Anna Maria Mozart, la mère.

Anna Maria Mozart
Rosa Hagenauer Barducci, Portrait d’Anna Maria Pertl, musée de Salzbourg.

 

Anna Maria Walburga Pertl est née le 25 décembre 1720 à St. Gilgen. Elle est issue d’une famille plutôt aisée. Elle est la fille de Nicolaus Pertl, sous-préfet, et d’Eva Rosina. On sait peu de choses de cette femme, si ce n’est qu’elle épousa, en 1747, Léopold Mozart et qu’elle donna naissance à 7 enfants. Les deux survivants allaient devenir deux petits génies musicaux. Malheureusement, seul un restera dans l’Histoire : Wolfgang.

On sait qu’elle accompagna son fils dans les tournées lorsque le père ne pouvait pas y aller. En effet, Léopold ne pouvait pas toujours obtenir un congé.

C’est justement pendant une tournée qu’Anna Maria fut prise de fièvres. Sans le sou ou presque, les chambres que louaient le petit prodige étaient froides et miteuses. Le 3 juillet 1778, elle s’éteignit, à Paris. Elle fut inhumée dans le cimetière de la paroisse Saint-Eustache.  

Le registre de lecture précise : « Le jour dit, Marie-Anne Pertl, âgé de 57 ans, épouse de Léopold Mozart, maître de chapelle à Salzbourg, en Bavière, décédée hier à Rue du Groschenet, a été inhumée dans le cimetière en la présence de Wolfgang Amédée Mozart, son fils, et de François Heina, trompettiste dans la cavalerie légère de la Garde royale, un ami. »

Une plaque est, par ailleurs, apposée dans l’Eglise.

Léopold Mozart, père de Wolfgang

 

Johann Georg Leopold Mozart est né à Augsbourg, ville appartenant au Saint Empire Germanique, le 14 novembre 1719. Il est issu d’une famille de relieurs. Son éducation sera faite par les jésuites dès l’âge de huit ans. En 1737, à la mort de son père,  il étudiera  le droit et la théologie à Salzbourg, chez les bénédictins. Mais la musique est sa passion et elle est plus forte que tout. Il est renvoyé pour absentéisme. En 1740, il entre dans la maison princière Thurn und Taxis, créatrice de la Poste impériale. Il devient le secrétaire et violoniste du Comte Johann Baptist Von Thurn-Valsassina und Taxis, lui-mêmeprésident du chapitre de la cathédrale. Le jeune domestique est remarqué pour ses talents (il publie sa première composition: six sonates en trio) et, trois ans plus tard, il deviendra quatrième violon dans l’orchestre de la cour épiscopale. Le Prince-Archevêque le nommera ensuite maître de concert. Reconnu pour ses talents pédagogiques, il enseignera au Conservatoire et se vouera corps et âme à la musique. 

En 1747, il épouse Anna Maria Pertl. Sept enfants naissent mais seuls deux survivront: Maria Anna Wallburga Ignatia (née en 1751) et Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus (1756). Il sera leur principal professeur de musique. Si Léopold semble avoir eu une personnalité très forte, il n’en reste pas moins qu’il fut toujours un père attentionné pour son fils. Ce fut une autre histoire avec Maria Anna.

On retient deux œuvres importantes de Léopold: une méthode pour violon, toujours en vigueur: Versuch einer gründlichen Violinschule (Traité en vue d’une méthode fondamentale pour le violon) et, plus contestée, la fameuse Cassation en sol pour orchestre et jouets (ou symphonie des jouets). Cette dernière ne semble pas être de Léopold. D’abord attribuée à Haydn, on a découvert que le père de Wolfgang l’avait copiée dans un manuscrit. Cependant, on trouva le manuscrit de l’œuvre dans un couvent du Tyrol. La signature était celle du Père Edmund Angerer.

Léopold fera également quelques symphonies tombées dans l’oubli: une symphonie de chasse, une pastorale, une burlesque. Quelques concertos pour trompettes et trombones nous sont également parvenus.

Il mourut brutalement, le 28 mai 1787, à l’âge de 67 ans.

 

Léopold et ses deux enfants, Wolfgang et
Carmontelle, Mozart père et ses deux enfants, vers 1763, Musée Carnavalet, Paris.

Mozart, le petit génie…

Allez, parlons un peu musique classique… Les articles qui vont suivre ne datent pas d’aujourd’hui mais j’avais vraiment pris plaisir à les écrire en prenant moults renseignements sur la vie de cet illustre musicien.

 

 

Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus naquit à Salzbourg le 27 janvier 1756. Il est le fils d’Anna Maria Walburga Pertl et de Léopold Mozart, grand compositeur et vice-maître de chapelle à la Cour du prince-archevêque. Wolfgang avait de qui tenir puisque très vite, dès l’âge de trois ans, il manifesta un intérêt certain pour la musique et des dons indiscutables. Ceci ne passa inaperçu aux yeux de son père qui entreprit dès lors de faire son éducation musicale. Sur ses 7 enfants, seuls Anna Maria et Wolfgang, le petit dernier, avaient survécu. Les deux avaient l’oreille musicale. A l’âge de 6 ans, le rejeton improvisait de petites pièces que le père notait scrupuleusement.

A partir de 1762, Léopold entreprend d’exhiber ses deux enfants et commence une tournée : Linz, Munich, Vienne… Ce sera partout un succès. Gonflé d’orgueil, le père décide alors, de 1763 à 1766, de faire une tournée à travers l’Europe : de Munich à Bruxelles, de Paris à Genève, le petit prodige ravira les oreilles des plus grands. Il fera la connaissance du cadet de Bach, Johann Christian. De nature fragile, ses multiples voyages commencent à détériorer sa santé.

En 1767, il compose son premier opéra, Apollo et Hyacinthus. Suivront, en 1768, Bastien et Bastienne et La finta semplice. Le Prince-Archevêque le nomme maître de concert. Léopold obtient un congé et père et fils traverseront de part en part l’Italie (jusqu’en 1771). Mozart travaillera ainsi l’opéra. Partout où il joue, il rencontre le succès. On le couronne de nombreux prix et titres. Il deviendra même membre de la prestigieuse Académie philharmonique de Bologne (où les jeunes gens n’étaient pourtant admis qu’à partir de 20 ans). Sa rencontre avec Giovanni Battista Martini ( 1706-1784) et Nicolas Piccini (1728-1800) sera déterminante pour sa carrière.

 

Mozart âgé de 14 ans,  par le peintre Louis Gabriel Blanchet, 1770.
Mozart âgé de 14 ans, par le peintre Louis Gabriel Blanchet, 1770.

 

En 1771, le Prince-Archevêque Schrattenbach meurt. Son successeur, Colloredo, devient, dès lors, le nouvel employeur de Wolfgang. Cependant, si Schrattenbach encourageait Mozart à voyager, ce n’est pas le cas pour Colloredo qui voit ceci d’un très mauvais œil. Les relations avec celui-ci se dégradent vite, d’autant plus que le Prince lui impose la forme de ses œuvres. C’est à cette même époque qu’il va rencontrer, à Vienne, Joseph Haydn qui deviendra un ami.

A l’âge de 20 ans, en 1776, Wolfgang décide de quitter sa ville natale mais le Prince refuse de laisser partir Léopold. Il part ainsi, un an plus tard, avec sa mère, à Munich où il espère trouver un poste, puis à Augsburg et enfin à Mannheim. Mais ce sera la déception car il reste sans travail. A Mannheim, il fait la connaissance d’Alysia Weber, cantatrice de son état et en tombe éperdument amoureux. Ceci provoquera le courroux de Léopold qui demandera à son rejeton de se remettre à la musique. Accablé par les dettes, Mozart tente sa chance à Paris, auprès de Melchior Grimm (qu’il avait connu pendant une tournée). Mais là encore, ce sera la déception. Le 3 juillet, tombée malade, sa mère décède. Il rentre alors à Salzbourg, non sans avoir fait un détour pour aller voir sa cantatrice… Il apprendra qu’elle aime un autre homme. C’est complètement déprimé que le pauvre Mozart revient dans sa ville natale, le 29 janvier 1779. Léopold arrive à convaincre le Prince de reprendre son fils à son service.

En 1780, il reçoit une commande de  Munich. Ce sera la création de Idoménée, roi de Crète, qui obtiendra le succès escompté. En 1781, il se voit dans l’obligation de suivre le Prince Hironimus Colloredo à Vienne. Ce dernier le traite comme un vulgaire laquais avant de le congédier en le traitant de voyou et de crétin. Mozart se réfugie alors chez Mme Weber, mère d’Alysia, qui venait de s’installer à Vienne et y tenait une pension. Désormais compositeur indépendant, Mozart revit. En 1782, l’Empereur Joseph II lui commande un opéra. Wolfgang crée alors L’enlèvement au sérail. Un mois plus tard, il épouse, sans attendre le consentement écrit de son père, Constanze, soeur cadette d’Alysia.

 

Lithographie de J. Lange. (Vers 1782)
Lithographie de J. Lange. (Vers 1782)

 

Le 14 décembre 1784, il entre en franc-maçonnerie et en deviendra maître un an plus tard. Il compose quelques œuvres pour ses camarades : La joie des maçons (février 1785), la Musique funèbre maçonnique (novembre 1785) et surtout, plus tardivement, la célèbre Flûte enchantée (1791).

1786 sera l’année de sa rencontre avec l’abbé Da Ponte. Rencontre cruciale puisque ce dernier proposera à l’Empereur un livret basé sur le Mariage de Figaro. La demande est d’autant plus ambitieuse que la pièce avait été censurée jusqu’en 1784 car elle dénonçait les privilèges de la noblesse et mettait en relief la victoire des valets.

Mozart obtient l’aval impérial et les Noces de Figaro verront le jour. La première représentation aura lieu le 1er mai 1786. Un an plus tard, le jeune prodige s’installe à Prague avec sa femme. Le directeur du théâtre de Prague lui a commandé Dom Juan. L’opéra, qui se jouera le 29 octobre 1787 sera un succès. Entre-temps, son père, Léopold, est mort (28 mai 1787).

De retour à Vienne, sa situation financière ne s’arrange pas. Mozart est criblé de dettes car il mène un train de vie au-dessus de ce qu’il peut se permettre. La santé de sa femme, déjà fragile, se dégrade de plus en plus. Il touche des cachets ridicules. En 1791, bien qu’accablé, Mozart entreprend l’écriture simultanée de 3 œuvres : la Flûte enchantée, commandée par Schikaneder, acteur, chanteur, poète et directeur de théâtre ; la Clémence de Titus, commandée pour le couronnement de Leopold II à Prague, et le Requiem, œuvre magistrale commandée par le comte Walsegg. Ce dernier avait l’habitude de commander des pièces et de les faire interpréter en privé comme si elles étaient siennes. Le Requiem était destiné à la mémoire de sa femme, Anna. Malheureusement, Mozart n’aura pas le temps de terminer le Requiem. Sa santé fragile, dégradée au fil du temps, le surmenage (3 œuvres en simultané est une surcharge de travail considérable, surtout si l’on pense aux différentes pressions qu’on a dû exercer sur lui, notamment pour la Clémence de Titus qu’il a dû achever en trois semaines), donneront lieu à une profonde dépression et des évanouissements répétés. Mozart était convaincu qu’il travaillait à son propre Requiem et qu’on cherchait à l’empoisonner. Fin novembre 1791, se sentant épuisé, il donna des instructions à un de ses élèves qui ne le quittait pas depuis quelques mois, Franz Xaver Süssmayr. Il meurt dans la nuit du 4 au 5 décembre, à l’âge de 35 ans.

Officiellement, Mozart est mort d’une forme de typhus. Cependant, la thèse de l’empoisonnement courut et on accusa même son principal rival, Antonio Salieri. Rien ne permet de confirmer l’empoisonnement. Les différentes recherches font état d’une santé dégradée par une néphrite chronique et par des maladies telles que la scarlatine, la variole ou le typhus. Ajoutés à tout ceci le surmenage et la mauvaise alimentation, voilà qui pourrait expliquer cette  mort précoce. Il fut enterré le 6 décembre au cimetière Saint-Marx, dans la banlieue de Vienne. Ce fut une cérémonie misérable, sans note de musique, sans personne… triste fin pour un tel génie !

Constanze, son épouse, donna à écrire la fin du Requiem à l’élève du défunt, Süssmayr. Ceci permit de payer une partie des dettes accumulées par le couple ainsi que les obsèques. Sur les six enfants du couple, seuls deux survécurent (même schéma que pour les parents de Mozart) : Karl Thomas (1784-1858) et Franz Xaver Wolfgang  (1791-1844). Karl étudia la musique mais abandonna très vite. Il devint fonctionnaire au service du Vice-roi d’Italie Eugène de Beauharnais. Franz suivit la voie de ce père qu’il n’eut pratiquement pas la chance de connaître puisqu’il n’avait même pas un an à la mort de ce dernier. Il devint compositeur et chef d’orchestre. Quant à Constanze, elle épousa, en 1809, un écrivain et diplomate danois, Georg Nikolaus von Nissen. Elle mourut à l’âge de 80 ans, le 6 mars 1842.

 

Louis de Funès ; regardez-moi là, vous ! / Sophie Adriansen

 

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Au Panthéon des comédiens que j’apprécie tout particulièrement, figure Louis de Funès. Que ce soit ses tous petits rôles ou les plus connus, je me délecte de le regarder. Bien entendu, on retiendra ses mimiques, ses répliques, mais ce n’est pas non plus tout ce qui a fait le talent de cet acteur. Louis de Funès est charismatique. Certes, il avait une tête de clown, mais il fait justement partie de ceux qui avaient « une gueule ».

Sophie Adriansen rend hommage à ce grand acteur avec cette biographie quelque peu originale, associant, bien évidemment, la vie de l’auteur à des anecdotes mais également à des fiches de cinéma. Cela allège le texte et en rend plus plaisante la lecture. Sophie n’en est pas à son coup d’essai et elle montre, par là-même, qu’elle peut écrire sur tous les sujets, sur tous les thèmes. Quel talent ! En effet, j’avais déjà lu son roman jeunesse,  J’ai passé l’âge de la colo ! et je la découvre ici dans un tout autre registre. Inutile donc d’essayer de la cataloguer ! Si vous devez lui mettre une étiquette, il n’y en a qu’une : « Talent ».

J’ai appris énormément de choses à la lecture de cet ouvrage. On croit souvent tout savoir sur un artiste… et pourtant… Merci beaucoup Sophie pour cette fabuleuse biographie et, surtout, pour ta simplicité.

 

 

Extrait :

Les rôles se sont inversés depuis Le Capitaine Fracasse, où c’était de Funès qui jouait les faire-valoir du charismatique Jean Marais. D’autant que si l’on peut encore considérer que Louis a le deuxième rôle dans Fantômas (1964), il est évident qu’il tient le premier dans Fantômas se déchaîne (1965) et dans Fantômas contre Scotland Yard (1967) – et ce, malgré la remarquable performance de Marais dans son rôle multiple, qui lui vaut de longues heures de maquillage et de préparation, et qui est le plus bel hommage qu’il pouvait rendre à son idole Pearl White et aux feuilletons cinématographiques.

Les rapports entre les deux acteurs, cordiaux jusqu’alors, s’en ressentent. Jean, dont même Mylène Demongeot constate l’amertume, reste courtois, mais l’orage n’est jamais loin. À tel point qu’à la sortie en salles de Fantômas contre Scotland Yard – considéré par beaucoup comme le meilleur des trois épisodes de la série d’Hunebelle – en mars 1967, Jean Marais fait remarquer qu’on aurait dû changer le titre et intituler le film « Juve contre Scotland Yard ».

 

Léopoldine, l’enfant-muse de Victor Hugo – Henri Gourdin

 

Quatrième de couverture :

Que sait-on de Léopoldine Hugo ? Qu’elle était l’aînée de la famille. Qu’elle eut une enfance heureuse entre un père et une mère attentionnés, des frères et sœur admiratifs, les poètes et les peintres romantiques amis de ses parents. Qu’elle inspira à Victor Hugo quelques-uns de ses plus beaux poèmes. Et qu’elle mourut noyée, à dix-neuf ans, au cours d’une sortie en barque. Un accident ? Rien n’est moins sûr : Hugo adorait sa fille, il ne pouvait demeurer loin d’elle bien longtemps, il n’autorisa son mariage avec Charles Vacquerie que sous la contrainte, au bout de trois ans de résistance. Après le mariage, il se comporte comme si sa fille n’existe plus. Une cause de profonde douleur pour Léopoldine, déchirée entre les deux hommes de sa vie. La promenade fatale sur la Seine le 4 septembre 1843 ne serait-elle pas un acte de désespoir ? Un siècle et demi après sa mort, au terme de trois ans d’une enquête minutieuse, Henri Gourdin présente une biographie émouvante, la première de l’histoire, d’une des figures les plus énigmatiques de notre littérature, inspiratrice de Demain dès l’aube et des Contemplations. Une plongée au cœur de la famille Hugo.


Mon avis :

J’ai lu cet ouvrage après avoir lu celui sur Adèle. J’aurais pu faire l’inverse me direz-vous, mais peu importe. Voilà qui vient en rajouter une couche sur cette famille de frappadingues qu’étaient les Hugo. Encore une fois, celui qui s’enorgueillissait d’être un bon père de famille et un bon grand-père devait avoir des tonnes de poussières (pour ne pas dire autre chose) dans les yeux et un ego surdimensionné (ça, c’est certain !) pour oser asséner ainsi des affirmations qu’il était le seul à croire. Ainsi, lorsque son premier fils naît, Léopold, ce dernier est chétif, de mauvaise constitution. Que pensez-vous alors que va faire Victor ? Le soigner, le choyer ? Que nenni. Il va tout bonnement l’expédier chez son père, Léopold senior, pour ne pas avoir à s’en occuper. Ben tiens ! Manque de chance, le grand-père, croyant bien faire, lui donnera pour le nourrir, du lait de chèvre. Le nourrisson en mourra… et ni Victor ni sa femme ne se déplaceront pour l’enterrement (il faut dire qu’ils étaient un peu coutumiers du fait car pour Léopoldine, ils enverront un ami afin de représenter la famille). Les Hugo étaient adeptes de la métempsycose (que l’on peut également orthographier avec un « h »). Ils étaient donc convaincus que les âmes pouvaient investir un autre corps. Ainsi, lorsque Madame Hugo tombe à nouveau enceinte, nul doute pour eux que c’est le petit Léopold qui revient… Et voilà pourquoi Léopoldine se prénomma ainsi. En parlant d’Adèle Foucher, je ne sais que penser… Était elle soumise à son mari pour accepter tout cela ou bien avait-elle le même caractère ? Pourtant, elle a su lui tenir tête à plusieurs reprises… Bizarre…

La petite Léopoldine, ce n’est un secret pour personne, sera la préférée de Victor. Pourtant, si celle-ci fait preuve envers lui d’un amour sans faille, ce n’est pas vraiment le cas du côté du paternel. Toujours par monts et par vaux, il ne répond que très rarement à ses lettres. Et lorsqu’elle voudra épouser Charles Vacquerie, elle connaîtra le vrai visage de son père. Car on ne quitte pas Victor impunément…

Cette biographie permet de remettre les choses à leur place et d’entrer ainsi dans la vie de cette famille si particulière. Je la recommande vraiment !


Extrait :

Léopoldine n’est pas faite de ce bois-là. L’émancipation de la femme, le progrès social, la marche de l’histoire… rien de tout cela ne l’intéresse vraiment. Elle est aux premières loges des soubresauts qui agitent le monde et annoncent l’avènement d’une ère nouvelle, mais ces évolutions la laissent de glace. Son penchant, c’est la douceur du foyer. Le foyer de son père, dont elle est toujours très proche, et celui qu’elle fondera un jour avec Charles Vacquerie. Car le projet de mariage n’est pas mort. Adèle y est toujours favorable, et elle pousse ses pions avec son habileté coutumière. Victor y est encore opposé, mais il suffirait que Didine lui parle pour qu’il s’incline devant son choix ; il a toujours écouté ses avis et compris ses points de vue.

Le problème, c’est que Didine n’avait pas de point de vue sur la question de son mariage. Il lui semblait que cette histoire la dépassait ou alors ne la concernait pas. Si quelqu’un lui avait demandé son avis, à elle, la principale intéressée, elle aurait été embarrassée pour lui répondre. Elle remarquait l’agitation qui se faisait autour de sa personne, mais elle ne savait pas ce qu’elle devait en penser. Elle attendait seulement qu’une décision tombe, dans un sens ou dans un autre. De toute manière, rien ne pressait. Il fallait attendre que Charles ait une situation, que les revenus du ménage soient assurés, que Victor Hugo se fasse à l’idée de voir sa fille s’éloigner un peu de lui… Eh bien ! Elle attendrait.