seule main, déraciner un arbre ou écraser des cailloux. Les bracelets de son épouse lui servaient de  bagues… Nul doute que celui-ci aurait plu à Obélix !  


Mais il semblerait que l’Historia Augusta ne soit pas à prendre à la lettre 😄 (ah bon ? 😂)… Rustre, oui, il l’était selon les nombreux témoignages que nous avons, mais exceptionnel, certes non.  Ah, zut ! 😆